
Les Hantavirus sont des virus transmis principalement par des rongeurs sauvages. Ils provoquent chez l’être humain deux grands syndromes :
- le syndrome cardio-pulmonaire à hantavirus (HPS/HCPS), surtout dans les Amériques ;
- la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR/HFRS), surtout en Europe et en Asie.
Épidémiologie
Les hantavirus circulent naturellement chez différents rongeurs, chaque virus étant associé à une espèce réservoir spécifique :
- souris sylvestres (Amérique du nord),
- campagnols (souris des champs), Amérique et Europe,
- rats (présents sur tous les continents),
- souris cervidés (deer mice) en Amérique du Nord,
- rongeurs sauvages sud-américains pour le virus Andes.
L’homme se contamine surtout par :
- inhalation d’aérosols provenant d’urines, salive ou excréments de rongeurs ;
- nettoyage de lieux infestés ;
- exposition en zones rurales, agricoles ou forestières.
La transmission interhumaine est exceptionnelle. Le principal hantavirus concerné est le virus Andes en Amérique du Sud.
Répartition mondiale
- Europe/Asie : formes rénales (FHSR), milliers de cas/an en Chine et Corée.
- Amériques : formes pulmonaires graves (HPS), mortalité élevée pouvant atteindre 30–50 %.
Signes cliniques
1. Syndrome cardio-pulmonaire à hantavirus (HPS)
- Phase initiale : après une incubation de 1 à 6 semaines,
- fièvre élevée,
- myalgies importantes,
- céphalées,
- fatigue intense,
- douleurs abdominales,
- nausées, vomissements, diarrhée.
- Phase sévère : quelques jours plus tard,
- toux,
- détresse respiratoire aiguë,
- œdème pulmonaire,
- hypotension,
- choc cardiogénique.
La dégradation peut être très rapide avec admission en réanimation.
2. Fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR)
Tableau dominé par :
- forte fièvre,
- hypotension,
- manifestations hémorragiques,
- insuffisance rénale aiguë,
- thrombopénie.
Diagnostic
Le diagnostic repose sur :
Biologie
- thrombopénie,
- hémoconcentration,
- cytolyse hépatique modérée,
- insuffisance rénale possible.
Confirmation virologique
- RT-PCR,
- sérologie IgM/IgG spécifiques,
- séquençage viral dans certains centres spécialisés.
Imagerie
Dans les formes pulmonaires :
- infiltrats pulmonaires bilatéraux,
- syndrome de détresse respiratoire aiguë.
Traitement
Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique validé dans la majorité des cas. La prise en charge est surtout :
- oxygénation,
- ventilation assistée,
- remplissage vasculaire prudent,
- réanimation intensive.
Le diagnostic précoce améliore nettement le pronostic.
Origine de l’épidémie actuelle (mai 2026)
L’événement actuellement surveillé par l’OMS concerne un foyer apparu sur le navire de croisière MV Hondius dans l’Atlantique. Hantavirus cluster linked to cruise ship travel
Ce que l’on sait
- Plusieurs passagers ont développé une pneumonie sévère.
- 8 cas ont été signalés, dont 6 confirmés.
- 3 décès ont été rapportés.
- Le virus identifié est le virus Andes (ANDV).
Hypothèse d’origine
Les investigations suggèrent une exposition initiale en Argentine ou en Amérique du Sud lors :
- d’excursions terrestres,
- d’un contact avec des zones infestées par des rongeurs sauvages.
Les autorités étudient aussi :
- une contamination environnementale sur le navire,
- quelques transmissions interhumaines limitées entre contacts étroits.
Cette épidémie peut-elle devenir une pandémie ?
À ce stade, l’OMS considère le risque mondial comme faible :
- la transmission interhumaine du virus Andes reste rare ;
- elle nécessite généralement des contacts rapprochés et prolongés ;
- le virus n’a pas la transmissibilité aérienne du SARS-CoV-2.
L’épisode actuel est donc considéré comme un cluster limité mais sérieux, nécessitant surveillance et traçage international des contacts.
Réference bibliographique :
OMS : Hantavirus cluster linked to cruise ship travel, Multi-country

