1. Définition des IST
Les Infections Sexuellement Transmissibles (IST) sont des infections causées par des bactéries, virus, parasites ou champignons, transmises principalement lors de rapports sexuels (vaginaux, anaux, oraux), avec ou sans pénétration.
👉 Le terme IST a remplacé MST (maladies sexuellement transmissibles), car :
- une infection peut être asymptomatique
- elle peut être transmise sans signes cliniques
2. Principales IST selon l’agent causal
🔹 IST bactériennes
- Chlamydia trachomatis
- Gonococcie (Neisseria gonorrhoeae)
- Syphilis (Treponema pallidum)
- Chancre mou (Haemophilus ducreyi)
🔹 IST virales
- VIH
- Papillomavirus humain (HPV)
- Herpès génital (HSV-1, HSV-2)
- Hépatite B (VHB)
🔹 IST parasitaires
- Trichomonase (Trichomonas vaginalis)
- Phtiriase pubienne (pou du pubis)
- Gale
3. Épidémiologie
Données générales
- Plus de 1 million de nouvelles IST par jour dans le monde (OMS)
- Les plus fréquentes : chlamydia, gonococcie, syphilis, trichomonase
- Forte proportion de formes asymptomatiques
Populations à risque
- Adolescents et jeunes adultes
- Multipartenariat sexuel
- Rapports non protégés
- Hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH)
- Travailleurs du sexe
- Personnes vivant avec le VIH
Facteurs favorisants
- Absence de préservatif
- Dépistage insuffisant
- Accès limité aux soins
- Stigmatisation sociale
4. Diagnostic clinique
⚠️ Le diagnostic clinique est souvent insuffisant seul, car de nombreuses IST sont silencieuses.
Signes généraux possibles
- Écoulements génitaux anormaux
- Brûlures mictionnelles
- Ulcérations génitales
- Prurit génital ou anal
- Douleurs pelviennes
- Saignements anormaux
- Verrues génitales
Syndromes cliniques fréquents
- Urétrite (écoulement urétral)
- Cervicite
- Vaginite
- Ulcération génitale
- Douleur pelvienne chronique
- Proctite
5. Diagnostic biologique
Le diagnostic biologique est indispensable pour : confirmer l’infection; identifier l’agent causal; guider le traitement et dépister les co-infections
Tableau récapitulatif des IST fréquentes
| IST | Agent causal | Incubation | Signes cliniques principaux | Diagnostic biologique | Traitement de référence |
| Chlamydia | Chlamydia trachomatis | 1–3 semaines | Souvent asymptomatique Urétrite non purulente Cervicite, leucorrhées Douleurs pelviennes | PCR (TAAN) sur urine 1er jet ou prélèvement génital | Azithromycine dose uniqueou Doxycycline 7 j |
| Gonococcie | Neisseria gonorrhoeae | 2–7 jours | Écoulement purulent abondant Brûlures mictionnelles Proctite, pharyngite | Examen direct (PNN + diplocoques GN) PCR + culture | Ceftriaxone IM dose unique |
| Syphilis | Treponema pallidum | 10–90 jours | Chancre indolore Adénopathies Rash secondaire | Sérologie : VDRL + TPHA | Pénicilline G benzathine |
| Trichomonase | Trichomonas vaginalis | 5–28 jours | Vaginite : leucorrhées mousseuses verdâtres Prurit, odeur fétide Homme souvent asymptomatique | Examen directTest antigénique ou PCR | Métronidazole dose unique ou 7 j |
- Chlamydia = IST la plus fréquente, souvent silencieuse
- Gonocoque = écoulement purulent + urgence thérapeutique
- Syphilis = grande simulatrice, diagnostic sérologique
- Trichomonas = vaginite typique, homme porteur sain fréquent
Tableau récapitulatif – Traitement des IST fréquentes
| IST | Traitement de 1ʳᵉ intention | Alternatives / remarques | Traitement des partenaires |
| Chlamydia (C. trachomatis) | Doxycycline 100 mg x2/j pendant 7 jours | Azithromycine 1 g dose unique (grossesse) Amoxicilline si CI | Oui (partenaires <60 j) |
| Gonococcie (N. gonorrhoeae) | Ceftriaxone 500 mg IM dose unique | Associer doxycycline si chlamydia non exclue | Oui (partenaires <60 j) |
| Syphilis primaire / secondaire | Pénicilline G benzathine 2,4 MUI IM dose unique | Doxycycline 14 j si allergie | Oui (partenaires récents) |
| Syphilis tardive | Pénicilline G benzathine 2,4 MUI IM / semaine × 3 | Suivi sérologique prolongé | Oui |
| Trichomonase (T. vaginalis) | Métronidazole 2 g PO dose unique | 500 mg x2/j pendant 7 j | Oui (impératif) |
| Herpès génital (HSV) | Aciclovir 7–10 jours | Valaciclovir / Famciclovir | Non (info + prévention) |
| HPV | Traitement des lésions (cryothérapie, laser) | Vaccination préventive | Non |
Points importants à retenir
- Traitement probabiliste possible en approche syndromique
- Toujours traiter les partenaires sexuels
- Abstinence ou préservatif jusqu’à guérison
- Contrôle post-traitement recommandé pour gonocoque et chlamydia
- Associer dépistage VIH – syphilis – VHB
Cas particuliers
- Grossesse : éviter doxycycline et fluoroquinolones
- Allergie pénicilline : alternatives selon IST
- Résistances du gonocoque → culture + antibiogramme si échec
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