
La salle de déchocage est un environnement à forte pression décisionnelle où les erreurs surviennent souvent non par manque de connaissances mais par stress, surcharge cognitive ou défaut d’organisation.
Voici 10 erreurs fréquentes observées, avec des exemples concrets et conseils pratiques pour les éviter.
1️⃣ Oublier l’évaluation systématique ABCDE
❌ Erreur fréquente
Se focaliser immédiatement sur un diagnostic supposé.
Exemple
Un patient arrive avec douleur thoracique intense. L’équipe se concentre sur l’ECG et oublie d’évaluer la ventilation. Le patient développe rapidement une détresse respiratoire liée à un pneumothorax compressif.
✔️ Bon réflexe
Toujours commencer par ABCDE :
- A : Airway – vérifier la liberté des voies aériennes
- B : Breathing – FR, SpO₂, signes de lutte
- C : Circulation – TA, pouls, marbrures
- D : Disability – score de Glasgow, glycémie
- E : Exposure – examen complet
ߑ馬t;span style="background-color: #ffff99;"> L’ABCDE permet de ne jamais manquer une urgence vitale immédiate.
2️⃣ Sous-estimer une détresse respiratoire
❌ Erreur fréquente
Se fier uniquement à la saturation d'oxygène.
Exemple
Patient avec SpO₂ à 94% mais FR à 35/min et tirage intercostal. L’intubation est retardée et le patient s’épuise.
✔️ Bon réflexe
Évaluer toujours : fréquence respiratoire, utilisation des muscles accessoires, état de conscience, auscultation
ߑ頦lt;span style="background-color: #ffff99;">Une FR > 30/min est déjà un signe de gravité.
3️⃣ Attendre trop longtemps avant d’intuber
❌ Erreur fréquente
Retarder l’intubation chez un patient qui se dégrade.
Exemple
Patient en sepsis sévère avec confusion. L’équipe hésite à intuber. Le patient fait un arrêt respiratoire brutal.
✔️ Bon réflexe
Anticiper l’intubation si : Glasgow ≤ 8, détresse respiratoire sévère, incapacité à protéger les voies aériennes.
ߑ頦lt;span style="background-color: #ffff99;">Intubation planifiée est meilleure qu'une intubation en catastrophe.
4️⃣ Perdre du temps avec un accès veineux difficile
❌ Erreur fréquente
Multiplier les tentatives de voie périphérique en cas d'accès veineux difficile (ex. obésité, déshydratation, état de choc, enfant).
Exemple
Polytraumatisé en choc hémorragique. Trois tentatives IV échouent → 10 minutes perdues.
✔️ Bon réflexe
Si échec rapide :
➡️ voie intra-osseuse, elle permet une perfusion rapide, l'administration des médicaments d’urgence.

5️⃣ Retarder l’antibiothérapie dans le sepsis
❌ Erreur fréquente
Attendre les résultats biologiques ou l’imagerie.
Exemple
Patient avec choc septique d’origine pulmonaire. Antibiothérapie retardée d’une heure.
ߑ頦lt;span style="background-color: #ffff99;">Chaque heure de retard augmente la mortalité.
✔️ Bon réflexe
Dans le sepsis sévère : hémocultures si possible et antibiotiques dans la première heure.
6️⃣ Mauvaise interprétation de l’ECG
❌ Erreur fréquente
Passer à côté d’une anomalie critique de l'électrocardiogramme.
Exemple
ECG avec ondes T pointues chez un insuffisant rénal → hyperkaliémie non reconnue.
Le patient développe une tachycardie ventriculaire.
✔️ Bon réflexe
Toujours rechercher : hyperkaliémie, STEMI, troubles du rythme graves.
ߑ頦lt;span style="background-color: #ffff99;">En cas de doute : demander un deuxième avis immédiatement.
7️⃣ Mauvaise organisation de l’équipe
❌ Erreur fréquente
Tout le monde fait tout… et personne ne coordonne.
Exemple
Deux médecins demandent simultanément des prescriptions ou des examens biologiques différents, les infirmiers reçoivent des consignes contradictoires.
✔️ Bon réflexe
Désigner immédiatement : un leader, un médecin coordinateur.
ߑ頌a communication doit être courte, claire et fermée. Le leader adresse un message clair et concis à une personne spécifique, le récepteur répète l'ordre pour confirmer qu'il a compris.
8️⃣ Erreurs de médication en urgence
❌ Erreur fréquente
Confusion de dose ou de dilution.
Exemple
Adrénaline administrée 10 fois la dose prévue lors d’un arrêt cardiaque.
✔️ Bon réflexe
Toujours : verbaliser la dose, faire répéter la prescription, utiliser les protocoles standardisés.
9️⃣ Négliger la cause du choc
❌ Erreur fréquente
Traiter uniquement la tension artérielle sans chercher la cause du choc.
Exemple
Patient en choc obstructif par tamponnade, traité uniquement par vasopresseurs. La cause réelle n’est identifiée que tardivement.
✔️ Bon réflexe
Toujours penser aux 4H / 4T :
- 4H : Hypovolémie, Hypoxie, Hypothermie, Hypo/hyperkaliémie
- 4T : Thrombose, Tamponnade, Toxiques, Pneumothorax sous tension
ߑ馬t;span style="background-color: #ffff99;"> L’échographie au lit du patient est très utile.
ߔe pas faire de débriefing après le déchocage
❌ Erreur fréquente
Passer directement au patient suivant.
Exemple
Une erreur de dose médicamenteuse ou de diagnostic n’est jamais discutée et se reproduit.
✔️ Bon réflexe
Faire un débriefing court (5 minutes) : ce qui a bien fonctionné, ce qui doit être amélioré, points d’apprentissage.
Le débriefing en médecine est essentiel pour améliorer la performance et la sécurité des patients. Il permet aux équipes de partager leurs points de vue, d'identifier les compétences techniques et non techniques, et de transformer les expériences en apprentissage.
ߑ頦lt;span style="background-color: #ffff99;">C’est un outil puissant de formation et de sécurité des soins.
MESSAGES CLÉS
En salle de déchocage, les priorités sont :
✔️ ABCDE systématique
✔️ anticipation des gestes critiques
✔️ communication claire dans l’équipe
✔️ protocoles simples et standardisés
ߑ頦lt;span style="background-color: #ffff99;">L’expérience s’acquiert avec le temps, mais les bons réflexes doivent être présents dès le début.
©2026 - efurgencesnet