Toxicologie

Conduites à tenir en toxicologie - Intoxications - Antidotes

Les intoxications par les plantes sont rares mais posent souvent un problème de diagnostic par méconnaissance des circonstances ou des signes révélateurs.
Toutes les plantes, même les consommables, peuvent contenir des composés chimiques responsables d’effets indésirables et toxiques.

C’est la notion de dose qui est déterminante. Plusieurs plantes en vente par les herboristes et utilisées en médecine traditionnelle peuvent présenter une menace vitale pour la santé.

Cet article est une mise au point sur la prise en charge aux urgences des intoxications médicamenteuses, poser le diagnostic, reconnaitre la cause à partir des signes cliniques évocateurs d’intoxication (appelés toxidromes), moyens thérapeutiques selon différentes classes médicamenteuses.

Les intoxications intentionnelles, accidentelles, ou les surdoses de médicaments constituent une source importante de morbidité, de mortalité et de dépenses de santé dans le monde.

Les statistiques mondiales sont rares et imprécises par manque de déclaration.
Selon les estimations de l’étude Global Burden of Disease (GBD 2023), les intoxications par des poisons (incluant médicaments, produits chimiques et autres toxines) continuent de contribuer de manière significative aux décès dans le monde [OMS]. Empoisonnement non intentionnels (qui incluent les surdoses accidentelles par médicaments ou produits chimiques) étaient responsables d’environ 84 000 décès en 2019 [OMS]
Selon divers études dans les pays occidentaux, les intoxications les plus courantes étaient dues aux analgésiques, aux sédatifs benzodiazépines, aux antipsychotiques et aux antidépresseurs. En Afrique et en Asie de l’Est, les pesticides représentent des causes plus fréquentes d’empoisonnements que les médicaments.
Le fardeau des ces intoxications incombe aux services d’urgences dans la majorité des cas.

1. Diagnostic d'une intoxication

Reconnaitre une intoxication est l’étape la plus difficile lorsque les circonstances sont inconnues. L’intoxication peut être volontaire (profil psychologique particulier), accidentelle (enfant ++, certaines professions) ou iatrogène surtout chez les sujets âgés.
- Un Interrogatoire minutieux de la victime (si elle est consciente) et de l’entourage est nécessaire pour déterminer la nature du toxique, la dose, l’heure et les circonstances. La découverte d'emballages vides, d'une lettre ou d'ordonnances dans la poche de la victime, la notion d'antécédents suicidaires, d'un contexte conflictuel familial ou professionnel, de dépression sont des éléments d'orientation très utiles.
- Il faut évaluer et traiter les défaillances vitales puis rechercher les signes cliniques évocateurs. Bien que le coma et les troubles de la conscience soient les symptômes les plus fréquents, la gravité est liée aux défaillances respiratoires et cardiovasculaires qu’il faut traiter en urgence.
- Les prélèvements pour recherche de toxique doivent être faits en 3 tubes : premier jet du lavage gastrique (ou vomissements), urines et sang. L’analyse au laboratoire doit être orientée par le médecin selon le toxique suspecté.
- Examens complémentaires : bilan rénal et hépatique, glycémie, natrémie, kaliémie, gaz du sang, éventuellement NFS et bilan de coagulation.
- L’ECG est systématique avec surveillance en continue du rythme cardiaque au scope.
- Un examen initial normal ne dispense pas d’une surveillance hospitalière. Le délai d’apparition des signes est variable selon la substance.

2. Signes évoquant une intoxication :

1-1 Reconnaitre l’origine toxique d’un coma :

Éliminer d’abord une hypoglycémie par la glycémie capillaire ou le test au glucose 30%. Éliminer les autres causes de coma (neurologiques, vasculaires, infectieuses ou traumatiques) par l’absence de signes de localisation et éventuellement par scanner cérébral. Les signes accompagnateurs sont d’importance capitale (tableau I).

Tableau I : orientations étiologiques devant un coma selon les signes cliniques
Calme, hypotonique Benzodiazépines, Barbituriques, insecticides (Carbamates)
Hypertonie avec syndrome pyramidal  CO, Antidépresseurs, Neuroleptiques Phénothiazines, Pipérazines (antiparasites)
Agitation CO, Alcool, Antidépresseurs, Phénothiazines, Antihistaminiques,
Syndrome extrapyramidal Neuroleptiques, Butyrophénones (Haldol®)
Convulsions Antidépresseurs tricycliques, Carbamazépine, Lithium, Théophylline
Myoclonies Lithium, Raticides (Chloralose, Crimidine)
Myosis serré Opiacés, Anticholinestérasiques
Mydriase peu réactive Antidépresseurs tricycliques, Atropine et dérivés, Antiparkinsoniens, Cocaïne
Hallucinations Atropine et dérivés, Antiparkinsoniens, Antihistaminiques, Cannabis, LSD, certains Champignons.

1-2 Reconnaitre les toxidromes :

Les toxidromes recouvrent un ensemble de symptômes qui résultent de l’action des substances toxiques. Ces symptômes représentent une association de signes cliniques, biologiques et électrocardiographiques qui orientent le clinicien vers une classe particulière de toxiques. Une substance peut provoquer un ou plusieurs toxidromes.

 Lisez notre article détaillé : Toxidromes

Les différents toxidromes sont :

  • Anti cholinergiques : tachycardie, hyperthermie, mydriase, peau chaude et sèche, rétention urinaire, iléus paralytique, délire, agitation, hallucinations, confusion (ex. Antihistaminiques, Atropine)
  • Cholinergiques muscariniques : hypersécrétion salivaire et lacrymale, crampes, vomissements, diarrhée, myosis, bronchorrhée, bradycardie, bronchoconstriction (ex. Organophosphorés)
  • Cholinergiques nicotiniques : mydriases, tachycardie, parésie (faiblesse), hypertension, hyperglycémie, fasciculations, sueurs, douleur abdominale (ex. Insecticides Carbamates)
  • Opiacés ou Opioïdes : dépression respiratoire, hypotension, myosis, somnolence ou coma, hypothermie (ex. Morphine, Codéine, Tramadol, Héroïne)
  • Sympathomimétiques ou adrénergiques : tachycardie, HTA, mydriase, agitation, convulsions, transpiration, hallucination, hyperthermie, hyperkaliémie (ex. Amphétamines MDMA ou Ecstasy, Khat)
  • Sérotoninergique : HTA, tachycardie, Agitation, clonus, nystagmus horizontal, hypertonie musculaire, tremblements, frissons, vertiges, bruxisme (grincement des dents), (ex. antidépresseurs ISRS/ISRN)
  • Sédatifs, hypnotiques : dépression respiratoire, somnolence, hypotension, bradycardie, ralentissement psychomoteur, mydriase fixe (ex. antihistaminiques, barbituriques GARDÉNAL®, benzodiazépines et apparentés)
  • Syndrome malin des neuroleptiques : Stupeur, mutisme, hyperthermie++, myoclonies, rigidité musculaire (ex. antipsychotiques typiques et atypiques, Halopéridol, Clozapine, Olanzapine, Métoclopramide, Dompéridone. Antidépresseurs tricycliques).

1.3 Syndromes toxiques cardiotropes :

Les intoxications par les médicaments cardiotropes sont très graves. Les plus fréquentes sont représentées par les médicaments à effet stabilisant de membrane, les β-bloquants, les inhibiteurs calciques et les digitaliques

L’effet stabilisant de membrane provoque une cardiotoxicité directe

Les médicaments à effet stabilisant de membrane sont des substances qui bloquent principalement les canaux sodiques rapides au niveau cellulaire (notamment cardiaque et neurologique), ralentissant la dépolarisation et la conduction.

Les signes apparaissent généralement dans les 4 à 6 premières heures suivant l’ingestion mais une surveillance de 48 heures est nécessaire.

L’ECG montre, par ordre d’apparition, un aplatissement diffus des ondes T, un allongement du QT, un élargissement des complexes QRS>0,12 sec, et des ondes P allongées.
Dans les formes sévères : élargissement des QRS et arythmies ventriculaires.
La forme grave associe les convulsions, une détresse respiratoire aiguë, une hypokaliémie, et une acidose métabolique.

Tableau II : Principales substances à effet stabilisant de membrane

Classe

DCI

Surdosage

Antiarythmique IA

Quinidine Durules®

Hypotension, troubles visuels, cinchonisme

Procainamide Pronestyl®

Hypotension, lupus-like

Disopyramide Rythmodan®

Anticholinergique, choc

Antiarythmique IC

Flécaïnide Flécaine®, Tambocor®

Choc cardiogénique fréquent

Propafénone Rythmol®

Bradycardie + choc

Antidépresseurs tricycliques

Amitriptyline Laroxyl®, Elavil®

Coma + mydriase + convulsions

Imipramine Tofranil®

Anticholinergique marqué

Clomipramine Anafranil®

Convulsions fréquentes

Antihistaminiques H1

Diphenhydramine Benadryl®

Agitation, délire

Doxylamine Donormyl®, Unisom®

Rhabdomyolyse possible

Antipsychotiques

Thioridazine Mellaril®

Sédation + hypotension

Quétiapine Seroquel®

Coma, tachycardie

Antiépileptique

Carbamazépine Tegretol®

Coma, convulsions

Bêtabloquant lipophile

Propranolol  Avlocardyl®, Inderal®

Bradycardie + convulsions

Autres

Chloroquine  Nivaquine®

Choc rapide, hypokaliémie

Cocaïne

Douleur thoracique, agitation

Traitement spécifique :
Bicarbonate de sodium IV (bolus 1–2 mEq/kg), Répéter si QRS persistant, Objectif pH 7,50–7,55

3. Principes généraux du traitement :

Le maintien des fonctions vitales est une priorité :

  • intubation et assistance respiratoire en cas de coma ou insuffisance respiratoire
  • corriger la déshydratation ou le choc hypovolémique par les solutés cristalloïdes (NaCl 0,9%)
  • traitement des troubles du rythme : Atropine en cas de bradycardie, choc électrique externe (CEE) si tachycardie mal tolérée, Dobutamine en cas d’un état de choc cardiogénique.
  • En cas de coma d’origine inconnue : glycémie capillaire ou test de sérum glucosé à 30% en IV pour éliminer l’hypoglycémie.
  • Traitement symptomatique (convulsions, vomissements, hypo ou hyperthermies,…), contention physique ou sédatifs en cas d’agitation et prévention des complications de décubitus (encombrement bronchique, escarres, ..).
  • Traitement par épuration digestive et/ou par antidote si disponible.
  • Un avis de psychiatrie est sollicité devant tous les cas des tentatives de suicides lorsque l’état du patient sera stable.

4. Moyens thérapeutiques :

Les moyens d’épurations digestives sont le lavage gastrique et le charbon végétal activé.

1. Charbon végétal activé (ou charbon de bois) :

Il inhibe l’absorption systémique de produits toxiques dans le tractus gastro-intestinal et accélère leur élimination digestive. Efficace contre la plupart des intoxications médicamenteuses s’il est administré dans les 2 heures qui suivent l’ingestion.

2. Lavage gastrique :

Doit être précoce dans l’heure suivant une intoxication potentiellement grave, notamment par des toxiques non adsorbées par le charbon activé ou ne pouvant être neutralisés en premier lieu par un antidote.

 Lisez notre article détaillé : Moyens d’épuration des toxiques

3. Antidotes :

Administrer un antidote lorsqu’il est disponible en prenant compte de ses effets indésirables et de ses contre-indications.
Un antidote par voie orale sera inefficace s’il est prescrit avec le charbon (voir annexe I liste des antidotes).

Liste des antidotes, indications et doses dans cet article en PDF (lien en dessous)

4. Diurèse alcaline :

L’alcalinisation des urines (perfusion d’une solution de bicarbonate de sodium sans dépasser le PH de 7,55) est indiquée dans les intoxications sévères par salicylés, phénobarbital et les herbicides dichlorophénoxy. Effet indésirable : risque d’œdème pulmonaire et/ou cérébral.

5. Hémodialyse :

Indiquée dans les intoxications graves par méthanol, éthylène glycol, barbituriques d’action prolongée, salicylés (>3,6–5,8 mmol/l) et lithium (>2–4 mmol/l). Correction simultanée d’une dysfonction rénale ou d’un déséquilibre acido-basique.

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Les envenimations ophidiennes constituent un problème de santé publique dans des nombreux pays d’Afrique, d’Asie et de l’Amérique. C’est une urgence médicale nécessitant une prise en charge hospitalière même en absence de signes cliniques.

Le traitement des envenimations vipérines graves repose sur l’immunothérapie spécifique mais très peu de pays ont les moyens de produire des venins de qualité suffisante pour la fabrication des sérums.
L’OMS a officiellement inscrit en juin 2017 l’envenimement dans la liste des maladies tropicales négligées prioritaires. Elle a mis en ligne une base de données pour identifier les espèces de serpents par région ou pays et rechercher le sérum correspondant (lien en bas de cet article).

ÉPIDÉMIOLOGIE :

La fréquence des morsures de serpent est très sous-estimée et les études épidémiologiques manquent.
Selon l’OMS, on estime que 1,8 million à 2,7 millions de personnes sont mordues chaque année par des serpents venimeux, et entre 81.000 et 138.000 personnes en décèdent chaque année. Pour chaque personne qui décède suite à une morsure de serpent, on estime que 4 ou 5 personnes supplémentaires gardent des incapacités telles que la cécité, la mobilité restreinte ou l’amputation, et/ou le stress post-traumatique.

D’après les statistiques du centre antipoison du Maroc (5) l’incidence était de 0,2 pour 100.000 habitants par an, la létalité globale était de 7,2% et de 13,18% chez les enfants. Ces envenimations touchent souvent la population rurale, à la campagne ou en forêt, pendant la saison chaude (printemps, été). La majorité des morsures surviennent aux membres inferieurs.

En Tunisie, l’incidence ainsi que la morbidité des envenimations ophidiennes viennent en deuxième rang après celles des scorpions. Durant les années 1993-2007, les morsures de serpents déclarées étaient au nombre de 250 cas annuellement à l’origine de 2 décès par an (11).
La mortalité est liée aux difficultés d’accès aux centres de soins, au recours à la médecine traditionnelle, au manque de formation du personnel soignant et surtout à la pénurie des sérums antivenimeux.

PHYSIOPATHOLOGIE :

Les serpents (ou ophidiens) sont des reptiles répandus partout dans le monde mais seuls ayant des crochets et de glandes à venin sont dangereux. On compte approximativement 600 espèces de serpents venimeux et environ 50 à 70% de leurs morsures provoquent une envenimation par l’intermédiaire de leurs toxines et/ou leurs enzymes.

Deux familles sont dangereuses pour l’homme, le mécanisme d’action est différent :

  1. les Élapidae (Cobras ou Naja) : sont les plus dangereux et qui entrainent des paralysies des muscles striés et une paralysie respiratoire en quelques heures. Ils agissent avec des neurotoxines qui bloquent la transmission neuromusculaire par leur action sur l’acétylcholine au niveau des synapses.
  2. les Viperidae (vipère à cornes en Afrique et en Asie, serpent corail en Amérique, Elapidae marins en Australie et l’océan pacifique,..) sont responsables du syndrome vipérin : un syndrome inflammatoire clinique (douleur, œdème) et biologique (hyperleucocytose, protéinurie), parfois accompagné d’une hypotension ou d’un état de choc et d’un syndrome hémorragique.

Serpent viperidé (vipère à corne) de l'Afrique du nord

 

Serpent Cobra Naja de l'Afrique du nord

Les venins des vipéridés et crotalidés sont une mixture d’enzymes nécrosantes, procoagulantes, anticoagulantes et fibrinolytiques qui ont sur la coagulation une action complexe, multifactorielle et variable d’une espèce à l’autre. Les troubles de coagulation provoquent des hémorragies, une CIVD et des thromboses.

  • Syndrome hémotoxique : coagulopathies, hémorragies, thrombocytopénie, venoms-induced consumption coagulopathy (VICC).
  • Syndrome cytotoxique : nécrose locale, œdème et syndrome de compartiment.
  • Syndrome neurotoxique : paralysie flasque, atteinte neuromusculaire.
  • Syndrome cardiotoxique et rénal : hypotension, insuffisance rénale aiguë.

TABLEAUX CLINIQUES :

Les manifestations cliniques sont variables selon l’espèce. Dans tous les cas la douleur est constante. On recherche les traces de morsure : deux plaies ponctiformes séparées de 1 cm, entourées d’œdème et d’ecchymose. En absence de venin l’évolution est favorable. Dans le cas contraire, les signes cliniques apparaissent dans les heures qui suivent.

1) Syndrome cobraique ou neurotoxique (Élapidés) :

  • Syndrome muscarinique : vomissements, hypersudation, sialorrhée, diarrhée, myosis
  • Signes neurologiques : Paresthésies du membre mordu. Ptose palpébrale bilatérale pathognomonique,
  • Atteinte des paires crâniennes : troubles de la déglutition, dysphonie, rictus (paralysie de la bouche), dysphagie,
    Dyspnée puis détresse respiratoire par paralysie du diaphragme et des muscles respiratoires

2) Syndrome inflammatoire et hémorragique (Viperidés) :

  • Syndrome inflammatoire : œdème local qui peut s’étendre progressivement à tout le membre et au tronc, on peut observer des phlyctènes plus ou moins importants.
  • Syndrome hémorragique : saignement avec ecchymoses étendues, hématomes et risque d’hémorragie (épistaxis, gingivorragies, hémorragies digestives, obstétricales, rétiniennes, péritonéale, méningée) voire une anémie aigue.
  • Les conséquences sont des syndromes de loges, des thromboses, des ischémies et des nécroses cutanées localisées ou la gangrène d’un membre.

 

 
Ptose et grimace Œdème du membre, nécrose cutanée et phlyctènes

CONDUITE À TENIR DEVANT UNE MORSURE DE SERPENT :

1) Traitement symptomatique :

- Le patient doit rester couché, au repos et être réconforté : toute activité motrice est susceptible de favoriser la diffusion du venin.
- Désinfection de la plaie, détersion, prévention du tétanos.
- Ne pas faire des scarifications ni de garrot ni d’aspiration. La pompe à venin (ASPIVENIN®, VENIMEX®) n’a jamais prouvé son efficacité.
- Toute morsure doit être traitée en urgence, une surveillance hospitalière de 24 heures au moins est nécessaire même en absence de signes cliniques.
- Bilan biologique : Numération érythrocytaire et plaquettaire (NFS), taux de prothrombine (TP) ou INR, temps de céphaline activée (TCA), dosage du fibrinogène, bilan rénal, CPK, d-dimères et groupage sanguin.
- Traitement de la douleur : le Paracétamol est le médicament de choix, si douleur importante : morphiniques (Codéine, Tramadol, Chlorhydrate de Morphine) avec prudence à cause du risque de dépression respiratoire. Éviter l’Aspirine à cause de son action anti-agrégante plaquettaire.
- L’œdème est traité par les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Les corticoïdes ne sont pas indiqués.
- Les antibiotiques ne sont pas utiles sauf si signes avérés d’infection.

2) Traitement des formes graves en réanimation :

- En cas d’hémorragies : traitements substitutifs (transfusion, plasma frais congelé, etc.) ne doivent être administrés que 30 minutes après le sérum antivenin.
- Les troubles neurotoxiques pourront être traités par de l’Atropine au stade du syndrome muscarinique en association avec Néostigmine (parasympathomimétique indirect, inhibiteur des cholinestérases) pour le syndrome cobraique (grades 3 et 4 des troubles neurologiques).
- Intubation et assistance respiratoire dans les détresses respiratoires
- Traitement chirurgical des nécroses cutanées, syndrome de loges et gangrènes après stabilisation des signes vitaux.

3) Traitement spécifique : sérum antivenin (SAV) :

Les immunoglobulines de sérum antivenimeux de serpent sont le seul traitement spécifique contre les morsures de serpent. Ils peuvent prévenir ou inverser la plupart des effets d'envenimation provoqués par les morsures de serpents et jouent un rôle crucial dans la réduction de la mortalité et de la morbidité. Ces médicaments sont inscrits sur la liste des médicaments essentiels de l'OMS.

Il s’agit de fragments F(ab’)2 d’immunoglobulines équines purifiés antivenimeuses polyvalentes (dirigés contre les venins d’espèces les plus fréquemment rencontrées dans la zone concernée, on peut citer (selon l'OMS):

Anti-viperin® Institut Pasteur d'Algérie
Favirept® Sanofi-Pasteur France
Gamma-Vip® Institut Pasteur de Tunis
Polyvalent Anti-viper Venom® VACSERA Égypte
FAV-Afrique® Sanofi-Pasteur France

L’antivenin est administré une ampoule quelque soit l’âge, en intraveineuse lente ou en perfusion de une heure, Il est dilué au 1/10è dans les cristalloïdes (NaCl 0,9%).

Effets indésirables immédiats : choc anaphylactique à traiter par l’adrénaline, remplissage par les cristalloïdes et injection de corticoïdes.

Effets indésirables tardifs : maladie sérique (fièvre, arthralgies, myalgies, urticaire, adénopathies) à traiter par un antihistaminique ou corticoïde dans les formes graves.

Tableau : Évaluation de la gravité des envenimations ophidiennes par gradation des principaux syndromes [d’après CHIPPAUX J-P (3)]

Grade 0   - Absence d’envenimation (morsure sèche)
- Douleur minime, Trace de crochets, Gonflement local, Ecchymose circonscrite
  • Désinfecter la plaie, VAT
  • Surveillance 6H
  • Antivenin = non 
 Grade 1
  •  Douleur intense, Œdème localisé ne dépassant pas l’articulation adjacente
  • Saignement local persistant plus d’une heure
  • Anesthésie locale, Fourmillements, picotements du membre mordu, fasciculations muscles peauciers du membre mordu
  • Signes biologiques d’hémostase = normaux
  • idem Grade 0
  • Antivenin = 1 ampoule*
  • Hospitalisation et surveillance
  • Traitement symptomatique
 Grade 2
  •  Œdème progressif ne dépassant pas 2 articulations contigües
  • Saignement
  • Syndrome muscarinique (vomissements + hypersudation + sialorrhée + diarrhée + myosis)
  • Signes biologiques d’hémostase = perturbés
  • Antivenin = 2 ampoules*
  • Hospitalisation et surveillance
  • Traitement symptomatique
 Grade 3
  •  Œdème extensif ne de passant pas la racine du membre
  • Ecchymose étendue, Hématomes distants, Purpura, Phlyctènes distantes
  • Syndrome cobraique : Acouphènes, phosphènes (troubles de la vision), dysgueusie (altération du goût), Ptose palpébrale bilatérale, Rictus (paralysie de la bouche), Dysphagie, Dyspnée
  • Anémie et troubles de l’hémostase
  • Antivenin = 2 ampoules*
  • Hospitalisation et surveillance
  • Traitement symptomatique
 Grade 4
  •  Œdème dépassant la racine du membre (anasarque)
  • Hémorragie interne (péritonéale, méningée), Anémie aigue
  • Paralysie motrice flasque, Communication impossible
  • Détresse respiratoire
  • Troubles de l’hémostase
  • Réanimation  en soins intensifs
  • Antivenin = 2 ampoules* 

 (*) La posologie de l’antivenin est directement liée à l’évaluation de la gravité de l’envenimation :
- Persistance ou apparition de saignements, renouveler le traitement antivenimeux : une ampoule à la deuxième puis à la sixième heure (H2, H6).
- Persistance ou apparition des signes neurologiques, renouveler le traitement antivenimeux : 4 ampoules

En bas, Algorithme proposé par la Société Africaine de Venimologie :

 Lisez notre article en rapport : Envenimations ophidiennes graves, CAT

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :

Base de données OMS : espèces de serpents et sérum disponible par pays et par région

1. RESIERE D. et col. : Les morsures de serpent par Bothrops lanceolatus en Martinique. Médecine et Santé Tropicales 2018; 28 : 37-43
2. PIERRE AUBRY, BERNARD-ALEX GAÜZÈRE : Envenimations par les animaux terrestres, actualités 2018. Site de Médecine tropicale (PDF) 
3. CHIPPAUX J-P : Prise en charge des morsures de serpent en Afrique subsaharienne. Médecine et Santé Tropicales 2015; 25 : 245-248
4. C. CAENS-DAUDIN, M. GUERBET : Le point sur le traitement des morsures de vipères. Lyon Pharmaceutique 2001, 52, 182-188
5. CENTRE ANTI POISON DU MAROC : Envenimations ophidiennes au Maroc. Bulletin Toxicologie Maroc - N° 9 - 2ème trimestre 2011 – 3
6. CHTARA K. et col. : Une complication rare de l'envenimation vipérine, la défaillance cardiaque, à propos d'un cas. Médecine et Santé Tropicales 2017; 27 : 52-55
7. ISSAM SERGHINI et col. : Envenimation vipérine grave, conduite à tenir. Le Praticien en anesthésie réanimation (2016), Elsevier doi 10.1016/j.pratan.2016.07.006
8. H. CHABLI et col. : Épidémiologie des envenimations vipérines en réanimation pédiatrique à l’hôpital d’enfants de Marrakech (Maroc). Archives de Pédiatrie 2014; 21:1293-1298
9. J.-P. BELLEFLEUR, P. LE DANTEC : Prise en charge hospitalière des morsures de serpent en Afrique. Bull Soc Pathol Exot, 2005, 98, 4, 273-276
10. G. MION et col. : Action des venins sur la coagulation sanguine: diagnostic des syndromes hémorragiques. Bull Soc Pathol Exot, 2002, 95, 3, 132-138

11. HAMOUDA C. et col.: Envenimations par les serpents en Tunisie, TAWAREK 2009, No 4, 33-40

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Les cyanures sont des substances chimiques intégrant un atome de carbone (C) lié par une triple liaison à un atome d'azote (N). L’ion CN-, en se libérant, est responsable de l’intoxication.

L’absorption digestive est rapide, une quantité de cyanure entre 0,5 et 3,5 mg/kg de poids corporel peut être létale. Sous forme de gaz, l’inhalation par voie pulmonaire est toxique dès 0,3 mg/litre.

Une exposition massive entraîne la mort en dix minutes dans un tableau de coma souvent convulsif, hypoxie, collapsus cardiovasculaire, bradycardie puis arrêt cardiaque. Les formes légères sont heureusement les plus fréquentes en pratique quotidienne.

Les cyanures entrainent une asphyxie aigue. À l'intérieur de la cellule, l’ion CN⁻ se lie, avec une affinité élevée, au fer ferrique (Fe3+) appartenant au cytochrome mitochondrial (cytochrome oxydase). L'oxygène ne pouvant plus se fixer ceci entraine le blocage de la respiratoire cellulaire.  Il apparaît une diminution de la synthèse d'ATP. Le métabolisme cellulaire fonctionne alors en anaérobie, entrainant une augmentation des lactates et une acidose métabolique.

I. HISTORIQUE :

La découverte des poisons à base de cyanures remonte à l’antiquité au temps des pharaons et des romains. Différentes plantes étaient utilisées pour extraire cette substance dont le laurier-cerise. L’histoire révèle plusieurs cas d’empoisonnement des rois et personnalités politiques célèbres.

Sous forme de gaz, poudre ou liquide, le cyanure était employé comme arme chimique pendant les guerres napoléoniennes, la première puis la deuxième guerre mondiale et même dans les attentats terroristes contemporaines. Il a été utilisé comme moyen d’autolyse ou criminel dans plusieurs pays. Aux États-Unis, les cyanures étaient employés dans les chambres à gaz pour les condamnés à mort avant d’être remplacés par d’autres moyens. D'après le rapport de l'Association Toxicologie-Chimie de Paris, en 2020, le gaz lacrymogène utilisé par les forces de l'ordre lors des manifestations contient du cyanure et peut provoquer des intoxications par voie respiratoire et cutanée.

Les études pharmacologiques et physiopathologiques sur les cyanures débutèrent au IXe siècle. En 1815, Joseph Louis Gay-Lussac établit sa formule et donna au radical CN le nom de cyano (bleu).
Ces produits chimiques sont couramment utilisés actuellement dans l’industrie.

II. LES COMPOSÉS CYANURÉS :

On distingue différentes formes chimiques : gaz, poudre, liquide.

  • Acide cyanhydrique : formule chimique H-C≡N, liquide incolore, volatil, soluble dans l'alcool et dans l'eau, avec une odeur caractéristique d'amande amère (50% de la population ne peuvent pas sentir cette odeur). Le HCN brûle dans l’air en donnant du dioxyde de carbone et de l’azote.
  • Cyanogène : formule chimique CN est un gaz incolore, à odeur très forte. Par combinaison avec l'hydrogène et les métaux, le cyanogène permet d'obtenir de l'acide cyanhydrique et autres cyanures.
  • Sels élémentaires de l'acide cyanhydrique : cyanures de sodium, de potassium, de calcium ou d’ammonium.
  • Glycosides cyanogènes d’origine végétale : amygdaline, linamarine, prunasine.

III. CIRCONSTANCES D’INTOXICATION :

1. FUMÉES D’INCENDIE :

L'inhalation des fumées d'incendie constitue la première cause d'intoxication par les cyanures. Cette toxicité n’est connue par les médecins que depuis 1980. On estime que 80 % des décès suite à des incendies dans les espaces clos sont secondaires à une intoxication par le CO et/ou les fumées et non pas par le feu lui même.

Les gaz toxiques dégagés lors des incendies sont très nombreux :

- Les cyanures, l’hydrogène sulfuré (H2S) et l'oxyde de carbone (CO) provoquent une asphyxie,

- les gaz irritants comme le chlore et ses dérivés, les aldéhydes et les dérivés de l’azote provoquent une lésion des muqueuses et des voies respiratoires.

L’acide cyanhydrique fait partie d'un mélange complexe de substances issues de la pyrolyse et de la combustion des matières synthétiques et naturelles présentes dans les environnements domestiques. Les matières plastiques, la laine, la soie, les mousses de polyuréthane et toutes les substances contenant de l'azote dégagent du cyanure à haute température.

L’inhalation de fumée d’incendie provoque une atteinte systémique anoxique, neurologique et cardiaque. Elle doit être toujours suspectée chez les victimes, les signes à rechercher sont :

  • La présence de suie dans les narines, la toux avec crachats noirâtres sont des signes très évocateurs d’inhalation de cyanures,
  • irritation des yeux : rougeur conjonctivale et larmoiement,
  • signes neurologiques : céphalée, agitation, confusion, convulsions, coma,
  • signes cardiorespiratoires : dyspnée, hypotension artérielle et à l’extrême un arrêt cardiaque,
  • la cyanose n’est pas proportionnelle au degré d’anoxie car le degré de saturation en oxygène du sang veineux se rapproche de celui du sang artériel,
  • signes biologiques : augmentation des lactates dans le sang > 10 mmol/l, acidose métabolique. Le dosage sanguin du cyanure est possible mais peu utile en pratique en raison des délais pour obtenir le résultat. Il peut être utile pour confirmer le diagnostic une fois le traitement administré ou lors d'une expertise médicolégale.

- l’inhalation de HCN peut être associée à l’intoxication par l‘oxyde de carbone (CO) qui sera détecté par le dosage de la carboxyhémoglobine (HbCO).
- l’oxymètre de pouls n’est pas fiable dans ces conditions pour détecter la saturation en oxygène.

- La prévention s’impose pour les pompiers : ne pas se mettre contre le vent, port d’équipements de protection, gants, masques à gaz et bouteilles d’oxygène. Dégagement rapide des victimes hors les espaces clos.

2. INTOXICATIONS VÉGETALES :

L’AMYGDALINE (ou amygdaloside)

C'est un composé aromatique, de formule C20H27N1O11, appartenant à la classe des hétérosides cyanogènes. Il est métabolisé dans l’organisme par l’enzyme ß-glucosidase en cyanure, glucose et benzaldéhyde. La prise orale de 500 mg d’amygdaline correspond à 30 mg de cyanure.

L’amygdaline se retrouve dans les fruits mais aussi dans les graines de plusieurs plantes :

- Les noyaux d'abricots et les amandes amères sèches utilisées couramment dans la confiserie pour donner un goût spécial très apprécié. Certains enfants écrasent les noyaux d’abricot pour fabriquer une sorte de sirop et, par ignorance de son toxicité, ils s’exposent à un risque mortel.

Six à dix amandes amères pourraient occasionner une intoxication grave alors que les amandes douces ne sont pas toxiques du fait d'une teneur faible en cyanures.

- Noyaux de pêches, cerises, prunes, pépins de pommes, noix de cajou, bourgeons et écorces de divers sorbiers. Les jus de fruits contiennent une quantité plus au moins importante de cyanures.

 - Le manioc (ou tapioca) est une plante alimentaire consommée en Amérique du sud et dans certains pays africains. Vendu dans les grandes surfaces sous forme d'amidon sans gluten.

Le manioc non cuit est toxique,

il contient du LINAMARINE qui se métabolise dans l'organisme en cyanure. . C’est la cause des neuropathies nutritionnelles décrites au Nigeria et aux pays avoisinants..

- Le laurier-cerise est une espèce de plantes de la famille des Rosacées. C'est un arbuste fréquemment planté en haies, appréciant les climats doux (côtes méditerranéennes et atlantiques notamment). Les feuilles et les graines non consommables par l'homme sont toxiques pour les animaux.

- Plusieurs cas d’intoxications accidentelles par les plantes ont été publiés (USA, Turquie) dont certains sont mortels, les enfants sont particulièrement plus exposés.
- Le diagnostic peut être difficile en absence d’anamnèse précise et de contexte évocateur. Les signes d’intoxications par l’amygdaline sont celles des cyanures (cf. paragraphe III-1).

AMYGDALINE EN MÉDECINE ARTISANALE :

Les compléments alimentaires ou les préparations de médecine alternative peuvent présenter un potentiel non négligeable d’intoxication et d’effets indésirables.
On trouve sur internet les recommandations de consommer dix amandes d’abricots ou amandes amères par jour pour prévenir la survenue d’un cancer, et de 60 amandes pour les personnes atteintes.

Les charlatans font la publicité du « vitamine B17 » comme traitement des cancers. C'est du fake news, cette vitamine n’existe pas et aucune étude scientifique n’a montré l’efficacité des amandes amères contre les cellules malignes.

3. MÉDICAMENTS CONTENANTS DU CYANURE :

Le NITROPRUSSIATE DE SODIUM (Nipride®) :

C'est un médicament vasodilatateur mixte indiqué dans la crise hypertensive réfractaire aux autres mesures thérapeutiques habituelles. Il permet d'abaisser rapidement la pression artérielle.

Le problème majeur de ce médicament est sa toxicité. En cas d’insuffisance rénale ou hépatique, d’utilisation prolongée (> 48-72 heures) ou vitesse de perfusion > 3 mcg/kg/min : risque d’accumulation de métabolites toxiques (thiocyanate ou cyanure) qui pourrait se manifester par fatigue, vision brouillée, confusion, absence de réflexes, pupilles dilatées, tintement d’oreilles, haleine avec odeur d’amandes.

4. INTOXICATIONS PROFESSIONNELLES :

L’acide cyanhydrique est principalement utilisé dans l’industrie minière et chimique pour la fabrication de produits tels que le chlorure cyanurique, les cyanures, les ferrocyanures, etc. Il est également utilisé en agriculture en tant qu’insecticide et rodenticide, généralement par fumigation.

Les intoxications professionnelles peuvent être aigues ou chroniques. L’exposition peut provoquer des vertiges, céphalées, brûlures, eczéma de contact, douleur abdominale, nausées, troubles sensoriels de l’odorat et du goût, conjonctivites, etc. L'exposition chronique peut causer des neuropathies et des goitres thyroidiens. 

III. MESURES THÉRAPEUTIQUES :

1) LES PREMIERS GESTES D’URGENCE SONT :

  • L’extraction des victimes hors de la zone de danger, la protection cutanéo-muqueuse et respiratoire des intervenants est indispensable,
  • La décontamination d’urgence : déshabillage, lavage à l’eau.
  • Oxygénothérapie normobare précoce avec une FiO2 à 1. Éviter la respiration artificielle bouche à bouche, car il y a risque de s'intoxiquer avec l'air expiré. Utiliser un tube avec valve à sens unique ou un AMBU.
  • Transport médicalisé vers le service d’urgence le plus proche.

 2) À L’HÔPITAL :

  • Traitement de la détresse respiratoire, de l’hypotension artérielle et des convulsions. Les moyens sont adaptés à l’état clinique : remplissage, catécholamines, ventilation au masque ou intubation, benzodiazépines en cas de convulsions, bicarbonate de sodium en cas d’acidose métabolique.
  • Antidotes précoces dès suspicion de l’intoxication.

 3) LES KITS D’ANTIDOTES :

Différents antidotes proposés :

- L'association appelée kit d'antidotes cyanures : successivement Nitrite d’amyle + Nitrite de soude + Thiosulfate de soude OU Nitrite d’amyle + 4-DMAP + Thiosulfate de soude. Ces méthodes ne sont plus recommandées actuellement.

L’Hydroxocobalamine seul est le traitement de choix.

  • NITRITE D’AMYLE : 0,3 ml pour inhalation avec mouchoir imbibé pendant 30 secondes, effet immédiat mais transitoire, il sera suivi par les autres antidotes.
  • NITRITE DE SODIUM : administrer 300 mg (10 ml d’une solution 3 %) en I.V. avec un débit de 2,5 à 5 ml/minute, pour les enfants 6 à 8 ml/m2 (environ 0,2 ml/kg de poids corporel maximum 10 ml).
  • THIOSULFATE DE SODIUM : injecter 12,5 g (50 ml d’une solution à 25 %) en IV lente pendant 10 à 20 min, pour un adulte. La posologie pour les enfants est de 0,4 g/kg (maximum 12,5 g).

 - HYDROXOCOBALAMINE ou vitamine B12 (Cyanokit®) Flacon 5 g injectable : c’est l’antidote le plus utilisé. Il est efficace mais son seul inconvénient est la possibilité d’allergie aux sulfites. La dose initiale chez l’adulte est 5 g d’hydroxocobalamine dans 200 ml de serum physiologique par voie intraveineuse en 25 à 30 minutes (70 mg/kg chez l’enfant). La dose peut être répétée une ou deux fois selon la gravité de l’état clinique du patient.

Chaque molécule d'hydroxocobalamine est capable de fixer le cobalt à l'ion cyanure en formant la cyanocobalamine inoffensif qui sera éliminée par les urines et donne une coloration rouge.

INCENDIE EN MILIEU CLOS  
 Suie dans les voies aériennes, dysphonie, hyperhémie conjonctivale   Pas de suie, pas de troubles neurologiques ni hémodynamiques  
 Troubles neurologiques ou hémodynamiques Absence de troubles neurologiques et hémodynamiques  
 Traitement symptomatique +  Cyanokit®  Traitement symptomatique + surveillance    Traitement symptomatique

 BIBLIOGRAPHIE :

  • EUROPEAN FOOD SAFETY AUTHORITY : Acute health risks related to the presence of cyanogenic glycosides in raw apricot kernels and products derived from raw apricot kernel. EFSA Journal 2016;14(4) :4424
  • M. BISSON et al. : Cyanures et dérivés, fiche de données toxicologiques et environnementales des substances chimiques, INERIS, 2011.
  • CH. RAUBER et al. : Intoxications aux cyanures. Version mars 2019, Tox info suisse
  • RESECH FRIDERIKE et al. : Intoxication aiguë au cyanure par l’amygdaline. Forum Med Suisse, 2022;22(0304):75-77
  • ISLAMIYAT F. et al. : Amygdalin content of seeds, kernels and food products commercially-available in the UK. Food Chemistry 152 (2014) 133–139
  • CENTRE ANTIPOISONS BELGE : Cyanures. (centreantipoisons.fr)
  • FRÉDÉRIC LAPOSTOLLE, YVES LAMBERT : Intoxication par les fumées d'incendie. Médecine de Catastrophe - Urgences Collectives 2020;4(2):133–137
  • CHRISTOPHE GREMION et al. : Triage et prise en charge initiale des victimes d’inhalation de fumées d’incendie. Rev Med Suisse 2005; 1 : 1905-9
  • MORGANE FLAHAUT : Le cyanure dans l’histoire et intoxications actuelles. Thèse université de Bordeaux 2. Médecine humaine et pathologie, 2015, dumas-01237734.

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Définition des amphétamines :

Les amphétamines (alpha-méthyle-phénéthylamine) constituent une famille de plusieurs substances chimiques à effet comparable. L’action principale est due à une amine psychostimulante, sympathicomimétique et sérotoninergique.