Articles scientifiques, cours et conférences, publications médicales
La ventilation artificielle (ou ventilation mécanique) a pour but de se substituer, partiellement ou totalement, à la fonction respiratoire défaillante pendant une durée qui varie de quelques minutes à plusieurs semaines. L'origine de la défaillance respiratoire conditionne beaucoup les modalités de l'assistance respiratoire.
Depuis l’utilisation des "poumons d’acier" au début du XXème siècle, la technologie des respirateurs mécaniques a progressée durant des décennies en suivant l’évolution scientifique en médecine et en électronique. Actuellement, nous disposons d’appareils de plus en plus modernes, compacts et sophistiqués pour usage en réanimation, en pédiatrie et en anesthésie. Ils ont incorporé une multitude de modes de ventilation et des capacités de surveillance avancées.
L’utilisation de ces respirateurs est devenue courante en médecine d’urgence et implique la nécessité d’une bonne formation des médecins et du personnel soignant. La connaissance parfaite, de la physiologie respiratoire et des différents modes ventilatoires utilisables, est primordiale pour assurer la sécurité du patient.
Nous décrivons ici les notions de base de respiration artificielle et seulement dans le cadre de la pratique quotidienne en médecine d’urgence.
La fréquence respiratoire normale d’un adulte se situe entre 12 et 20 cycles/minute, elle est plus rapide chez le nourrisson.
| DÉFINITIONS ET PARAMÈTRES | ||
| VC (ou Vt) | Volume courant (Tidal volume) : volume d’air inspiré ou expiré à chaque cycle respiratoire | 8 – 10 ml/kg (par rapport au poids idéal) (Adulte 0,5 à 1 litre), 6-8 ml/kg si SDRA. Un volume trop élevé provoque un risque d'hyperinflation, un volume trop bas provoque une atélectasie |
| FR | Fréquence respiratoire (en cycle par minute) |
Variable selon l’âge (Adulte : 12 à 20 cycles/min ou plus) En cas d’hypocapnie, on diminue la fréquence respiratoire, en cas d’hypercapnie on augmente la fréquence respiratoire. |
| V | Débit ventilatoire ou débit de pointe, en litre/minute | V = Vt x FR |
| FiO2 | Concentration fractionnelle d'oxygène dans l’air inspirée | Varie de 21 à 100% d’oxygène, initialement fixée à 1 (100%) puis entre 40 et 60% en fonction de la SpO2 |
|
I/E I:E |
C'est la valeur du temps inspiratoire (I) divisée par celle du temps expiratoire (E) | En général ½ 1/3 dans l’asthme et BPCO |
| PEP | Pression expiratoire positive, c'est une pression résiduelle maintenue dans les voies aériennes pendant l'expiration. Avantages : En maintenant ouvertes certaines alvéoles en fin d'expiration, elle permet : - une augmentation du recrutement alvéolaire - une limitation du risque d'atélectasies en maintenant les alvéoles ouvertes. - une augmentation de la capacité résiduelle fonctionnelle (C.R.F.). - une amélioration possible de la compliance thoraco-pulmonaire. | Variable de 0 à 20 cmH2O. Le plus souvent 5 cmH2O. Inconvénients : - Retentissement hémodynamique (diminution du débit cardiaque et du retour veineux) - Augmentation du risque de barotraumatisme |
| AI | Aide inspiratoire : consiste à assister chaque cycle spontané du patient par un niveau de pression prédéterminé | AI : 7 à 10 cmH2O |
| Pins Max | Pression maximale d’insufflation à ne pas dépasser. L'alarme signe une sonde bouchée ou coudée, bronchospasme, pneumothorax, intubation sélective. | Environ 10 cmH2O au dessus de celle mesurée. |
| Pins Min | Pression minimale dans les voies respiratoires. L'alarme signe une fuite ou un débranchement. | Environ 10 cmH2O en dessous de celle mesurée. |
L’objectif de la ventilation assistée est de réduire le travail ventilatoire et d’améliorer une hypoxémie ou une hypercapnie mettant en jeu le pronostic vital.
Permettent uniquement la réalisation d'une ventilation contrôlée (VC). L'avantage de ces respirateurs réside dans leur ergonomie et leur coût relativement faible. Facilement utilisables dans les services d'urgence et pour le transport des malades mais ils ne sont pas recommandés dans certaines pathologies (SDRA, asthme aigu grave, etc.).
Les paramètres à régler sont : la fréquence respiratoire FR (12 à 14/min), la FIO2 (60% ou 100%) et le volume courant Vt (400 à 500 ml chez l'adulte). Ces appareils permettent aussi de régler la PEP, l'aide inspiratoire (AI) et les niveaux d'alarmes pour pressions maximales et minimales. Les appareils modernes permettent la ventilation non invasives VNI, certains appareils anciens ne sont pas adaptés à ce mode de ventilation. En pédiatrie, il existe des appareils spécifiques.
Le poids de l’appareil varie en moyenne de 3 à 5 kg. La batterie, si elle existe, n’est pas nécessaire pour le fonctionnement mais pour l’affichage et pour l’alarme sonore.
N’utilisez pas l'appareil pendant un examen IRM (imagerie par résonance magnétique) sauf s'il porte la mention «compatible IRM».
Sont plus performants, offrent plus de sécurité pour le malade mais encombrants, coûteux, nécessitent une source d'énergie 220 V et un apport d'air et d'oxygène. L'écran affiche les paramètres de ventilation, les alarmes et courbes de ventilation. Ces respirateurs permettent plusieurs modes de ventilation assistée. Le médecin est appelé à régler les paramètres et d'adapter les niveaux d'alarme.
Les respirateurs d'anesthésie sont différents et destinés à l'utilisation en bloc opératoire.
C'est le mode ventilatoire le plus simple et le plus utilisé en médecine d'urgence et en situations aigues. La totalité du support ventilatoire est fournit par le ventilateur. Le patient ventilé n'a aucune participation active «Il est l’esclave de la machine».
- Volume courant (VC) : 8 à 10 ml/kg (en fonction du poids idéal relatif à la taille),
- Débit inspiratoire (V) : 60 à 80 L/min
- Fréquence respiratoire (FR) : 12 à 20 cycles/min ou plus
- Concentration fractionnelle de l'oxygène (FiO2)
- le niveau de pression expiratoire positive (PEP).
- Le réglage du rapport I/E est important dans certaines pathologies (comme l'asthme et le BPCO).
Plusieurs modalités d'assistance ventilatoires existent.
Modes fréquents :
👉 Mode clé pour :
| Mode | Type | Déclenchement | Ce qui est réglé | Ce qui varie | Avantages | Inconvénients / limites | Indications |
| VCV (Volume Contrôlé) | Contrôlé | Ventilateur | VT, FR, FiO₂, PEEP | Pression | Volume garanti, contrôle précis de la ventilation minute | Risque de surpression, asynchronies | SDRA, coma, anesthésie, post-ACR |
| PCV (Pression Contrôlée) | Contrôlé | Ventilateur | Pression inspi, FR, FiO₂, PEEP | Volume courant | Limite le barotraumatisme, meilleure distribution | VT non garanti | SDRA, poumon rigide |
| VAC VCV | Assisté-contrôlé | Patient ou ventilateur | VT minimal garanti | Pression | Sécurité + participation patient | Asynchronies possibles | Phase aiguë avec patient partiellement conscient |
| VAC PCV | Assisté-contrôlé | Patient ou ventilateur | Pression inspi | VT | Confort ↑, pression limitée | Surveillance du VT | Réa, transition vers spontané |
| PSV (Aide inspiratoire) | Spontané assisté | Patient | Pression de soutien, FiO₂, PEEP | VT, FR | Confort, diminue travail respiratoire | Dépend du patient | Sevrage ventilatoire |
| CPAP | Spontané pur | Patient | Pression continue (PEEP), FiO₂ | Tout le reste | Améliore l’oxygénation | Pas d’assistance ventilatoire | OAP, apnée du sommeil |
| VNI BiPAP | Non invasive | Patient | IPAP / EPAP | VT | Évite intubation | Fuites, coopération requise | BPCO, OAP, IRA hypercapnique |
| SIMV | Mixte | Ventilateur + patient | FR minimale + support spontané | VT spontané | Autonomie progressive | Peu utilisée aujourd’hui | Sevrage (ancien) |
Un patient sous ventilation assistée doit être sous surveillance médicale stricte. Il est nécessaire de surveiller de façon régulière:
Lorsque l'état hémodynamique et respiratoire s'améliore, le sevrage peut être envisagé.
Chez un malade préparé psychologiquement, aspiré régulièrement, assis ou demi assis chez qui les sédatifs ont été interrompus depuis suffisamment longtemps:
Lisez notre article en liaison : Dyspnée et oxygénothérapie aux urgences
©mise à jour 2025 - efurgences.net
L’hypernatrémie est définie par une concentration plasmatique de sodium supérieure à 145 mmol/L. Elle correspond à un état d’hyperosmolarité extracellulaire secondaire à un déficit relatif en eau corporelle totale par rapport au sodium. Dans la majorité des cas, l’hypernatrémie est liée à :
L’augmentation de l’osmolarité plasmatique provoque un déplacement de l’eau intracellulaire vers le compartiment extracellulaire, entraînant une déshydratation cellulaire, particulièrement au niveau cérébral, responsable des manifestations neurologiques.
La prévalence est estimée à :
L’évaluation clinique doit rechercher le statut volémique, permettant de classer l’hypernatrémie en :
Lorsque l’étiologie n’est pas évidente, certaines explorations peuvent être nécessaires :
Ces examens permettent notamment de différencier le diabète insipide central du diabète insipide néphrogénique.
L’hypernatrémie résulte généralement d’un déséquilibre hydrique. Les causes peuvent être classées selon le statut volémique.
Correspond à une perte conjointe d’eau et de sodium avec prédominance de la perte hydrique.
Causes principales :
Elle est principalement liée à une perte d’eau pure.
Causes principales :
Plus rare, elle est due à un excès d’apport sodé.
Causes possibles :
| Statut volémique | Mécanisme | Étiologies principales | |
| Hypernatrémie hypovolémique |
Perte d’eau et de sodium avec prédominance de la perte d’eau |
Pertes digestives : Diarrhées sévères, vomissements | |
| Pertes cutanées : Sudation excessive, brûlures étendues | |||
| Pertes rénales : Diurétiques (anse), diurèse osmotique (hyperglycémie, mannitol) | |||
| Pertes mixtes : Drainages digestifs, fistules | |||
| Hypernatrémie euvolémique |
Perte d’eau libre sans perte significative de sodium |
Diabète insipide central : Traumatisme crânien, tumeur hypothalamique, chirurgie hypophysaire | |
| Diabète insipide néphrogénique : Lithium, hypercalcémie, hypokaliémie | |||
| Apport hydrique insuffisant : Hypodipsie, troubles du centre de la soif | |||
| Pertes insensibles augmentées : Fièvre, ventilation mécanique | |||
| Hypernatrémie hypervolémique |
Gain excessif de sodium |
Apport iatrogène de sodium : Perfusion NaCl hypertonique, bicarbonate de sodium | |
| Nutrition parentérale hypertonique : Solutions riches en sodium | |||
| Intoxication sodée : Ingestion massive de sel | |||
| Hyperaldostéronisme sévère (rare) : Syndrome de Cushing, hyperaldostéronisme primaire | |||
Le traitement comporte deux principes fondamentaux :
Le calcul du déficit hydrique peut être estimé par la formule :
Déficit en eau (L) = TBW × [(Na mesuré / 140) − 1]
où TBW correspond à l’eau corporelle totale.
Le traitement repose sur :
La correction doit être progressive, particulièrement si l’hypernatrémie est chronique. Recommandations habituelles :
Une correction trop rapide peut entraîner :
L’hypernatrémie est un trouble électrolytique potentiellement grave résultant principalement d’un déficit en eau libre. Le diagnostic repose sur la mesure de la natrémie et l’évaluation du statut volémique. L’identification de l’étiologie est essentielle pour orienter la prise en charge. Le traitement consiste principalement en une correction progressive du déficit hydrique associée à la prise en charge de la cause sous-jacente. Une surveillance étroite est indispensable afin d’éviter les complications neurologiques liées à une correction trop rapide.
Dans la pratique médicale :
- une angine est une forme particulière de pharyngite
- le terme complet souvent utilisé est pharyngo-amygdalite.
La Rhinopharyngite aigue est l’inflammation du pharynx et des fosses nasales, les signes sont une douleur (odynophagie), rhinite, éternuement, parfois fièvre +/- toux. Elle est d'origine Virale le plus souvent et ne nécessite qu'un traitement symptomatique.
L’angine (ou amygdalite aiguë) est une inflammation aiguë du pharynx et/ou des amygdales palatines, généralement d’origine infectieuse. Elle se manifeste principalement par une odynophagie (douleur à la déglutition), une rougeur pharyngée et parfois un exsudat amygdalien.
Elle fait partie des pharyngites aiguës, l’un des motifs de consultation les plus fréquents en médecine ambulatoire. La majorité des cas est virale, mais une proportion importante est causée par des bactéries, principalement Streptococcus pyogenes (streptocoque β-hémolytique du groupe A) .
L’angine constitue une pathologie très fréquente dans la population générale.
La transmission se fait essentiellement par : gouttelettes respiratoires, contact direct avec les sécrétions oropharyngées ou objets contaminés.
Les angines peuvent être virales, bactériennes ou rarement fongiques.
Les virus les plus fréquents sont : Rhinovirus, Coronavirus saisonniers, Adénovirus, Virus influenza, Virus Epstein-Barr (mononucléose infectieuse), Parainfluenza
Ces formes sont généralement bénignes et spontanément résolutives.
La principale cause bactérienne est le Streptococcus pyogenes (streptocoque β-hémolytique groupe A)
Autres bactéries plus rares : Streptocoques groupes C et G, Mycoplasma pneumoniae, Arcanobacterium haemolyticum, Corynebacterium diphtheriae (très rare aujourd’hui).
Le diagnostic repose sur l’interrogatoire et l’examen ORL.
Ces scores permettent d’identifier les patients nécessitant un test microbiologique.
| Critère | Points |
| Fièvre ≥ 38 °C | +1 |
| Exsudat amygdalien | +1 |
| Adénopathies cervicales antérieures douloureuses | +1 |
| Absence de toux | +1 |
| Âge 3–14 ans | +1 |
| Âge 15–44 ans | 0 |
| Âge ≥45 ans | −1 |
En France, le TDR est généralement réalisé si le score ≥2 chez l’adulte.. inferieur ou égal à 1 : risque faible, pas de test ni antibiotique.
Les recommandations privilégient :
Ces tests sont recommandés avant l’instauration d’une antibiothérapie afin d’éviter les prescriptions inutiles .
Les complications sont rares mais peuvent être graves.
Elles résultent de la propagation locale de l’infection :, abcès péri-amygdalien, abcès rétropharyngé, adénite cervicale, mastoïdite, septicémie .
Elles sont immunologiques : fièvre rhumatismale aiguë (RAA), glomérulonéphrite post-streptococcique .
- RAA ou Fièvre rhumatismale aiguë est une maladie inflammatoire, devenue rare aujourd'hui, touchant le cœur (cardite), articulations, peau, système nerveux (Chorée de Sydenham). Elle peut entraîner une valvulopathie cardiaque chronique. Ces complications justifient le traitement antibiotique des angines streptococciques.
- Autres complications possibles :
Indiquée uniquement en cas d’angine streptococcique confirmée.
Antibiotique de première intention : pénicilline V pendant 10 jours.
Alternatives : amoxicilline, céphalosporines, macrolides en cas d’allergie.
La pénicilline reste privilégiée car aucune résistance significative n’a été observée pour le streptocoque A .
Indications rares : angines récidivantes sévères, abcès péri-amygdalien récidivant, obstruction respiratoire.
L’amygdalectomie est aujourd’hui une chirurgie sélective rare, indiquée principalement dans les angines récidivantes documentées ou dans les obstructions respiratoires liées à l’hypertrophie amygdalienne. L’âge idéal chez l’enfant se situe généralement entre 4 et 10 ans, bien que l’intervention puisse être réalisée plus tôt en cas de syndrome d’apnées du sommeil sévère.
Les angines constituent une pathologie fréquente en pratique clinique, majoritairement d’origine virale. L’enjeu principal du diagnostic est de distinguer les formes virales des infections streptococciques afin de limiter l’usage inapproprié des antibiotiques. Les recommandations insistent sur l’utilisation de scores cliniques et de tests microbiologiques rapides avant la prescription d’antibiotiques. Une prise en charge appropriée permet de réduire les complications locales et systémiques, notamment la fièvre rhumatismale et les abcès pharyngés.
© Dr M. Gazzah - efurgences.net
Il s’agit d’une occlusion complète et persistante d’une artère coronaire. C'est une urgence thérapeutique.
Le patient est hospitalisé en unité de soins intensifs, évaluation et surveillance continue des paramètres vitaux (rythme cardiaque, TA, respiration, SpO2) . Scope et défibrillateur à portée de main.
Prélever : NFS, créatinine, ionogramme, glycémie, troponine, CRP, TP, TCA.
1. Oxygène : pas d’indication en dehors d’une décompensation cardiaque et/ou SpO2 < 90%.
2. Aspirine : 150-300 mg PO ou 75-250 mg IV puis 75 mg/jour à vie.
3. Antalgique : Morphine par titration lorsque EVA > 60/100
4. Dérivés nitrés : pas d’indication en dehors de l’OAP ou TA élevée. Contre-indiqués en cas d'un infarctus dans le territoire inférieure (ventricule droit) et en cas de tension artérielle < 12 cmHg.
5. Traitement des troubles du rythme en urgence. Une TV ou un arrêt cardiaque par fibrillation ventriculaire peut survenir à tout moment, à traiter par choc éléctrique externe CEE au besoin.
| STRATÉGIE THÉRAPEUTIQUE SCA ST+ [d’après ESC 2017 - 2023] : | |
| SI FIBRINOLYSE |
- Ou HNF HÉPARINE® 60 UI/kg en IV (max 4000) puis perfusion 12 UI/kg (max 1000/H) - Ou Fondaparinux ARIXTRA® en S/C 2,5 mg/jour (uniquement avec la streptokinase) |
| SI INTERVENTION CORONARIENNE PERCUTANÉE (ICP) |
- Clopidogrel PLAVIX® 600 mg po (75 mg si âge >75 ans) puis 75 mg/jour
|
| Après la phase aiguë : bêtabloquant + inhibiteur de l'enzyme de conversion (IEC) + statine à forte dose. | |
Ont comme mode d’action commun la conversion du plasminogène inactif en plasmine qui a la propriété de lyser la fibrine du thrombus.
La streptokinase a révolutionné le pronostic de l’IDM en 1988 avant d’être détrônée par les nouveaux fibrinolytiques. Activateur indirect de la formation de plasmine. C’est une protéine produite par le streptocoque ß-hémolytique et pouvant susciter la formation d'anticorps réduisant l'efficacité d'une nouvelle administration.
La Streptokinase peut provoquer des manifestations allergiques ou un choc anaphylactique. Elle est précédée d’une injection IV de 100 mg d’hémisuccinate d’hydrocortisone.
Dilution dans 50 ml NaCl ou SG 5%, PSE : 1.500.000 UI en 45 min. quelque soit le poids (vitesse 65 ml/h).
Favorise la transformation du plasminogène lié à la fibrine en plasmine (effet localisé au caillot). Rapidement métabolisé, la demi-vie plasmatique est de 5 minutes. ACTILYSE® Flacon = 50 mg/50 ml
Indiqué dans le SCA ST-plus. Il a par rapport à la t-Pa endogène, une plus grande affinité pour la fibrine du caillot et une plus grande résistance à l'inactivation par l'inhibiteur endogène (fibrinospécifique). En Bolus intraveineux unique sans nécessité de perfusion, ce qui facilite son utilisation en urgence.
MÉTALYSE® Flacon 10.000 unités/10 ml (1 ml = 1000 U)
Dose selon le poids en IV : 6 ml (<= 60 kg) - 7 ml (60-70 kg) - 8 ml (70-80 kg) - 9 ml (80-90 kg) - 10 ml (>= 90 kg)
| CONTRE-INDICATIONS GÉNÉRALES DES FIBRINOLYTIQUES (1) | |
|
|
Le SCA non ST+ (NSTEMI), avec occlusion coronaire partielle ou intermittente, est défini par une douleur angineuse récente (moins de 6 heures), continue ou intermittente sans sus-décalage de ST. L’examen clinique est souvent normal.
ECG : sus-décalage transitoire du segment ST, sous-décalage persistant ou transitoire du segment ST, inversion de l’onde T, onde T plate ou une pseudo-normalisation de l’onde T ou bien un ECG normal.
Dans cette situation, le diagnostic est à discuter cas par cas. Il faut évaluer la probabilité du risque ischémique avec des algorithmes selon la clinique, le terrain, les antécédents, le dosage de troponine hypersensible à H0/H1 ou H0/H2 et les scores d’aide au diagnostic comme le score de GRACE. Éventuellement rechercher un diagnostic différentiel par les examens complémentaires (biologie, imagerie) [3].
| STRATÉGIE THÉRAPEUTIQUE SCA NON ST+ [D’APRÈS ESC 2020 - 2023] |
| ASPÉGIC® : 150 à 300 mg PO ou 75 à 250 mg IV |
|
SI LE RISQUE EST ÉLEVÉ : - Clopidogrel PLAVIX® 300 ou 600 mg puis 75 mg/jour 2. Un des anticoagulants suivants avant et pendant l’ICP : - Enoxaparine LOVENOX® Bolus de 0,5 mg/Kg |
| - N.B. : Prescription selon la situation et en respectant les contre-indications - Rivaroxaban XARELTO® : 2,5 mg per os 2 fois par jour (en association avec l’aspirine) pour le traitement antithrombotique étendu à long terme en prévention secondaire chez les patients qui ont une coronaropathie. |
Tableau : posologie des antithrombotiques
| POSOLOGIES DES ANTITHROMBOTIQUES UTILISÉS DANS LES SCA [ESC 2023] | ||||
| SCA ST moins | SCA ST plus | |||
| Angioplastie primaire | Fibrinolyse | |||
| AAP | Aspirine | 150-300 mg PO ou 75-250 mg IV (puis 75-100 mg PO) | ||
| Ticagrélor | 180 mg PO puis 90 mg x 2/j | - | - | |
| Prasugrel | 60 mg PO puis 10 mg/j (5 mg si ≤ 60 kg ou ≥ 75 ans) |
- | - | |
| Clopidogrel | 300-600 mg PO puis 75 mg/j |
600 mg PO puis 75 mg/j |
300 mg PO (75 mg si ≥ 75 ans) puis 75 mg/j |
|
| Cangrélor | Bolus de 30 µg/kg IV puis 4 µg/kg/min pendant minimum 2 h Ou le temps de la procédure |
|||
| ATC | HNF | Bolus IV 70-100 UI/kg (50-70 UI/kg si anti-GpIIb/IIIa |
Bolus IV 60 UI/kg (max 4 000 UI) Puis 12 UI/kg/h |
|
| Énoxaparine | Bolus IV 50 UI/kg Puis 100 UI/kg/12h SC |
- < 75 ans : bolus 3000 UI, puis 100 UI/kg/12 h - ≥ 75 ans : pas de bolus, 75 UI/kg/12 h |
||
| Bivalirudine | Bolus IV 0,75 mg/kg Puis 1,75 mg/kg/h IV jsq 4 h après procédure |
|||
| Fondaparinux | 2,5 mg/j SC | - | Bolus IV 2,5 mg Puis 2,5 mg/j SC |
|
| AAP : antiagrégants plaquettaires - ATC : anticoagulants | ||||
Score de TIMI : simple à utiliser aux urgences, mais son exactitude discriminative est inférieure à celle du score de GRACE.
| TIMI SCORE DE RISQUE | ||
| Facteurs de risque : |
Points |
Mortalité à J14 1 pt : 5% |
| Âge >= 65 ans | 1 | |
| > 3 facteurs de risque coronaire | 1 | |
| Cardiopathie ischémique reconnue | 1 | |
| Prise d’aspirine au cours des 7 derniers jours | 1 | |
| Augmentation des enzymes | 1 | |
| Sous décalage de ST > 0,5 mm | 1 | |
| Douleur angineuse récente | 1 | |
| Score de risque = Total des points | 0 à 7 | |
Score de GRACE :
Il fournit la stratification la plus précise du risque. Le haut risque est envisagé à partir de 140 et le risque intermédiaire à partir de 109.
SCORE DE GRACE (GLOBAL REGISTRY OF ACUTE CORONARY EVENTS) |
Sont pris en compte :
|
Évaluation du risque de saignement lorsqu’une coronarographie est indiquée.
| SCORE CRUSADE |
|
ARTICLES EN LIAISON SUR NOTRE SITE :
- Traitement et prévention des thromboses (médicaments antiagrégants, anticoagulants - Indications, doses, contre-indications)
- Syndrome coronarien aigu partie I : le diagnostic (diagnostic clinique, ECG, troponine)
- Rôle de l'urgentiste devant un syndrome coronarien aigu [Pas de mise à jour]
Mise à jour 2024 - ©efurgences
Selon le mécanisme, on distingue 2 catégories :
Lire la suite : Coup de chaleur, hyperthermie maligne d’effort