Il est indiqué chaque fois que la nature et la quantité du toxique ingéré font courir un risque important et lorsque le produit n’est pas adsorbable par le charbon végétal activé (Carbomix®).
Il doit être pratiqué en principe moins de trois heures après l'ingestion du toxique, mais son efficacité peut être réelle après des délais beaucoup plus longs si le toxique inhibe la motricité gastrique.
L’efficacité théorique d’un lavage gastrique pour diminuer l’absorption d’un médicament est de 54 à 84% s’il est fait 5 minutes après ingestion et 8 à 13% s’il est fait 60 minutes après.
L'état de conscience et la nature du toxique en cause sont des facteurs importants.
Le tube de lavage gastrique est conçu pour le lavage et la vidange de l’estomac. C’est un tube de gros diamètre en caoutchouc (type Faucher) ou en PVC flexible, transparent et non traumatique. Ce tube comporte ou non un double canal et au moins cinq orifices latéraux de grandes dimensions à sa partie distale pour permettre l’élimination de résidus alimentaires ou de comprimés non digérés. L’extrémité proximale du tube permet l’adaptation de la plupart des tulipes (ou entonnoir) utilisées pour l’administration de solution de lavage. Ce tube comporte des repères de distance pour le contrôle de son positionnement. A usage unique, il est conditionné en emballage non stérile (longueur = 120 Cm, taille variable : CH 18, 22, 28, 32, 36, 40).
Le liquide utilisé est de l’eau tiède à laquelle on ajoute 4 g de NaCl par litre. Chez le petit enfant on utilise du Sérum physiologique.
Le lavage de l'estomac, surtout chez l'enfant, ne doit être pratiqué que sur un sujet en décubitus latéral, la tête est plus basse que le thorax, jamais sur un enfant fortement serré et tenu verticalement, même pour l'introduction de la sonde. Cette manœuvre est extrêmement dangereuse et des cas de mort ont été signalés à l'occasion de tentatives de ce genre.
On introduit la sonde en faisant ouvrir la bouche du malade et en poussant l'extrémité du tube doucement jusqu'à la base de la langue, puis sur 50 cm en demandant au malade de faire des efforts de déglutition.
Vérifier la position intra gastrique avant d'injecter le liquide de lavage : en vérifiant le retour de liquide gastrique ou l’obtention du bruit de bulles caractéristique à l’auscultation de l’épigastre lors de l’insufflation d’air par une grosse seringue de 60 CC. Chez l'enfant, on vérifie, en plongeant l’extrémité du tube dans un verre d'eau, que le tube ne se trouve pas dans la trachée.
Lorsque le tube est normalement introduit, lorsque sa position intra gastrique est certaine : on adapte un entonnoir de verre et on y verse le liquide de lavage que l’on récupère en siphonnant et en répétant plusieurs fois la manœuvre. L'aspiration gastrique par un tube petit ne peut retirer que des produits liquides. C'est habituellement insuffisant pour éliminer des débris solides.
Le prélèvement du premier jet est nécessaire pour effectuer des analyses toxicologiques.
Le lavage se fait par petites quantités répétées (100 à 300 ml) jusqu’à obtenir un retour de liquide clair. Des quantités d'eau très importantes (10 à 20 l) peuvent être nécessaires. L'eau ne devra pas séjourner longtemps dans l'estomac et le lavage sera accompagné d'un massage épigastrique.
Avant le retrait de la sonde, on peut administrer 50 g de Carbomix® (ou 1 g/kg de poids).
Après lavage de l'estomac, le patient doit être mis sous surveillance, couché en position latérale de sécurité pour éviter le risque de vomissements.
Le charbon végétal activé ou charbon de bois (Carbomix®) : flacon de 50 g à diluer dans l’eau est utilisé per os (à boire lorsque le patient est conscient ou par sonde gastrique), à la dose de 1g/Kg chez l’enfant ou 50 g chez l’adulte. Il permet l’adsorption de nombreux produits toxiques (tableau 1). Il est généralement bien toléré et devrait remplacer le lavage gastrique puisque plus efficace et anodin. Dans les intoxications graves, la même dose peut être répétée toutes les 4 ou 6 heures. Le charbon a un goût désagréable, on peut lui ajouter du sucre ou du jus.
Mais lorsqu’un antidote par voie orale est nécessaire il n’est plus conseillé (puisqu’il adsorbe aussi l’antidotans.
| Adsorbables | Antidépresseurs tricycliques, Barbituriques, Benzodiazépines, Bêta bloquants, Carbamazépine, Chloroquine, Colchicine, Digitaliques, Méprobamate, Paracétamol, Paraquat, Phénothiazines, Salicylés, Théophylline, Ergot de seigle, Furosémide, Glibenclamide, Glipizide, Inhibiteurs calciques, AINS, ... |
|
Non adsorbables |
Acides, Bases, Alcool, méthanol, cyanures, fer, lithium. |
| L’efficacité du charbon sur le chloralose n’a pas été étudiée. | |
Un antidote est un médicament capable de modifier la cinétique du toxique, soit de diminuer les effets au niveau des récepteurs.
L’indication d’un antidote doit tenir compte :
Ainsi, l’antidote peut être utile en urgence, c’est le cas du Narcan® et l’Anexate®, utilisés comme aide au diagnostic d’un coma ou pour lever une dépression respiratoire aiguë.
L’antidote peut être indispensable dans les premières heures d’une intoxication au paracétamol, alors que les signes cliniques, à ce stade, sont absents.
Organophosphorés - Insecticides Carbamates (Troubles respiratoires, coma, convulsions, myosis, bradycardie):
Paracétamol (Risque d’hépatite grave à dose > 5 g dans les jours qui suivent):
Opiacés, morphiniques (Dépression respiratoire):
Anti vitamines K, certains raticides:
Benzodiazépines (Intoxication à faible potentiel toxique)
Bismuth, arsenic, mercure, or, thallium
Eau de javel concentrée :
Eau de javel diluée :
Permanganate de potassium (Risque de perforation digestive):
Cyanure (associé à la fumée d'incendie qui donne une détresse respiratoire tardive et grave):
Antirouille:
Alcool méthylique (méthanol):
Bêtabloquants:
Anti - arythmiques:
Anti dépresseurs tricycliques (Allongement de QT, troubles cardio-vasculaires graves):
Chloroquine, Nivaquine (Intoxication grave, cardiotoxique):
Digitalines (Troubles du rythme, hyperkaliémie):
Héparine:
Théophylline:
Neuroleptiques (syndrome malin):
Neuroleptiques (dyskinésie aiguë):
Monoxyde de carbone (CO):
1. Xème Conférence de consensus de la SRLF : Épuration digestive lors des intoxications aiguës, 1992, Réan. Urgence, 1993, 2 (bis), 169-75.
2. Goulon M. : Les urgences, Fiches techniques, 1990, P 999-1000.
3. Fontanella & col. Les matériels et les techniques de réanimation pré-hospitalière SFEM éditions.
4. SRLF, prise en charge des intoxications volontaires : place des antidotes, congrès société de réanimation de langue française SRLF, janvier 2000.
5. Ellrodt A. : Guide pratique des urgences médicales, Éditions ESTEM, 1995.
6. Torres E. : Faut-il encore laver l’estomac, Généraliste, n° 2023, 14 avril 2000, http://www.legeneraliste.fr
7. Hanna j. & col : Antidotes, antagonistes et techniques d’épuration en toxicologie, http://www.urgence-pratique.com
8. Base de donnée de toxicologie : http://www.egora-sante.com/tox-in
9. Documents, articles : http://www.centres-antipoison.net
10. Centre antipoison du Québec : http://www.ctq.qc.ca
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