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INTRODUCTION
Les intoxications au monoxyde de carbone et aux gaz d’hydrocarbures menacent leurs victimes de décès anoxiques brutaux et de séquelles neurologiques graves.
Les préjugés estimant qu’elles sont l’apanage de milieux sociaux défavorisés, utilisant des procédés de chauffage obsolètes et que leur fréquence diminue à la faveur du perfectionnement des moyens de chauffage ou de la qualité des combustibles, sont en grande partie erronés.
* L’usage d’appareillages plus sûrs et de combustibles de meilleure qualité (pétrole et dérivés, gaz d’hydrocarbures naturels ou extraits du pétrole), n’a pas plus réduit leur incidence. Au point où le risque concerne sans distinction, chacun d’entre nous quand l’usage des moyens de chauffage aussi sophistiqués soient-ils, aura fait fi de très simples règles de sécurités.
* Les intoxications au monoxyde de carbone restent donc une pathologie toujours actuelle, aboutissant de manière inopinée à de véritables drames humains, d’autant plus regrettables que leur prévention est plus que facile.
On associe habituellement aux intoxications aiguës par le CO, les intoxications par les gaz d’hydrocarbures naturels (méthane) ou dérivés du pétrole (butane, propane) en raison de la similitude des circonstances et des manifestations cliniques, même si les mécanismes de l’anoxie tissulaire sont différents.
CIRCONSTANCES
- Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz toxique provenant de la combustion de tout composé comportant un atome de carbone.
- Il s’en produit à chaque instant de la vie quotidienne et dans d’innombrables circonstances : depuis la simple cigarette, en passant par l’usage de véhicules de transport, de moyens de chauffage et de cuisson domestiques, jusqu’aux nécessités de multiples activités industrielles.
- Il en résulte une contamination continue et croissante de l’atmosphère que nous respirons, à des niveaux fluctuant entre 50 et 100ppm, et un taux sanguin « normal » de carboxyhémoglobine de 2 à 5% (8 à 10% chez les fumeurs).
- Les circonstances aboutissant à une concentration toxique de CO dans l’atmosphère sont très variées. Nous évoquerons pour mémoire, les exceptionnels cas criminels, ou l’usage à but suicidaire des gaz d’hydrocarbures, notamment aux USA.
- Mais l’essentiel des intoxications aiguës au CO est d’origine accidentelle. Elles peuvent s’observer de manière sporadique au cours d’incendies voire d’éruptions volcaniques, où elles s’associent à d’autres mécanismes d’anoxie (acide cyanhydrique, nitrile, dérivés sulfurés, lésions broncho-pulmonaires) et d’autres lésions (brûlures, traumatismes …) ; mais c’est sans doute en milieu domestique qu’elles sont les plus importantes à considérer parce qu’elles y sont les plus fréquentes (plus de la moitié de l’ensemble des cas), concernent chacun d’entre nous, et se prêtent à des mesures préventives simples et efficaces.
Le décor et le scénario de l’intoxication oxycarbonée domestique sont univoques et réalisent un piège inéluctable :
- une combustion de mauvaise qualité aboutissant à une production accrue de CO (charbon humide ou de mauvaise qualité, brûleur mal réglé, tirage de poêle insuffisant, carburateur de voiture encrassé…) dans un local hermétiquement clos ou insuffisamment aéré.
- Une évolution exponentielle de la production de CO en raison de la raréfaction de l’oxygène dans l’enceinte (consommé et non renouvelé), associée souvent à une rétention de vapeur d’eau, accroissant elle-même la production de CO.
- Une atmosphère toxique, échappant à la vigilance des victimes (le CO est incolore et indolore) et inhibant rapidement toute prise de conscience du danger et velléité de réaction salvatrice.
- En ce qui concerne les gaz d’hydrocarbures, leur mauvaise combustion peut également aboutir à une production excessive de CO, dans les conditions ci-dessus décrites ; mais le plus souvent il s’agit d’une anoxie directe par raréfaction de l’oxygène dans un local non aéré, par suite d’une fuite dans les conduites d’alimentation d’un chauffage ou d’une cuisinière.
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