
Les intoxications par les champignons surviennent fréquemment en été et en automne, parfois graves surtout chez les enfants. L’espèce des amanites (phalloïde dans 80% des cas) est la plus dangereuses et provoque chaque année des intoxications mortelles. Ces intoxications sont la conséquence, dans la majorité des cas, d’une confusion avec d’autres champignons comestibles mais, dans certains cas également, de la cueillette par des personnes qui ignorent les risques d’intoxication et en l’absence totale d’identification des champignons.
L’Institut de veille sanitaire INVS met en garde les amateurs de cueillette des champignons et rappelle qu’il est primordial de prendre en compte les recommandations suivantes :
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Responsable de la plupart des accidents mortels. Un seul champignon suffit à provoquer une intoxication grave. Les amatoxines passent dans le lait maternel. Elle a pour caractéristique importante d’être bien souvent collective. L’interrogatoire est d’importance capitale pour le diagnostic.
L'intoxication évolue en trois phases.
1- Les signes digestifs apparaissent en général brutalement, suite à une phase de latence variable de 6 à 48 heures (en moyenne 12 heures) après l’ingestion des champignons.
Le syndrome gastro-entéritique, lorsqu’il est intense, peut provoquer des pertes hydroélectrolytiques importantes, une déshydratation et un collapsus cardiovasculaire.
2 - Phase de rémission apparente : en 3 ou 4 jours les troubles gastro-intestinaux s’amendent, l'atteinte du foie s'installe avec perturbation des tests hépatiques.
3 - Phase d'atteinte du foie et des reins : à partir du troisième ou cinquième jour apparaît une hépatite aiguë toxique. L’insuffisance hépato-cellulaire entraîne des troubles de la coagulation, un ictère, une élévation du taux d'ammoniaque dans le sang, un coma par encéphalopathie hépatique. Les reins peuvent également être atteints. L’évolution peut être fatale.
Traitement en milieu de réanimation :
1. Réhydratation, compenser les pertes d'électrolytes.
2. En cas de forte suspicion d'intoxication à l'amanitine : lavage gastrique et charbon végétal activé.
4. Antidotes :
- Il n’y a pas d’antidote spécifique.
-SILIBININE (LEGALON®), hépatoprotecteur, 20mg/kg par jour en IV(en 4 doses, dans glucose 5% ou NaCl 0.9% sur 2h) pendant 3-5 jours.
-N-acétylcystéine (Fluimucil®) aussi tôt que possible, et surtout dans le stade de l'insuffisance hépatique (140mg/kg en IV dans 200ml de glucose 5% sur 15min, puis 70mg/kg dans 100ml de glucose 5% tout les 4h jusqu’à la guérison).
5. Traitement et prophylaxie du coma hépatique.
6. Hémodialyse en cas d'insuffisance rénale.
AGARICUS XANTHODERMA, AGARIC JAUNISSANT :
Troubles digestifs isolés, sans réelle gravité
Traitement symptomatique
AMANITE TUE-MOUCHES (AMANITA MUSCARIA) :
Symptômes neuropsychiques, hallucinations, sommeil profond voire coma.
Traitement symptomatique
AMANITE PANTHÈRE (AMANITA PANTHERINA) :
Troubles du comportement, euphorie, agitation, désorientation, délire, hallucinations
Puis sommeil profond voire un coma dans les cas graves.
Traitement symptomatique
BOLET SATAN (BOLETUS SATANAS) :
Gastro-entérite bénigne.
Traitement symptomatique.
CLITOCYBES :
Syndrome muscarien (l a muscarine est proche de l’acétylcholine) : écoulement du nez, larmoiement, hyper salivation, sueurs abondantes, hypersécrétion bronchique, bradycardie et hypotension.
Vomissements et diarrhée.
Traitement par l’atropine, guérison en moins de 24 heures.
COPRIN NOIR D'ENCRE (COPRINUS ATRAMENTARIUS) :
Sans gravité sauf si associée à une consommation d’alcool : rougeur du visage et du cou, maux de tête, vertiges, chute de tension, vomissements et transpiration excessive.
Traitement symptomatique. Les troubles disparaissent en quelques heures.
CORTINAIRES (certaines espèces sont toxiques) :
Syndrome orellanien qui survient 8 à 10 jours après la consommation: soif intense, sécheresse de bouche, vomissements, douleurs abdominales, douleurs lombaires, oligo-anurie et insuffisance rénale, parfois irréversible, par néphrite tubulo-interstitielle.
Traitement par hémodialyse.
ENTOLOME LIVIDE :
L'intoxication débute par des nausées, des vomissements et une diarrhée importante pouvant entraîner une déshydratation. Élévation des enzymes hépatiques, atteinte modérée du foie.
Évolue vers la guérison en 5 à 6 jours.
Le diagnostic différentiel se pose avec l’Amanite phalloïde.
GALÈRE MARGINÉE OU PHOLIOTE MARGINÉE :
Contient des amanitines et provoque une intoxication comparable à celle entraînée par l'Amanite phalloïde (hépatite toxique).
GYROMITRA ESCULENTA (ou COMESTIBLE) :
La gyromitrine est transformée dans l'organisme en monomethylhydrazine qui inactive la vitamine B6. Elle donne une intoxication variable selon le terrain.
Des troubles digestifs importants (nausées, vomissements, diarrhées, douleurs abdominales) surviennent 6 à 12 heures après le repas. Ils peuvent entraîner une déshydratation et s'accompagnent de violents maux de tête, de fièvre et d'une asthénie.
Lorsque l'intoxication est sévère, une atteinte du foie et des troubles neurologiques (délire, somnolence, tremblements, convulsions) apparaissent 36 à 48heures après la consommation. Il peut y avoir une hémolyse et une atteinte du rein.
Traitement symptomatique, vitamine B6 (pyridoxine) si convulsions. Évolution favorable le plus souvent.
INOCYBE (certaines espèces) :
Syndrome muscarinique (identique aux CLITOCYBES).
Traitement par l’atropine, guérison en moins de 24 heures.
LÉPIOTES (certaines espèces) :
Contiennent des amanitines et peuvent entraîner une intoxication mortelle (identique à l’AMANITE PHALLOÏDE).
PAXILLE ENROULÉ (PAXILLUS INVOLUTUS) :
Il provoque chez certaines personnes une réaction allergique extrêmement grave, caractérisée par une hémolyse et une atteinte rénale.
Traitement est symptomatique, une hémodialyse et des transfusions peuvent être nécessaires.
PSILOCYBE SEMILANCEATA, PSILOCYBE CYANESCENS :
Incubation courte, quelques minutes après la consommation.
État de confusion, hallucinations visuelles, état de panique, agitation et d'anxiété.
Signes atropiniques (mydriase, tachycardie).
Traitement symptomatique. Les symptômes disparaissent en quelques heures.
* Chapeau : jusqu'à 10 cm, brun chocolat parsemé de flocons blancs bien ordonnés, en forme de parapluie. Son revêtement, brillant, s'enlève facilement.
* Pied : blanc, cylindrique, pelucheux, garni d'une volve à sa base et d'un anneau membraneux assez fugace. La volve se termine par quelques bourrelets.
* Lames : blanches, serrées.
* Chair : blanche, présentant une vague odeur de radis.
Cette Amanite, généralement solitaire, pousse dès la fin de l'été et en automne dans les sous-bois de feuillus. Commune dans presque toute l'Europe et en Afrique du Nord, cette espèce reste l'une des plus dangereuses par la quantité de toxines qu'elle renferme.
L'Amanite panthère se reconnaît à son chapeau brun chocolat, parsemé de flocons blancs réguliers et bien délimités depuis la marge jusqu'au centre, à son anneau blanc membraneux, assez fugace, et à la volve qui enserre la base de son pied en bourrelets successifs. Quoique assez marqués, ces caractères peuvent s'estomper avec les conditions ambiantes, et des erreurs d'identification sont toujours possibles. Mieux vaut donc s'abstenir lorsqu'un doute subsiste.
Une confusion peut s'établir avec l'Amanite épaisse (Amanita spissa), espèce comestible. Chez cette dernière, le chapeau est plus gris et orné de peluches écailleuses inégales et désordonnées de teinte grisâtre, le pied est plus court et plus robuste, et la volve dénuée de bourrelet.
Tunis 27 octobre 2008 (TAP) : Une source responsable du ministère de la Santé publique a mis en garde contre la consommation hasardeuse des champignons forestiers, appelant les parents, en particulier ceux qui résident dans les zones montagneuses et forestières à sensibiliser leurs enfants sur les risques que peut engendrer la consommation hasardeuse de cette plante.
Dr Mouldi Amamou, directeur du Centre de secours médical d'urgence de Tunis a indiqué que les cas d'empoisonnement survenus récemment dans certaines zones montagneuses du pays, sont les premières du genre de part leur gravité et qu'elles sont la conséquence de la consommation de champignons vénéneux de l'espèce d'amanites. Il est à noter que cette espèce de champignons mortels, pousse dans plusieurs régions du monde, et cause, à titre d'exemple, près de 95 pc des cas d'empoisonnement aux champignons par an en France.
Par ailleurs, explique, Dr Amamou, les premiers symptômes de l'empoisonnement sont des vomissements, des maux d'estomac, une forte transpiration, des difficultés respiratoires et une baisse du rythme cardiaque. Cette catégorie de champignons peut causer de graves conséquences tel que l'arrêt des fonctions du foie, surtout que cette espèce contient un produit hautement toxique: l'amatoxine.
(...) La même source précise que la cuisson à très haute température de ces champignons ne diminue en rien les effets du poison qu'ils contiennent.
Afin d'éviter la confusion entre cette espèce de champignon et celles non vénéneuses, Dr Amamou appelle les citoyens, même ceux ont pris l'habitude de les cueillir dans les forêts, à prendre les précautions nécessaires, en s'abstenant de consommer ces champignons forestiers ainsi que les espèces vendus dans les circuits parallèles et de se limiter à la consommation les champignons en boite, commercialisés dans les circuits organisés et qui répondent aux normes sanitaires. Il est impératif pour les parents de sensibiliser leurs enfants, surtout les plus jeunes, à s'abstenir de consommer le champignon forestier, d'autant plus que les cas d'empoisonnement les plus graves sont signalés parmi cette catégorie d'âge. (...)
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