
Deux pathologies fréquentes en ORL seront exposées dans cet article.
1. VERTIGES :
Le vertige est un dysfonctionnement du système vestibulaire dont l’origine peut être périphérique ou centrale.
Sensation erronée de déplacement du corps par rapport à l'espace environnant, ou de l'espace par rapport au corps, le vertige se déclenche uniquement lors des changements de position de la tête, d’intensité variable, sa durée est brève et peut s’accompagner de nausées et vomissements. L’interrogatoire et l’examen clinique bien conduit permettent de distinguer le Vertige Positionnel Paroxystique Bénin (VPPB), très fréquent, d’un vertige lié à une atteinte périphérique (maladie de Ménière, névrite vestibulaire…) ou centrale (accident vasculaire cérébelleux…) qui nécessitent un avis spécialisé en urgence.
- La présence d’un signe neurologique est en faveur d’une cause centrale.
- Un nystagmus spontané (mouvements saccadés des yeux en suivant un doigt de gauche à droite, inhibés par fixation visuelle) suggère une atteinte vestibulaire, tandis qu’un nystagmus central (mouvements saccadés non inhibés par fixation visuelle) évoque une atteinte centrale.
| Pathologie | Durée / Début | Signes auditifs | Éléments clés |
| VPPB | Brutal, secondes | ❌ Non | Déclenché par position, bref, fatigable |
| Maladie de Ménière | Minutes à heures, récidivant | ✅ Oui (hypoacousie, acouphènes) | Crises + plénitude auriculaire |
| Névrite vestibulaire | Brutal, prolongé (jours) | ❌ Non | Post-viral, vertige intense continu |
| Labyrinthite | Brutal, jours | ✅ Oui | Infection, surdité associée |
| Fistule périlymphatique | Brutal, variable | ± Possible | Effort / Valsalva déclenche |
| Schwannome vestibulaire | Progressif, chronique | ✅ Oui unilatéral | Instabilité, évolution lente |
Vertiges centraux – Tableau comparatif
| Pathologie | Début / Durée | Signes auditifs | Éléments clés |
| AVC du tronc cérébral / cervelet | Brutal, persistant | ❌ Non | Signes neurologiques associés (diplopie, dysarthrie, déficit) |
| Sclérose en plaques | Subaigu, variable | ❌ Rare | Sujet jeune, signes neurologiques disséminés |
| Tumeur cérébelleuse | Progressif | ❌ Non | Céphalées, syndrome cérébelleux, HTIC |
| Migraine vestibulaire | Minutes à heures | ❌ Non (± phonophobie) | Contexte migraineux, récidivant |
| Atteinte du tronc cérébral (SEP, tumeur, ischémie) | Variable | ❌ Non | Nystagmus vertical ou multidirectionnel |
| Syndrome de Wallenberg | Brutal | ❌ Non | Dysphagie, syndrome cérébelleux, hypoesthésie croisée |
- Signes neurologiques associés → central
- Nystagmus vertical ou non fatigable → central
- Vertige moins intense mais plus persistant → central
- Pas de signes auditifs en général
- Le Vertige Paroxystique Positionnel Bénin (VPPB), retrouvé dans 90% des cas, est lié à une pathologie du canal semi-circulaire postérieur de l’oreille interne. Il est confirmé par la manœuvre de Dix-Hallpike (patient allongé avec la tête sur le côté, ramenée ensuite à la verticale, ce test provoque un vertige associé à un nystagmus)
Le VPPB peut être traité par les médecins généralistes avec des antivomitifs et autres médicaments anti vertigineux.
- Une prise en charge spécialisée est nécessaire pour les autres types de vertige, en cas de diagnostic incertain ou de forme sévère.
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2. PARALYSIE FACIALE PÉRIPHERIQUE (DE BELL) :
Devant toute paralysie faciale l’examen clinique neurologique et ORL doit éliminer les paralysies d’origine centrale (AVC).
La paralysie de Bell typique (90% des cas) est une parésie faciale unilatérale impliquant tous les muscles de l’hémiface avec diminution ou abolition des rides du front, diminution ou abolition de la fermeture palpébrale (signe de Charles Bell), effacement du sillon nasogénien, chute de la commissure labiale, impossibilité de siffler ou de gonfler les joues, abolition du réflexe nasopalpébral, perte du gout aux 2/3 antérieurs de la langue, hyperacousie homolatérale.
Il n’existe ni fièvre, ni adénopathie ni surdité ni vertiges ni signes cutanés.
La PFP est le plus souvent idiopathique, parfois secondaire à des causes immunitaires, traumatiques, tumorales ou virales.
À rechercher : diabète, sarcoïdose, borréliose de Lyme, virus herpès simplex, VIH et Varicelle-Zona (otalgie parfois intense).
La plupart des patients guérissent complètement en quelques mois, avec ou sans traitement, d’autres guérissent avec des séquelles.
Un avis d’ORL et des examens complémentaires sont parfois utiles : audiométrie et IRM.
Conduite à tenir :
- Prévention des conjonctivites et des kératites : occlusion nocturne de l’œil, larmes artificielles, examen en ophtalmologie si nécessaire.
- En cas de paralysie faciale typique : Prednisolone ou Méthylprednisolone le plus précocement possible à la dose de 1 mg/kg/j pendant 7 à 10 jours, voir 2 mg/kg/j dans les formes sévères, puis arrêter par paliers, en respectant les contre-indications des corticoïdes
- Rééducation recommandée (orthophonistes ou kinésithérapeutes) devant toute forme sévère ou présentant des facteurs de mauvaise récupération.
- L’électrothérapie et la mastication de chewing-gum sont formellement contre-indiquées dans la prise en charge de la paralysie faciale idiopathique
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