Les plages et les côtes sont envahies chaque été par des millions de touristes et de vacanciers qui sont ignorants des risques et des dangers de la faune et de la flore locale, des dangers du soleil et du coup de chaleur. L’été est également une période propice au développement des infections cutanées mycosiques ou microbiennes.
Principales réactions cutanées observées à la mer :
- Les risques du soleil et chaleur : coup de soleil, coup de chaleur
- Les infections cutanées estivales : mycosiques et bactériennes
- Les dermatoses provoquées par les animaux marins
1. COUP DE SOLEIL, COUP DE CHALEUR :
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2. SUDAMINA ET MILIAIRES CUTANEES :
Transpiration excessive et obstruction des canaux sudorifères Miliaire cristalline (sudamina) : Obstruction très superficielle, Vésicules claires, petites, non prurigineuses.
Miliaire rouge (Bourbouille) : Papulo-vésicules rouges, prurigineuses, Zones de friction, plis de flexion.
CAT : douches fréquentes, antiseptiques, pas de crèmes ou pommades.
3. PIQUIRES ET MORSURES VENIMEUSES :
Les victimes sont les baigneurs, les plongeurs ou les pêcheurs. Manifestations cutanées locales, réactions générales sévères ou fatales, état de choc, noyade par paralysie momentanée (venin). Elles sont dues aux : biotoxines libérées par les coelentérés (méduses et anémones de mer), aux piqûres d’oursins (réaction immédiate ou retardée) ou à des mycobactéries (piscines aquarium).
a) REACTIONS AUX MEDUSES :
Méduse : Pelagia Noctiluca. C’est la plus toxique en Méditerranée. Le poison est un complexe de polypeptides d’enzymes, contenu dans des nématocystes (tentacules)qui a des propriétés toxiques et des propriétés antigéniques.
- Réactions locales :douleur instantanée. Réaction urticarienne linéaire : quelques minutes à quelques heures. Lésions vésiculeuses, hémorragiques, nécrosantes.
- Complications :
Angio-œdème, rechutes quelques mois après piqûre, Réaction retardées (4 à 7 jours après piqûre), Réaction à distance.
Séquelles locales : chéloïde, dyschromie, atrophie, cicatrice, gangrène
Réactions systémiques : Asthénie, ataxie, crampes musculaires, malaise, vomissement
Réactions fatales: toxiques, arrêt cardio-respiratoire, insuffisance rénale, choc anaphylactique.
b) REACTIONS AUX ANEMONES DE MER : Anémonia Sulcata
Réactions plus variées et plus intenses que celles de la méduse. Lésions très douloureuses extensives (brûlure intolérable).
- Aspect :
lésions érythémato-oedémateuses figurées, vésiculeuses, bulleuses nécrosantes, œdème souvent très important
- Dans les formes graves : manifestations systémiques : malaise, faiblesse et crampes musculaires
Séquelles dyschromiques ou cicatricielles : constantes++
| Traitement des réactions aux méduses et aux anémones de mer : Traitement local : Laver abondamment à l’eau salée (eau de mer ou sérum physiologique), vinaigre, alcool, ammoniac, eau chauffée. Si visage : compresses d’eau chaude (éviter l’eau froide qui active les nématocystes). Enlever les tentacules: à la main protégée, en frottant avec talc, farine, sable ou au couteau pointu. Mettre un garrot si cas grave. Appliquer des anesthésiques locaux et dermocorticoïdes. Traitement systémique : Corticostéroïdes, antihistaminiques, épinéphrine, cardiotoniques, gluconate de calcium, analgésiques (aspirine, codéine, phénacétine). |
c) REACTIONS AUX OURSINS DE MER :
Oursin de mer : Echinoïdei. A épines pointues et fragiles, pénètrent facilement au contact et se cassent, les fragments sont difficiles à extraire. Les épines provoquent des réactions immédiates et retardées.
- Réactions immédiates : A la pénétration de l’épine, douleur vive immédiate (brûlures) qui dure quelques heures. Rougeur et œdème de la zone atteinte. Saignement important. Torpeur, douleurs musculaires. Traitement des réactions immédiates aux oursins: exérèse immédiate et complète des épines (priorité), appliquer l’eau chaude à la limite de tolérance.
- Réactions retardées : Peuvent démarrer 2 à 3 mois après le 1er contact. Elles sont nodulaires ou scléro oedémateuses «granulomes d’oursins de mer» ayant l'aspect de nodules de couleur brunâtre ou rouge noirâtre de 0,5 à 2 cm de diamètre. Traitement : infiltrations locales de corticostéroïdes
- Traumatismes répétés chez les pêcheurs et les plongeurs secondaires à la pénétration des épines provoquent un lymphoedème chronique (traumatique professionnel des mains). Oedème dur persistant du dos des mains et avant-bras. Evolution chronique même après arrêt de l’activité professionnelle.
d) REACTIONS AUX POISSONS :
Les poissons venimeux en Méditerranée:
Poissons des fonds sablonneux, vivent à demi cachés sous le sable et piquent par leurs épines si foulés par inadvertance ou si manipulés maladroitement.
Signes généraux : Douleur constante féroce, diffuse à tout le membre en quelques minutes et dure 24 à 48H. Malaise, lipothymie, vomissement. Blessure légère faussement rassurante.
Le type de blessure permet l’identification de l’espèce : les raies donnent une blessure extensive, lacérée qui siège aux jambes ou voûtes. Les vives donnent une blessure punctiforme et saignante qui siège aux pieds ou aux mains. Dans tous les cas : douleur suivie par une réaction inflammatoire. Nécrose ischémique, pâleur, cyanose et bulles séro-hématiques. Manifestations systémiques : angoisse, tachycardie, hypotension, dyspnée, vertiges, paresthésies, spasmes musculaires, convulsions, délire.
- Traitement : des réactions aux épines de poissons: Laver à l’eau salée, débrider la blessure, enlever les épines, Garrot. Baigner la lésion dans l’eau chaude 30 à 90 min (maintenir la T°c à 45°c). Compresses chaudes si visage ou corps atteint. Traitement systémique dans un centre d’urgence.
e) REACTIONS AUX BACTERIES MARINES :
Infections à mycobacterium marinum (M. balnei) qui existe dans l’eau salée, l’eau douce (piscine, aquarium). Elle est détruite par le chlore. L’incubation dure 2 à 3 semaines. Pas de signes généraux, ni d’adénopathies. Granulomes aux coudes et genoux si infection dans une piscine, granulomes aux mains et avant-bras si infection dans un aquarium.
- Aspect : nodules sous-cutanés, extension en chapelet (f. sporotrichoïde)
- Evolution : se fait vers l’ulcération.
- Traitement : des réactions aux bactéries marines, en mono ou poly thérapie : Minocycline, Rifampicine, Sulfaméthoxazole, Tétracycline, Isoniazide
CONCLUSION :
© Auteur : Pr Mohamed Denguezli - Service Dermatologie, CHU Farhat Hached, Sousse (Tunisie) - © www.efurgences.net
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