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Vendredi 18 Mai 2012
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Rachis cervical traumatique

Pr. Riadh Ben Hamida - Service Orthopédie – CHU Sahloul Sousse (Tunisie)

Conférence présentée à la Journée de médecine d’urgence du centre, Sousse, le 11/03/2006

I – OBJECTIFS :

  • Reconnaître une lésion du rachis cervical surtout :
    • Chez le comateux post-traumatique
    • En cas d’absence de signes neurologiques
  • Évaluer le statut neurologique sur le plan moteur, sensitif et sphinctérien : rapporter sur une fiche.
  • Reconnaître les signes de gravité en cas de présence de signes neurologiques
  • Identifier le ou les étages lésionnels en se référant à des repères radiologiques précis
  • Préciser le diagnostic lésionnel.
  • Proposer une attitude thérapeutique.

II – MÉCANISMES ET ANATOMIE-PATHOLOGIE :

A – Rappel :

Rachis cervical supérieur : C1-C2 : canal vertébral large

Rachis cervical inférieur : C3-C7 : canal vertébral moins large

2 fonctions contradictoires

o Mécanique : grande mobilité

o Protecteur de la moelle au cours de cette mobilité

Segment mobile rachidien (SMR) : ligament vertébral antérieur LVA, (LVP) LV postérieur +++,

(DIV) disque intervertébral +++, ligament jaune, capsule articulaire, ligament inter et sus-épineux

B – Mécanismes :

Complexes, souvent associés, essentiellement dans le plan sagittal : Hyper flexion, hyper extension, compression axiale et rotation vertébrale.

C – Conséquences :

Ostéo-ligamentaires :

o instabilité osseuse : provisoire

o SMR : définitive

Neurologiques : médullaire, radiculaire

III – ÉTUDE CLINIQUE :

A – Interrogatoire :

Mécanisme, qualité du ramassage et du transport.

B – Examen clinique :

Blessé conscient : Peiné +++, ne pas mobiliser le rachis +++

Blessé inconscient :

  • Rx systématiques + rachis +++
  • Lésions associées +++ (signes vitaux)

Immobiliser le rachis cervical - bilan - réanimer et surveiller.

IV – IMAGERIE :

A – Première intention :

  • Incidence de profil +++ (base du crâne à T1)
  • incidence de face
  • bouche ouverte

B – Seconde intention :

  • Incidence ¾ Droite et Gauche
  • Rx dynamiques : hyperflexion – hyperextension
  • TDM +++ (parfois de 1ère intention pour la charnière cervico-thoracique ou obésité)

C – Examens spécialisés :

  • TDM ++
  • IRM +++ (SMR + moelle épinière)

D – Repères :

  • Incidence de profil:

o Distance entre odontoïde et arc antérieur de C1 : 2-3 mm

o Mur postérieur de C2 prolonge le mur postérieur de l’odontoïde

o Hauteur des CV

  • RADIOGRAPHIE DE PROFIL

Radiographie du rachis6 lignes d’avant en arrière :

  1. Ligne pré-vertébrale,
  2. mur antérieur des corps vertébraux (CV),
  3. mur postérieur des CV,
  4. la pointe des articulaires,
  5. base des épineuses,
  6. pointe des épineuses.

Elles doivent être harmonieuses dessinant la lordose cervicale. Tout décalage signe le niveau lésionnel

  • Incidence de face :
  • Hauteur des CV, alignement des épineuses +++, massifs articulaires D+G
  • Incidence bouche ouverte : Odontoïde, massifs articulaires de C2 et leurs rapports avec les massifs supérieurs de C 3

E – Résultats :

  • Rachis cervical supérieur :

* C1 : fracture arc de C1 : fracture-luxation de JEFFERSON

* C1-C2 : entorse grave C1-C2 par rupture du ligament transverse : distance odontoïde – arc antérieur de C1

* C2 :

  • Fx odontoïde à déplacement antérieur ou postérieur
  • Fx bipédiculaire : isolée, ou (+) entorse grave C2-C3
  • Rachis cervical inférieur :

Entorse du rachis cervicalEntorses : !!!

  • Bénigne : pas de signes radiologiques !!!
  • Grave : par flexion : rupture du SMR +++, instable
  • Pas de signes radiologiques !!! : Entorse bénigne ??? Indication des radiographies dynamiques

Écart anormal des épineuses, déchaussement de plus de 50 % des articulaires, angulation des murs postérieurs de plus de 15°, anthélisthésis > 3 mm

  • Par extension
  • Bâillement antérieur du disque intervertébral : risque neurologique

Tear drop fracture (= entorse grave) = goutte de larme

  • Face : trait sagittal vertical corporéal
  • Profil : goutte de larme : fragment corporéal antérieur de volume variable + lésion SMR +++

Luxation bilatérale :

Déplacement vertébral > 50 % du plateau vertébral

Articulaire < de la vertèbre sus-jacente en avant de l’articulaire supérieure de la vertèbre sous-jacente.

Signes neurologiques +++

Syndrome d’antélesthésis cervical latéralisé : TDM +++

Antélisthésis 2-3 mm sur le profil

Déviation des épineuses sur l’incidence de face : 3 lésions

Luxation unilatérale : image en « bonnet d’âne »

Fracture séparation du massif articulaire (FSMA)

2 traits de fracture : pédicule + lame. Horizontalisation du massif articulaire sur la face. Signe du massif carré.

Fracture d’une apophyse articulaire > ou <

Tassement de vertèbreFracture corporéale :

  • Tassement simple : (wedge fracture)
  • Fracture comminutive ou burst fracture : atteinte du mur postérieur avec signes neurologiques

Signes neurologiques médullaires sans lésions disco-ligamentaires ou osseuses sur rachis arthrosique ou rétréci : indication d'IRM

V – RÉCAPITULATIF :

Radiographie de profil : incidence clé : lignes - niveau lésionnel

Rx standard : pas de lésion + absence de signes neurologiques penser à une entorse grave !!! Rx dynamiques au 7ème jour + IRM

Fracture parcellaire d’un plateau vertébral : goutte de larme = Tear drop = entorse grave

Déplacement vertébral important : luxation bilatérale

Déplacement vertébral discret (2-3 mm) pratiquer TDM

  • Luxation unilatérale
  • F.S.M.A.
  • Fracture uni articulaire

Se méfier des lésions étagées du rachis cervical

VI – INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES :

Entorses :

  • bénigne : collier 10-15 jours
  • grave : chirurgie

Luxation bilatérale :

  • Réduction progressive + chirurgie

Tear drop :

  • chirurgie

Syndrome de l’antélesthésis cervical latéralisé :

  • orthopédique ou chirurgical.

©2006 Auteur -  www.efurgences.net

Traumatologie

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