Résultats de l’enquête sur les recours urgents ou non programmés en médecine générale : Rapport DREES 2006
Marie Gouyon
DREES, Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, n° 94 – avril 2006
Article disponible en PDF au site : http://www.sante.gouv.fr/drees
Resumé de l'article :
Depuis plusieurs années, les services d’accueil des urgences hospitalières enregistrent des passages de plus en plus nombreux1. Suite à l’enquête menée en 2002 auprès des usagers de ces services2, la Drees a souhaité réaliser une enquête sur l’autre versant principal des recours aux soins non programmés : ceux pris en charge par la médecine générale de ville.
Pendant une semaine d’octobre 2004, 1 304 médecins généralistes exerçant dans un cabinet et 94 médecins pratiquant au sein d’une association d’urgentistes (SOS Médecins, Urgences médicales de Paris) ont renseigné un questionnaire pour chaque séance urgente ou non programmée, la collaboration de ces professionnels de santé ayant permis d’étudier un échantillon de 17 254 séances.
Ces recours urgents ou non programmés représentent 11 % de l’ensemble des consultations et visites effectuées par les médecins généralistes exerçant en cabinet interrogés au cours de la période d’enquête et, par définition, la totalité des recours aux associations d’urgentistes, soit au total 12 % de l’activité des généralistes libéraux. Cette part pourrait être supérieure de 3 points supplémentaires si l’on tient compte d’une probable sous-déclaration par les médecins de leurs recours urgents.
Un recours aux médecins non urgentistes sur dix est inclu dans l’enquête car il est considéré comme urgent au sens médical du terme, deux recours sur dix ont lieu en dehors des heures d’ouverture du cabinet, et sept fois sur dix, le patient a vu le médecin pendant les heures d’ouverture mais déclarait vouloir voir ce dernier dans la journée.
Au cours du mois d’octobre 2004, 1400 médecins généralistes exerçant en France métropolitaine ont renseigné un questionnaire concernant les recours considérés comme urgents ou non programmés qu’ils ont été amenés à prendre en charge. Parmi eux, 94 médecins pratiquaient au sein d’une association d’urgentistes (SOS Médecins, Urgences Médicales de Paris) (Encadré 4). Cette étude porte sur l’échantillon ainsi recueilli de 2 300 séances réalisées par des urgentistes de ville, comparées aux recours urgents auprès de généralistes exerçant en cabinet, ainsi que, sur la base d’une enquête antérieure, aux recours aux urgences hospitalières.
Après extrapolation, les séances auprès des médecins « urgentistes » représentent 5 % des recours urgents ou non programmés à la médecine générale.
Jusque-là, l’ensemble des recours urgents ou non programmés à la médecine générale, et les caractéristiques plus spécifiques des recours aux associations d’urgentistes ont été décrits.
Or, les caractéristiques des séances urgentes, qu’il s’agisse des motifs, des diagnostics, des actes pratiqués par le médecin, des orientations qu’il prescrit ou des caractéristiques des patients, ne sont pas indépendantes les unes des autres. Des méthodes d’analyse de données ont permis de faire ressortir les caractéristiques les plus souvent associées. Ainsi, l’analyse des correspondances multiples (encadré 5) a, avant tout, mis en évidence une opposition entre, d’une part, les séances motivées par les problèmes somatiques aigus des jeunes patients et, d’autre part, les recours des patients âgés pour motifs somatiques ou psychiques, concernant généralement des affections chroniques. Un second axe d’opposition, de moindre importance, a permis d’isoler les recours liés aux problèmes traumatiques. À la suite de cette analyse, ces recours ont été classés dans une typologie. Celle qui est ici présentée distingue ainsi sept grands types de séances (tableau 13), essentiellement fondées sur l’âge des patients, la nature du recours et le diagnostic réalisé par le médecin.
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