
Pharmacologie
L’isoprénaline (ou isoproterenol) est une catécholamine synthétique agissant comme agoniste bêta-adrénergique non sélectif. Son activité concerne principalement les récepteurs β1 cardiaques et β2 vasculaires et bronchiques. Elle possède très peu d’activité alpha-adrénergique.
Son action sur les récepteurs β1 entraîne une augmentation de la fréquence cardiaque, de la conduction auriculo-ventriculaire et de la contractilité myocardique. La stimulation β2 provoque une vasodilatation périphérique et une bronchodilatation.
Sur le plan hémodynamique, l’isoprénaline augmente le débit cardiaque mais peut diminuer les résistances vasculaires systémiques, exposant à une hypotension artérielle malgré l’accélération de la fréquence cardiaque.
Indications en médecine d’urgence
L’isoprénaline est principalement utilisée dans les bradycardies sévères symptomatiques, notamment lorsqu’elles résistent à l’atropine ou dans l’attente d’une stimulation électrique cardiaque.
Elle peut être utilisée dans :
- les blocs auriculo-ventriculaires BAV de haut degré ;
- les dysfonctions sinusales sévères ;
- certaines situations de choc avec bradycardie ;
- les torsades de pointes favorisées par une bradycardie lorsque le pacing (stimulation cardiaque) n’est pas immédiatement disponible.
Son utilisation actuelle est surtout celle d’un traitement transitoire avant stimulation transcutanée ou transveineuse.
Contre-indications et précautions
L’isoprénaline est contre-indiquée ou fortement déconseillée en présence de tachyarythmie, de fibrillation atriale rapide, de tachycardie ventriculaire, de fibrillation ventriculaire ou d’ischémie myocardique active.
Une prudence particulière est nécessaire chez les patients coronariens, âgés, hyperthyroïdiens ou présentant une hypokaliémie.
Effets indésirables
Les principaux effets indésirables sont :
- tachycardie sinusale importante ;
- troubles du rythme supraventriculaires ou ventriculaires ;
- majoration d’une ischémie myocardique ;
- hypotension liée à la vasodilatation périphérique ;
- tremblements ;
- céphalées ;
- hypokaliémie ;
- hyperglycémie.
Modalités pratiques de perfusion
Dilution adulte
Une ampoule de 1 ml contient 0,2 mg de principe actif. La préparation la plus utilisée consiste à diluer 1 mg d’isoprénaline dans 50 mL de sérum glucosé à 5 %, donnant une concentration finale de 20 microgrammes par millilitre.
- La perfusion est administrée au pousse-seringue électrique sous surveillance électrocardiographique continue.
- La posologie initiale habituelle chez l’adulte est comprise entre 1 et 5 microgrammes par minute, avec adaptation progressive selon la fréquence cardiaque, la pression artérielle et la tolérance clinique.
- Il est recommandé de protéger le produit de la lumière lors de l'administration (utilisation de tubulures/seringues opaques).
Tableau pratique adulte
| Dose administrée | Débit au pousse-seringue |
| 1 µg/min | 3 mL/h |
| 2 µg/min | 6 mL/h |
| 5 µg/min | 15 mL/h |
| 10 µg/min | 30 mL/h |
| 20 µg/min | 60 mL/h |
Les doses supérieures à 20 microgrammes par minute relèvent généralement de la réanimation spécialisée.
Dilution pédiatrique
Chez l’enfant, une dilution fréquemment utilisée consiste à préparer 0,1 mg/kg dans 50 mL de sérum glucosé à 5%.
Cette préparation permet une adaptation fine des débits au pousse-seringue électrique.
La posologie usuelle est comprise entre 0,01 et 0,1 µg/kg/min, avec titration progressive selon la réponse clinique et hémodynamique.
Tableau pratique pédiatrique
| Posologie | Débit au pousse-seringue |
| 0,01 µg/kg/min | 0,3 mL/h |
| 0,02 µg/kg/min | 0,6 mL/h |
| 0,05 µg/kg/min | 1,5 mL/h |
| 0,1 µg/kg/min | 3 mL/h |
Surveillance
Toute administration d’isoprénaline nécessite :
- une surveillance ECG continue ;
- une surveillance rapprochée de la pression artérielle ;
- une surveillance de la fréquence cardiaque ;
- une surveillance de la kaliémie lors des perfusions prolongées ;
- la disponibilité immédiate d’un dispositif de stimulation cardiaque.
Prescription type adulte
Isoprénaline 1 mg diluée dans 50 mL de glucose 5 % au pousse-seringue électrique.
Débuter à 2 µg/min, soit 6 mL/h, puis adapter progressivement selon la fréquence cardiaque, la pression artérielle et la tolérance clinique.
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