Mars 2011 : Les résultats de l’observatoire Stent for Life, sur la prise en charge de l’infarctus du myocarde, pointent du doigt un certain nombre de dysfonctionnements, notamment la persistance de patients non revascularisés en phase aiguë de l’IDM en France.
La douleur thoracique, signe révélateur de l’infarctus, est ressentie dans 93,5% des cas et elle est bien reconnue comme telle pour la quasi‐totalité des patients. Toutefois, face à ces douleurs, 1/4 des patients ne passent pas d’appel pour obtenir de l’aide et moins de 50% ont le réflexe d’appeler le 15 pour une intervention du SAMU.
Si l’angioplastie primaire, traitement de choix de l’IDM, est pratiquée dans plus de 2/3 des cas, près d’1/4 des patients bénéficient d’une thrombolyse, et encore 14% ne bénéficient d’aucune de ces techniques de reperfusion.
L’infarctus du myocarde est un des rares cas où il est conseillé de faire l’impasse sur son médecin de famille et d’appeler le SAMU directement, sans délai. C’est le délai très court entre le début de la douleur et l’arrivée au service d’urgences cardiologiques qui est salvateur.
L’appel du SAMU devant tout soupçon d’infarctus permet au patient de rentrer dans un parcours de soins optimal :
Appel du 15 → Intervention du SAMU/SMUR → Admission directe en salle de cathétérisme
L’infarctus du myocarde (IDM) correspond à la mort (nécrose) d’une partie plus ou moins grande du muscle cardiaque (myocarde).
L'artère coronaire correspondante peut être obstruée (thrombose), rétrécie (athérosclérose) ou momentanément fermée par un spasme. Par défaut d’oxygène, les cellules ne peuvent plus se contracter et meurent en quelques heures. La gravité de l’IDM tient essentiellement à son étendue.
L’IDM se manifeste le plus souvent par une douleur brutale (93,5% des cas) qui apparaît la nuit ou au repos.
Cette douleur se situe dans la poitrine, en arrière du sternum. Il s’agit d’une douleur intense qui serre la poitrine «en étau», pouvant se propager jusqu’aux mâchoires, dans le bras gauche (ou les deux bras), aux deux derniers doigts de la main gauche et parfois dans le dos ou le ventre.
Sont souvent associés à cette douleur un malaise général avec sueurs, pâleur, sensation d’évanouissement, voire syncope et, parfois des difficultés respiratoires et des troubles digestifs (nausées, vomissements), qui peuvent être au premier plan.
Habituellement, la douleur d’IDM dure plusieurs heures, voire 24 à 36 heures.
− Appeler le SAMU
− S’allonger ou s’assoir
− Rester immobile en attendant l’arrivée des secours
− S’assurer que l’on peut ouvrir la porte
− Ne plus se servir de son téléphone pour pouvoir être rappelé par les services de secours
− Envoyer quelqu’un chercher un défibrillateur automatique si disponible à proximité
− Appeler le cardiologue, le généraliste ou SOS‐Médecins
− Bouger, marcher ou faire tout autre effort
− Aller aux urgences soi‐même
− Prendre un médicament avant l’arrivée du SAMU ou des pompiers
Le traitement de l’IDM a pour objectif de désobstruer l’artère bouchée responsable.
Deux méthodes sont possibles : l’angioplastie coronaire ou la thrombolyse.
La thrombolyse consiste à administrer des médicaments (thrombolytiques) par voie veineuse, capables de «dissoudre» le caillot qui obstrue l’artère coronaire responsable de l’IDM.
Elle doit être réalisée le plus rapidement possible afin de limiter l’extension de la nécrose myocardique, au mieux dans les 3 heures suivant l’apparition des premiers signes de l’IDM.
L’angioplastie consiste à introduire une sonde (cathéter) munie d’un ballonnet gonflable à son extrémité dans l’artère coronaire bouchée, afin de la dilater mécaniquement. La sonde, avec le ballonnet gonflable et un petit ressort (stent) sertie sur le ballonnet, est introduite soit au pli de l’aine (artère fémorale), soit au niveau du poignet (artère radiale), et amenée dans l’artère coronaire au niveau de la zone rétrécie. Une fois gonflé, le ballon agrandit le diamètre de l’artère, puis il est dégonflé et le stent, déployé à la bonne dimension pour rétablir la circulation sanguine, reste en place.
L’angioplastie coronaire est réalisée, sous anesthésie locale, par un cardiologue spécialisé en cardiologie interventionnelle dans un centre de soins disposant d’un plateau technique adapté (USIC : Unité de Soins Intensifs Cardiologiques).
Après un IDM, l’angioplastie doit être pratiquée dans un délai inférieur à 12 heures après le début des premiers symptômes.
La technique de référence est l’angioplastie coronaire.
Cependant, dans les trois premières heures de la douleur, si le temps de transfert du patient vers un centre pouvant réaliser l’angioplastie dépasse les 120 min, il faut réaliser la thrombolyse.
Au‐delà de 3 heures et en dehors de quelques exceptions, il faut choisir l’angioplastie.
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