La prise en charge de la victime doit démarrer le plus tôt possible. C’est à dire sur le lieu de l’accident. Les conséquences d’une réanimation initiale mal conduite ne peuvent être inversées ultérieurement même par une thérapeutique optimale en milieu de réanimation.
COMPÉTENCES A ACQUÉRIR
1- Réaliser un bilan clinique d’un noyé après son dégagement
Connaissances indispensables :
- Les moyens d’évaluation des fonctions ventilatoires, cardiocirculatoires et neurologiques
- Les lésions traumatiques à rechercher
2- Mise en œuvre sur place après alerte, des mesures d’assistance cardiorespiratoire et d’immobilisation
Connaissances indispensables :
- Les gestes de secourisme à effectuer en fonction du bilan clinique
- Les gestes à éviter : compression abdominale, mobilisation du rachis…
3- Mise en œuvre dans une ambulance médicalisé (SMUR) ou dans un service d’urgence, les mesures spécialisées vis-à-vis des défaillances vitales constatées.
Connaissances indispensables :
4- Orienter la victime vers le domicile ou le service approprié en fonction des bilans cliniques et paracliniques
Connaissances indispensables :
POPULATION JEUNE : moins de 20 ans dans plus de 50% des cas.
150 000 décès /an dans le monde, 150 en Tunisie. 120.000 handicapés /an (de plus en plus nombreux) en raison des progrès de la réanimation
NOYADES PRIMAIRES OU NOYADES VRAIES (90%) : accidents concernant une population jeune, sachant peu ou pas nager.
2 pics de fréquence : 1 à 4 ans (accidents domestiques : baignoires, piscines) et adolescents (accidents maritimes le plus souvent).
NOYADES SECONDAIRES OU HYDROCUTION (10%) : population âgée ayant une pathologie responsable de troubles brutaux de la conscience entraînant une immersion
Ces noyades secondaires se distinguent par une relative protection des poumons vis à vis de l’inhalation de liquide de bain ou de vomissements. Ils réalisent ainsi des poumons «secs» qui les différencient des poumons «humides» des noyades primaires.
A noter une nomenclature anglo-saxonne différente et distinguant :
Une asphyxie brutale dont le mécanisme principal est les apnées obstructives répétitives.
Ces apnées sont un réflexe destiné à éviter l’inhalation d’eau de bain en début de noyade. Leur répétition aboutit à une hypoxie plus ou moins sévère, pouvant entraîner dans certains cas un ACR.
Accessoirement à cette asphyxie, contribuent secondairement :
Le plus souvent discret (interstitiel) et différé. La dysfonction VG résulte à la fois des hyperpressions thoraciques et probablement aussi d’une ischémie myocardique.
Les classifications physiopathologiques classiques opposant noyades en eau de mer entraînant hypovolémie, hypernatrémie…, des noyades en eau douce (baignoires, piscines) engendrant hypervolémie, hyponatrémie et qui résultent de travaux expérimentaux, ne se vérifient pas en clinique humaine en raison de la faible quantité d’eau de bain inhalée dans les poumons.
Brutale de gravité variable de la simple polypnée jusqu’à l’arrêt circulatoire. Ce dernier constituant un virage pronostique dans l’évolution d’une noyade en précipitant les dégâts neurologiques.
L’essentiel de la prise en charge va concerner la fonction ventilatoire et éventuellement les altérations cardiocirculatoires associées.
2 remarques importantes sur ces défaillances vitales lors des noyades :
Ventilation :
Assistance cardiocirculatoire
Hospitalisation systématique en Réanimation si troubles de la conscience ou OAP (RP)
1- ASSISTANCE VENTILATOIRE
2- ASSISTANCE CARDIO- CIRCULATOIRE
3- AUTRES
Terrain : âge et tares
Caractères Noyades :
Paramètres Cliniques :
© Dr. S. Bouchoucha - Réanimation médicale - CHU F. Hached Sousse
L’examen clinique du noyé doit être rapide, il évalue les signes vitaux suivants :
L’état de la conscience : Préciser l’existence ou non des troubles du comportement (agitation, logorrhée, euphorie, ...), une obnubilation ou un coma.
L’activité respiratoire : En précisant la fréquence respiratoire, l’amplitude de la respiration et l’existence ou non des signes de lutte. L’auscultation pulmonaire cherche des râles crépitants.
L’état hémodynamique : En précisant le pouls, la tension artérielle et la coloration des téguments.
L’association de ces signes constitue la base de la classification en quatre stades cliniques de gravité croissante chez les victimes de noyade.
Le sujet est conscient, la respiration est efficace, les pouls et la tension artérielle sont corrects. Il s’agit d’une simple réfrigération. Le patient est angoissé et présente souvent un épuisement musculaire.
Le patient est toujours conscient, le pouls et la tension artérielle restent stables, mais il a des troubles respiratoires avec encombrement des voies aériennes. Le patient tousse et crache, il est plus ou moins cyanosé, épuisé, angoissé et frissonnant.
Le pouls et la tension artérielle restent à ce stade encore corrects, le patient présente une altération de l’état de conscience : Il est agité, euphorique, obnubilé ou comateux, mais aucun de trouble neurovégétatif n’existe. Ces anomalies traduisent déjà une hypoxie plus importante. Le patient peut présenter des crises convulsives. A cette altération de l’état de conscience s’associe un encombrement broncho-pulmonaire important.
A ce stade s’associent :
La prise en charge de la victime doit démarrer le plus tôt possible. C’est à dire sur le lieu de l’accident. Les conséquences d’une réanimation initiale mal conduite ne peuvent pas être inversées ultérieurement même par une thérapeutique optimale en milieu de réanimation.
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