Recommandations sur la gestion de l’anticoagulation dans un contexte d’urgence

Guidelines on the Management of Anticoagulant in Emergency Setting

RECOMMANDATIONS FORMALISEES D’EXPERTS 2024

  • - Société Française de Médecine d’Urgence, SFMU
  • - Société Française d’Anesthésie-Réanimation et médecine péri-opératoire SFAR
  • - Groupe d’intérêt en Hémostase Péri-opératoire
  • - Société Française de Thrombose et d'Hémostase

Les recommandations sont structurées autour de 5 grands champs cliniques principaux :

1. Rôle de la biologie dans la détermination du statut anticoagulant

Objectif :

  • Définir les examens biologiques pertinents pour identifier et quantifier l’effet anticoagulant (ex : dosages spécifiques des anticoagulants directs, tests de coagulation orientés).
  • Orienter la décision clinique avant une procédure ou en cas d’hémorragie.

2. Gestion d’une hémorragie sous anticoagulant

Points clés :

  • Classification du type et de la gravité des saignements (mineurs, modérés, sévères).
  • Recommandations sur l’utilisation des antidotes spécifiques ou agents de réversion selon le type d’anticoagulant (ex : idarucizumab pour dabigatran), lorsque disponibles.
  • Choix des mesures hémostatiques complémentaires (transfusion, agents procoagulants) en contexte critique.

3. Gestion des surdosages asymptomatiques

Objectif :

  • Reconnaître et évaluer un surdosage sans saignement manifeste.
  • Déterminer si une action corrective est nécessaire, en fonction du risque hémorragique et du type d’anticoagulant.
  • Recommandations spécifiques selon les agents impliqués (AVK, AOD, héparines), notamment lorsque les niveaux plasmatiques sont élevés sans symptôme.

4. Gestion des procédures invasives non programmées

Points principaux :

  • Pour un patient anticoagulé nécessitant un geste non planifié (ex : chirurgie d’urgence), fournir un algorithme décisionnel qui intègre :
    • Type d’anticoagulant en cours
    • Mesure des niveaux d’anticoagulation si adaptée
    • Décision d’arrêt ou non du traitement
    • Possibilité de réversion si risque hémorragique élevé
  • Exemples concrets :
    • Chez un patient sous anticoagulant oral direct nécessitant un geste invasif, il est généralement probablement non recommandé de systématiquement doser ou réverser l’anticoagulant pour des procédures à faible risque hémorragique.
    • Si le geste présente un risque hémorragique élevé (ex : neurochirurgie, neuraxial), la mesure des niveaux d’anticoagulation (par exemple concentration d’AOD) est suggérée avec des seuils de sécurité définis pour guider la restauration d’une hémostase adéquate.

5. Thrombolyse en cas d’accident vasculaire cérébral ischémique

Recommandations spécifiques :

  • Chez les patients anticoagulés présentant un AVC ischémique aigu, déterminer les conditions dans lesquelles une thrombolyse reste appropriée ou doit être différée, en fonction du type d’anticoagulant, des niveaux d’anticoagulation et des risques hémorragiques.
  • Conseils pour ajuster la stratégie thérapeutique selon la situation clinique urgente et les données biologiques disponibles.

Ressources additionnelles

Le document est accompagné d’un algorithme visuel synthétique facilitant la prise de décision clinique dans les différents contextes urgents

Téléchargez ces recommandations : site SFAR

Algorithme RFE anticoagulation dans un contexte d’urgence : fichier PDF

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