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Vendredi 18 Mai 2012
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Résultats de l’enquête sur les recours urgents ou non programmés en médecine générale : Rapport DREES 2006

Marie Gouyon

DREES, Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, n° 94 – avril 2006

Cool Article disponible en PDF au site : http://www.sante.gouv.fr/drees

Resumé de l'article :

I. Premiers résultats de l’enquête sur les recours urgents ou non programmés en médecine générale :

Depuis plusieurs années, les services d’accueil des urgences hospitalières enregistrent des passages de plus en plus nombreux1. Suite à l’enquête menée en 2002 auprès des usagers de ces services2, la Drees a souhaité réaliser une enquête sur l’autre versant principal des recours aux soins non programmés : ceux pris en charge par la médecine générale de ville.

Pendant une semaine d’octobre 2004, 1 304 médecins généralistes exerçant dans un cabinet et 94 médecins pratiquant au sein d’une association d’urgentistes (SOS Médecins, Urgences médicales de Paris) ont renseigné un questionnaire pour chaque séance urgente ou non programmée, la collaboration de ces professionnels de santé ayant permis d’étudier un échantillon de 17 254 séances.

* Plusieurs approches de l’urgence : hors horaires d’ouverture, ressentie, médicale

Ces recours urgents ou non programmés représentent 11 % de l’ensemble des consultations et visites effectuées par les médecins généralistes exerçant en cabinet interrogés au cours de la période d’enquête et, par définition, la totalité des recours aux associations d’urgentistes, soit au total 12 % de l’activité des généralistes libéraux. Cette part pourrait être supérieure de 3 points supplémentaires si l’on tient compte d’une probable sous-déclaration par les médecins de leurs recours urgents.

Un recours aux médecins non urgentistes sur dix est inclu dans l’enquête car il est considéré comme urgent au sens médical du terme, deux recours sur dix ont lieu en dehors des heures d’ouverture du cabinet, et sept fois sur dix, le patient a vu le médecin pendant les heures d’ouverture mais déclarait vouloir voir ce dernier dans la journée.

* Les patients ayant recours à un généraliste en urgence : une majorité d’enfants et d’adultes de moins de 45 ans

  • Une activité essentiellement diurne
  • Une fois sur quatre, le médecin a pris lui-même la décision de voir le patient
  • La plupart des patients vus en urgence souffrent d’une affection aiguë
  • Les problèmes somatiques non traumatiques motivent les trois quarts des recours
  • Les maladies infectieuses prédominent pour les enfants et les jeunes adultes, puis la rhumatologie et la cardiologie pour les personnes âgées
  • Une douleur à soulager est signalée dans 40 % des cas
  • L’état somatique du patient est jugé stable dans environ 7 cas sur 10
  • 16 % des patients sont jugés psychologiquement perturbés, et seuls 3 % nécessitent une prise en charge spécifique
  • Des conseils de prévention aux patients jeunes, et une aide psychologique aux patients âgés
  • Des médicaments sont prescrits dans 9 cas sur 10, surtout aux patients les plus âgés
  • Un arrêt de travail est prescrit dans 12 % des recours urgents
  • 5 % des recours sont suivis d’une hospitalisation
  • Une décision de prescription ou d’orientation sur dix est influencée par le contexte social du patient
  • Les recours urgents durent plus longtemps que les autres types de recours

II. Recours aux médecins urgentistes de ville :

Au cours du mois d’octobre 2004, 1400 médecins généralistes exerçant en France métropolitaine ont renseigné un questionnaire concernant les recours considérés comme urgents ou non programmés qu’ils ont été amenés à prendre en charge. Parmi eux, 94 médecins pratiquaient au sein d’une association d’urgentistes (SOS Médecins, Urgences Médicales de Paris) (Encadré 4). Cette étude porte sur l’échantillon ainsi recueilli de 2 300 séances réalisées par des urgentistes de ville, comparées aux recours urgents auprès de généralistes exerçant en cabinet, ainsi que, sur la base d’une enquête antérieure, aux recours aux urgences hospitalières.

Après extrapolation, les séances auprès des médecins « urgentistes » représentent 5 % des recours urgents ou non programmés à la médecine générale.

  • Un tiers des patients des «urgentistes» ont moins de 13 ans
  • Davantage de recours aux urgentistes la nuit, notamment pour les enfants de 0 à 2 ans
  • Des recours motivés par des problèmes somatiques, en particulier pour les moins de 13 ans
  • Les urgentistes de ville se déplacent plus fréquemment pour des affections aiguës
  • Les urgentistes voient davantage de patients dont l’état clinique est critique, notamment les plus âgés
  • Moins d’infectiologie, notamment chez les plus jeunes et davantage de troubles liés à l’hépatogastro-Entérologie
  • Moins d’écoute psychologique mais plus de conseils de prévention et de gestes thérapeutiques que les autres généralistes
  • Moins de prescriptions médicamenteuses de la part des urgentistes, sauf aux patients jeunes
  • Les patients des urgentistes sont plus souvent réorientés qu’en cabinet
  • Les urgentistes recommandent davantage d’hospitalisations immédiates ou programmées et de prescriptions médicales ultérieures
  • La visite d’un urgentiste dure en moyenne près de 17 minutes lorsque l’état du patient est stable et 40 minutes lorsque le pronostic vital est engagé.

III. Une typologie des recours urgents ou non programmés à la médecine générale

Jusque-là, l’ensemble des recours urgents ou non programmés à la médecine générale, et les caractéristiques plus spécifiques des recours aux associations d’urgentistes ont été décrits.

Or, les caractéristiques des séances urgentes, qu’il s’agisse des motifs, des diagnostics, des actes pratiqués par le médecin, des orientations qu’il prescrit ou des caractéristiques des patients, ne sont pas indépendantes les unes des autres. Des méthodes d’analyse de données ont permis de faire ressortir les caractéristiques les plus souvent associées. Ainsi, l’analyse des correspondances multiples (encadré 5) a, avant tout, mis en évidence une opposition entre, d’une part, les séances motivées par les problèmes somatiques aigus des jeunes patients et, d’autre part, les recours des patients âgés pour motifs somatiques ou psychiques, concernant généralement des affections chroniques. Un second axe d’opposition, de moindre importance, a permis d’isoler les recours liés aux problèmes traumatiques. À la suite de cette analyse, ces recours ont été classés dans une typologie. Celle qui est ici présentée distingue ainsi sept grands types de séances (tableau 13), essentiellement fondées sur l’âge des patients, la nature du recours et le diagnostic réalisé par le médecin.

  • Les recours des enfants et des adolescents pour épisode infectieux aigu : 43 % des recours urgents auprès des généralistes
  • Un épisode aigu non infectieux, touchant des patients plus âgés : 24 % des recours urgents auprès des généralistes
  • Les recours relatifs à des maladies chroniques stables : 6 % de l’ensemble des recours urgents ou non programmés
  • Les manifestations allergiques et les lésions dermatologiques nécessitant des soins : 4 % des recours urgents auprès des généralistes
  • Les problèmes traumatiques : 10 % des recours urgents à la médecine générale
  • Les troubles psychiques des adultes : 8 % des recours urgents auprès des généralistes
  • Les urgences somatiques critiques : 5 % des recours urgents à la médecine générale

Bibliographie - Littérature

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