
RECOMMANDATIONS FORMALISEES D’EXPERTS 2024
Société Française de Médecine d’Urgence SFMU
Prise en charge de la douleur
Mise à jour des recommandations pour la prise en charge de la douleur aiguë chez l’adulte en structure d’urgence (pré- ou intra-hospitalière), intégrant les données récentes et les nouvelles pratiques cliniques.
Champs d’application des recommandations
Les recommandations sont structurées autour de trois grands axes cliniques :
1. Évaluation de la douleur et indication du traitement
- Utiliser des échelles validées pour mesurer la douleur :
- Échelle numérique pour patients communicants
- Échelle d’hétéroévaluation pour patients non communicants (par exemple, ALGOPLUS, BOS)
- Évaluer systématiquement la douleur dès l’accueil du patient et réévaluer régulièrement.
2. Traitements médicamenteux et non médicamenteux
Analgesie multimodale recommandée :
- Combinaison de plusieurs traitements pour optimiser l’effet et réduire les effets indésirables (ex : opioïdes + nonopioïdes + techniques adjuvantes).
Médicaments couramment ciblés :
- Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : recommandés pour douleurs modérées à sévères si pas de contre-indications.
- Opioïdes (ex. morphine) : efficaces mais nécessitent une surveillance accrue des effets secondaires, notamment la dépression respiratoire.
- Utilisation de nouvelles voies d’administration (intranasale, nébulisation) pour améliorer l’efficacité et la tolérance.
Approches non pharmacologiques (par exemple distraction, hypnose) sont reconnues et encouragées lorsque possible.
3. Relais après urgences
- Assurer une transition appropriée des antalgiques au moment de la sortie ou de l’hospitalisation selon l’évolution clinique.
- Adapter la stratégie selon les besoins individuels et les risques spécifiques du patient.
🧠 Les 10 messages essentiels à retenir
- La douleur doit être traitée précocement, sans attendre la fin du diagnostic.
- Évaluer puis réévaluer régulièrement : une seule mesure ne suffit pas.
- L'IOA peut administrer précocement les antalgiques selon un protocole anticipé.
- Le traitement dépend de l'intensité + du type de douleur + du patient + du contexte, et non de l'intensité seule.
- Morphine IV = titration, plutôt qu'une dose unique.
- Kétamine faible dose = véritable alternative à la morphine, notamment en cas de douleur réfractaire.
- AINS importants dans les douleurs musculosquelettiques, si absence de contre-indication.
- Ne pas éviter les opioïdes dans la douleur abdominale par peur de masquer le diagnostic.
- Éviter les opioïdes dans les céphalées primaires.
- À la sortie, limiter fortement les opioïdes : indication ciblée, durée courte, évaluation du risque de mésusage.
Le nouveau paradigme SFMU 2024 est une analgésie précoce, titrée, réévaluée et multimodale, adaptée à la pathologie et au patient, avec une place accrue pour la kétamine et les voies alternatives, tout en réduisant l'exposition inutile aux opioïdes, surtout après la sortie.
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Lisez notre article : Douleur et antalgiques
Synthèse par efurgences
