Pratique et techniques

Techniques médicales, matériel de réanimation et gestes pratiques médecine d'urgence

Aujourd'hui, le choc électrique externe n’est plus un mythe, n’importe qui peut être témoin d’un arrêt cardiaque.

Tout le monde doit savoir utiliser un défibrillateur électrique.

I. DÉFINITIONS :

Le choc électrique externe (CEE) est un geste thérapeutique qui permet de faire une défibrillation du myocarde afin de traiter un arrêt cardiaque par fibrillation ventriculaire. Ce choc est délivré, par un appareil nommé défibrillateur, grâce à deux électrodes de grandes tailles collées sur la paroi thoracique.

L’énergie électrique produite par le défibrillateur, exprimée en joule, est comprise entre 150 à 360 joules. Sa durée est très brève, entre 3 à 12 millisecondes en moyenne. Elle entraîne une dépolarisation simultanée de toutes les cellules myocardiques afin de reproduire un rythme normal.

L’onde de choc peut être biphasique ou monophasique :

  • Pour les ondes monophasiques, le courant électrique circule dans un seul sens à travers le thorax, de l’électrode positive vers l’électrode négative. Ce mode était utilisé par les anciens appareils.
  • Pour les ondes biphasiques, le courant circule successivement dans les 2 sens, d'une électrode à l'autre. Les défibrillateurs modernes utilisent tous ce mode biphasique.

Le choc électrique biphasique est plus efficace et moins agressif pour le myocarde, il permet d’utiliser une énergie plus faible.

II. HISTORIQUE :

William Bennet KOUWENHOVEN, nommé le père de la réanimation cardio-pulmonaire, est un ingénieur américain qui a débuté ses recherches sur la ressuscitation cardiaque dans le début du XXe siècle. Les expériences se faisaient sur les animaux et les cadavres humains.
En 1956, Paul ZOLL réalisa la première défibrillation transthoracique humaine avec un courant alternatif sur quatre patients dont un seul survivra.
En 1957, le 1er cas d’utilisation du défibrillateur portable sur un humain est recensé (KOUWENHOVEN et Dr FRIESENGER).
L’appareil est devenu transportable, il pesait 45 kg, ce qui a permis son utilisation en extrahospitalière depuis 1966.
La cardioversion électrique, pour réduire une fibrillation atriale, a été utilisée la première fois par LOWN en 1967.

C’est à partir des années 1980 que les premiers défibrillateurs semi automatiques (DEA) puis automatiques (DAE) ont commencé à voir le jour. Grace à la technologie moderne, les appareils se sont considérablement améliorés depuis le début des années 90 en termes de poids, d’encombrement et de facilité d’utilisation.

N’importe qui peut aujourd’hui s’en servir en urgence pour sauver une vie. La législation impose désormais la présence de défibrillateurs dans les lieux publics et encourage leur utilisation. Les appareils sont installés dans les aéroports, les avions, les stades, les centres commerciaux, les lieux de travail, les établissements scolaires, etc.

III. LES INDICATIONS DU CHOC CEE :

  • Arrêt cardio-respiratoire (ACR) par fibrillation ventriculaire (FV) : le choc doit être délivré le plus tôt possible. C’est la seule situation permise en dehors d’un milieu de réanimation. En effet, pour chaque minute passée sans défibrillation, les chances de survie de la victime diminuent de 7 à 10 %.
  • Les tachycardies graves nécessitent la cardioversion électriques (ou réduction) dans les cas suivants : perte de la conscience, état de choc, douleur thoracique aigue, dyspnée aigue ou insuffisance cardiaque aigue. Le choc est délivré après anesthésie brève.
  • La fibrillation atriale (FA) peut être traitée par CEE lorsqu’elle est mal tolérée ou lorsque le traitement pharmacologique est inefficace. Dans la plupart des cas cette défibrillation est programmée avec des précautions particulières préalables (écho cœur pour éliminer une thrombose de l’oreillette, anticoagulants, anesthésie, arrêt de digoxine, traiter l'hypokaliémie).

- L’arrêt cardiaque par asystolie (absence d’activité électrique) ne nécessite pas le CEE.
- Les tachycardies bien tolérées nécessitent la réduction pharmacologique par un médicament antiarythmique.

IV. LES DIFFÉRENTS DÉFIBRILLATEURS :

1) Les défibrillateurs manuels (hospitaliers) :

La défibrillation manuelle est pratiquée exclusivement par les professionnels de santé. L’analyse du tracé ECG est soumise à l’interprétation par le médecin qui décide de l’indication du choc. Cet appareil doit être muni de moniteur afin de suivre le rythme et les paramètres vitaux du patient (défibrillateur avec scope intégré).

2) Les défibrillateurs automatisés externes (symbole DAE ou en anglais AED) :

Sont les seuls autorisés à l’usage par le grand public. Ces défibrillateurs sont entièrement automatiques et fonctionnent de manière indépendante. Une fois les électrodes posées et l’appareil allumé, il procède lui-même au choc électrique après l’émission d’un signal sonore pour prévenir les personnes autour de la victime de s’écarter.

3) Les défibrillateurs semi-automatiques (DSA) :

Ne peuvent être utilisés que par les secouristes entrainés, les pompiers et les médecins. Comme pour le défibrillateur automatique, cet appareil analyse seul le tracé cardiaque de la victime et détermine le moment idéal pour déclencher la défibrillation. Seule différence, il faut que le secouriste appuie sur un bouton pour déclencher le choc électrique. Cela permet de s’assurer que personne ne touche la victime à ce moment-là.

4) Les défibrillateurs internes ou défibrillateurs automatiques implantables (DAI) :

Complètement différents des autres défibrillateurs externes, cet appareil est posé sous la peau lors d’une opération chirurgicale. Il est programmé pour délivrer un choc électrique lorsqu’il détecte des troubles du rythme cardiaque (par exemple arythmie paroxystique ou syndrome de Brugada).

V. COMMENT UTILISER UN DÉFIBRILLATEUR ?

1. Amenez l'appareil, ouvrir le couvercle pour mettre en marche automatiquement (ou appuyer sur un bouton pour d'autres appareils).
2. Mettez à nu le thorax de la victime. Nettoyez et séchez la peau, si besoin.
3. Décollez la pellicule adhésive et sortez les électrodes de la cartouche.
4. Décollez chaque électrode de son revêtement.
5. Bien coller les électrodes sur la peau : une sous la clavicule droite, l’autre sous le mamelon gauche.
6. Analyse ECG en cours. Ne touchez pas la victime !
7. Pour délivrer un choc : appuyer sur le bouton. Sauf si DAE : le choc est déclenché automatiquement.

Chez l’enfant 1 - 8 ans : utilisez de préférence des électrodes pediatriques. Les électrodes plates peuvent être collées l’une à la face antérieure du thorax (sternum), l’autre au dos, au même niveau.

Chez le nourrisson < 1 an : s'assurer que l'appareil est à usage pédiatrique. 

 VI. ÉFFETS INDÉSIRABLES :

1. Migration des caillots sanguins :

En dehors de la cardioversion pratiquée dans les situations d'urgence (arrêt cardiaque et tachycardies mal tolérées) il faut éliminer la présence de thrombus dans les cavités cardiaques par échographie. Le CEE favorise la migration des caillots et peut provoquer un AVC ou embolie pulmonaire. Dans les chocs programmés, un traitement par anticoagulants precède le CEE durant quelques jours.

2. Brulures cutanées :

Le courant électrique peut provoquer la brulure de la peau à la zone de contact avec les électrodes. C'est une faute professionnelle. Ceci est à prévenir en s'assurant de bien appliquer les électrodes sur la paroi thoracique sans laisser d'espace vide. Les électrodes collantes sont à moindre risque, sinon il faut lubrifier au prélable les électrodes par un gel conducteur.

3. Rythme cardiaque anormal :

Une arythmie peut apparaitre après le choc. Le plus souvent transitoire et disparait en quelques minutes, sinon elle nécessitera un choc supplémentaire ou un traitement pharmacologique. Une surveillance clinique et du rythme cardiaque après le choc est nécessaire au moins 3 heures.

4. Électrocution de l'opérateur :

Le CEE peut être mortel pour un individu sain. L'opérateur doit prendre des précautions en manipulant le défibrillateur : éviter tout contact avec le patient et prévenir l'entourage avant le choc.

5. Risque d'étincelles et d'incendie :

Attention à l'ambuance enrichie en oxygène, éloigner toute source d'oxygène avant de procéder à la cardioversion. Ne pas laisser du gel lubrifiant sur la paroi thoracique entre les 2 électrodes.

LES RECOMMANDATIONS (SFMU en 2015)

  • utilisez un défibrillateur externe biphasique,
  • un positionnement antéropostérieur des électrodes, de préférence au positionnement antérolatéral,
  • une énergie initiale (courant biphasique) de 200 Joules pour une FA (entre 120 et 200 Joules pour un flutter). En cas d’échec d’un premier choc, une énergie supérieure est recommandée,
  • un choc synchrone avec les complexes QRS, afin de prévenir l’apparition d’une arythmie ventriculaire,
  • un positionnement des électrodes à distance d’un éventuel dispositif implanté (pacemaker, défibrillateur) et un contrôle du dispositif après cardioversion,
  • une sédation brève dans les conditions techniques de sédation avant d’effectuer un CEE chez un patient conscient. Le propofol est le médicament de choix pour cette sédation (administration IV lente et titrée de 0,5 à 0,8 mg/kg),
  • une induction en séquence rapide avec intubation orotrachéale doit être envisagée dans les situations à haut risque d’inhalation (obésité, grossesse, hernie hiatale, diabète et prise récente d’aliments solides) ou en cas de défaillance cardiaque gauche aiguë lorsqu’une sédation prolongée est prévisible,
  • une surveillance post sédation avec monitorage du rythme est recommandée pendant trois heures.

Références :

- SCHILLER France : Guide complet du DAE, mise à jour Octobre 2021 (à télecharger en PDF)
- ANSM : Gestion des défibrillateurs automatisés externes, juin 2014, (www.ansm.sante.fr).

- Lisez notre article : Réanimation de l'arrêt cardiopulmonaire

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La dyspnée est un symptôme, elle est ressentie par le patient comme soif d’air ou étouffement. Les causes sont multiples. Le médecin, avec l’examen clinique et quelques examens complémentaires simples, peut diagnostiquer sa cause et évaluer sa gravité.

Il peut s’agir d’Insuffisance Respiratoire Aigue (IRA) survenant de manière brutale ou d’insuffisance chronique décompensée.

L’IRA est un syndrome défini par une altération aiguë de l'hématose en rapport avec la défaillance d'un ou plusieurs composants du système respiratoire.

Le Syndrome de Détresse Respiratoire Aiguë (SDRA) causé par un œdème lésionnel des poumons est une entité pathologique particulière qui ne fait pas partie de cet exposé.

I. PRINCIPALES CAUSES DES DYSPNÉES AIGUES :

  • Laryngo-trachéales : Œdème de Quincke, Épiglottite, Laryngite, Corps Étranger, Tumeurs
  • Bronchopulmonaires : Asthme, BPCO décompensé, Pneumopathies infectieuses, Pneumothorax, Pleurésie, Atélectasie, SDRA
  • Cardiaques : Insuffisance cardiaque aigue ou chronique décompensée, États de choc, Embolie pulmonaire, Tamponnade
  • Autres : Acidose métabolique, Anémie aigue, Causes neurologiques (atteintes bulbaires, polyradiculonévrite, myasthénie), Intoxications (CO, cyanures)

II. LES SIGNES DE GRAVITÉ DE L'INSUFFISANCE RESPIRATOIRE AIGUË : 

Signes respiratoires   - Tachypnée >30 cycles/min ou bradypnée <10 cycles/min ou pause respiratoire*
- Impossibilité de parler
- Signes de lutte (tirage, balancement thoraco-abdominal)
- Toux inefficace 
 Signes hémodynamiques  - Tachycardie >120 b/min ou bradycardie <50 b/min
- État de choc ou Hypertension artérielle
- Cyanose, sueurs, marbrures 
 Signes neurologiques  - Confusion, agitation, somnolence, coma
 Signes associés  - Douleur thoracique (SCA, pneumothorax)
- Fièvre (pneumopathie)
- Hospitalisation en réanimation pour symptômes similaires ou intubation
- Mauvaise réponse à un traitement débuté
- DEP (asthme) : <150 L/min ou <30% valeur normale
 * Fréquence respiratoire selon l’âge : 1 mois (30-60/min), 1 an (25-40/min), 5 ans (18-20/min), 8 ans : (16-20/min), >15 ans (12-16/min) 

 III. GAZ DU SANG ET SATURATION DE L’HÉMOGLOBINE EN OXYGÈNE :

1. GAZ DU SANG (GDS) :

L’analyse du sang artériel est la méthode de laboratoire la plus fiable pour mesurer différents paramètres de l’oxygénation telle que PaO2, PaCO2, PH sanguin et réserves alcalines (bicarbonates).

  • PaO2 (Pression Partielle d’Oxygène) : reflète la quantité d’oxygène transportée par le sang vers les organes. Elle est normalement >80 mmHg (10,7 kPa) à l’air ambiant.
  • PaCO2 (Pression partielle de dioxyde de carbone) : elle correspond à la quantité résiduelle de dioxyde de carbone dans le sang artériel. La valeur normale est entre 35 et 45 mmHg (4,7 – 6 kPa).
  • HCO3- (bicarbonate) : tamponne le pH du sang et participe ainsi à maintenir un équilibre acido-basique. Sa valeur est entre 22 et 28 mmol/l.
  • Le pH est compris entre 7,35 à 7,45. L'acidose et l'alcalose peuvent être d'origine respiratoire ou métabolique.

2. SATURATION EN OXYGÈNE :

Dans les globules rouges, chaque molécule d’hémoglobine (Hb) contient 4 atomes de fer ce qui permet de fixer au maximum 4 molécules d’oxygène, après quoi l’hémoglobine est décrite comme "saturée en oxygène à 100%". Le globule rouge saturée prend une couleur rouge vif. L'hémoglobine pauvre en oxygène prend la couleur bleu-violet. L’oxygène existe également dissout dans le sang en faible quantité (1 à 2%).

  • SaO2 (dite parfois Sat O2) : est la Saturation de l’hémoglobine en O2 mesurée au laboratoire par prélèvement du sang artériel.
  • SpO2 : est la Saturation Pulsée en Oxygène détectée par le capteur de l’oxymètre posé sur la peau du patient au niveau du doigt. La valeur normale est comprise entre 95 et 100% quelque soit l’âge. Elle est habituellement très proche de la SaO2 mais pas toujours. C’est l’un des paramètres vitaux à évaluer pour chaque patient en consultation et l'un des critères du triage à l'accueil des urgences. La mesure est parfois imprécise dans différentes situations en particulier lorsque la saturation est inférieure à 90%, en cas d’hypothermie, hypotension, anémie ou exposition à la lumière ambiante.
  • L'oxymètre de pouls (pulse oximetry), ou saturomètre, est un instrument permettant de mesurer de façon simple et non invasive la saturation de l’hémoglobine en Oxygène. (Voir notre article : oxymètre de pouls)

IV. DISPOSITIFS D’OXYGÉNOTHÉRAPIE :

L’oxygène est un médicament, il est indiqué en priorité pour la détresse respiratoire avec hypoxémie (SpO2 <92%). L’oxygène médical doit être humidifié et délivré à un débit-Litre/min prédéterminé pour assurer une fraction inspirée en oxygène (FiO2) élevée.

Il existe différents dispositifs d'oxygénothérapie.

1. LUNETTE NASALE :

Leur capacité d'oxygénation est faible surtout si le nez est bouché par les secrétions. Ne permet pas de traiter une détresse respiratoire.

2. SONDE NASALE :

Irritante pour le patient et n’assure pas une FiO2 correcte. Non recommandée dans les situations d'urgence.

3. MASQUE À OXYGÈNE (NASO-BUCCAL) :

Le masque peut être simple ou muni d'un dispositif Venturi permettant de délivrer une concentration d'oxygène déterminée aux patients. Les kits de Venturi comprennent plusieurs jets, codés par couleur, afin de définir la FiO2 souhaitée.
Le masque permet aussi la nébulisation via un récipient annexé.

À utiliser en première intention lors d’une détresse respiratoire aiguë. Il permet d’administrer un débit entre 4 à 10 L/min et d’assurer une FiO2 entre 40 à 60%.

- Indications : hypoxémie minime, sans détresse respiratoire aiguë.

4. MASQUE À HAUTE CONCENTRATION D’O2 :

Masque transparent muni d’un ballon souple de réserve. Une valve unidirectionnelle empêche l’air expiré de retourner dans le réservoir.

Bien appliqué sur la bouche et le nez, il permet une oxygénation à FiO2 de 80-100%.

- Indications : c’est la méthode recommandée en cas d’hypoxémie sévère, par exemple OAP, asphyxie par noyade ou état de choc.

Il est contre-indiqué pour le BPCO.

5. BALLON AUTOREMPLISSEUR À VALVE UNIDIRECTIONNELLE (BAVU) :

C'est un instrument médical conçu pour ventiler un patient en détresse respiratoire. On l’appelle parfois « AMBU » qui est le nom d'une marque célèbre.

On peut l’utiliser dans l’arrêt cardiorespiratoire en attente d’une équipe de réanimation, avant ou après l’intubation en attente d’un respirateur mécanique. Pour l’utiliser il faut 2 mains : la gauche applique le masque sur la bouche et le nez en gardant une bonne étanchéité, la droite tient le ballon et exerce une pression avec les 4 doigts pour pousser l’air (faire pression avec le pouce est une erreur).

Il existe des masques adaptés à l’enfant et au nourrisson. (Voir notre article BAVU)

6. CONTINUOUS POSITIVE AIRWAY PRESSURE (CPAP) :

C’est un dispositif simple, tel que celui de Boussignac, transportable et ne nécessitant pas de respirateur mécanique (idéal pour les services non équipés), fournissant de l'oxygène avec une Pression Expiratoire Positive (PEP).

- indications : essentiellement pour le traitement de l’OAP, la noyade et l'hypoxémie grave.

- Inconvénients : nécessite un débit d'oxygène d'au moins 30 L/min pour produire 10 cmH2O de PEP.

7. VENTILATION NON-INVASIVE (VNI) OU BILEVEL POSITIVE AIRWAY PRESSURE (BIPAP) :

Un masque facial spécial sans fuite et un ventilateur mécanique sont nécessaires.

Régler la PEP entre 5-10 cmH2O et l’Aide Inspiratoire AI à 8 cmH2O au départ puis à augmenter en fonction du confort du patient.

- Indications : surtout la BPCO décompensée et l’OAP cardiogénique.

CONTRE INDICATIONS DE LA VNI  [SFAR, SPLF, SRLF CONSENSUS 2006]
• Environnement inadapté, expertise insuffisante de l'équipe
• Patient non coopérant, agité, opposant à la technique
• Intubation imminente (sauf VNI en pré-oxygénation)
• Coma (sauf coma hypercapnique de l’insuffisance respiratoire chronique IRC)
• Épuisement respiratoire
• État de choc, 

• Troubles graves du rythme ventriculaire 

• Sepsis sévère

• Immédiatement après un arrêt cardio-respiratoire
• Pneumothorax non drainé, plaie thoracique soufflante
• Obstruction des voies aériennes supérieures (sauf apnées du sommeil, laryngo-trachéomalacie)
• Vomissements incoercibles
• Hémorragie digestive haute
• Traumatisme crânio-facial grave
• Tétraplégie traumatique aiguë à la phase initiale

8. OPTIFLOW (CANULE À HAUT DÉBIT) :

Nouvelle technique utilisée depuis les années 2000, consiste à administrer de l’oxygène à haut débit (OHD) humidifié et réchauffé via des canules nasales et un matériel spécial. Permet le lavage de l’espace mort et la réduction du travail inspiratoire.

- Indications : Hypoxémie modérée à sévère, détresse respiratoire aiguë (p. ex., pneumonie, pneumopathie interstitielle, œdème pulmonaire, syndrome de détresse respiratoire aiguë, sevrage après extubation); également utile chez les patients gravement hypoxémiques qui ne doivent pas être intubés.

- En pratique : 50−60 L/min, FiO2 à 100 %. Nécessite un manomètre d'O2 de 60 L/min. Surveillance clinique et gazométrique rapprochée (FR, SpO2, détresse respiratoire, conscience, hémodynamique).

- Contre-indications : défaillance respiratoire ou hémodynamique nécessitant l'intubation trachéale, état de choc, troubles de la conscience (score de Glasgow < 12), agitation.

Pour plus de détails lisez les recommanadations "ERS clinical practice guidelines: high-flow nasal cannula in acute respiratory failure, 2022"

9. VENTILATION INVASIVE :

Recours à l’intubation d’emblée dans les cas graves, arrêt cardio-pulmonaire, épuisement du patient ou secondairement après échec des autres méthodes.

La ventilation invasive nécessite l’anesthésie, la sédation et la mise sous respirateur mécanique. (Voir notre article : l'intubation pas à pas)
- Indications de l’intubation : défaillance respiratoire persistante ou aggravée, états de choc, troubles de la conscience, agitation.

10. VENTILATION ASSISTÉE (OU MÉCANIQUE) :

Elle a pour but de se substituer partiellement ou totalement à la fonction respiratoire défaillante, pendant une durée qui varie de quelques minutes à plusieurs semaines. Après l’intubation, différents appareils sont utilisés :

- Les ventilateurs pneumatiques dits de transport : permettent uniquement la réalisation d'une ventilation contrôlée (VC). L'avantage de ces respirateurs réside dans leur faible coût et leur ergonomie. Facilement utilisables dans les services d'urgence et pour le transport des malades.

- Les ventilateurs de réanimation : sont plus performants, offrent plus de sécurité pour le malade mais encombrants, coûteux, nécessitent une source d'énergie 220V et un apport d'air comprimé et d'oxygène. Ces respirateurs permettent plusieurs modes de ventilation assistée. Le médecin est appelé à régler les paramètres et d'adapter les niveaux d'alarme. (Voir notre article : Ventilation assistée)

 DISPOSITIFS UTILISÉS DANS L'OXYGÉNOTHÉRAPIE      
 Débit L/min  FiO2*  Indications  Avantages Inconvénients 
 Sonde nasale  1-6  0,24-0,40  Détresse respiratoire non sévère, Faibl e besoin en oxygène  N'interfère pas avec la prise orale  A un débit limité, FiO2 non fiable, Sécheresse des muqueuses, Épistaxis
 Masque simple  5-10  0,35-0,60  Besoins modérés en oxygène, Nécessité de nébulisation  Faible coût, Fournit une FiO2 plus élevée que la sonde nasale  Inconfort du patient, Rétention de CO2
 Masque Venturi  2-15  0,24-0,5  Besoin élevé en oxygène  Fournit avec précision la concentration en oxygène délivrée  Inconfort du patient
 Masque à haute concentration  10-15  0,6-0,9  Besoin supplémentaire élevé en oxygène  FiO2 élevé, Peut être utilisé dans des situations d'urgence  Inconfort du patient, Nécessite une surveillance médicale
Canule nasale à haut débit 15-60 0,3-1 Insuffisance respiratoire hypoxémique Fournit des débits élevés, Fournit une PEP modeste, Assure l'élimination du CO2 dans l'espace mort Coût élevé, Inconfort du patient, Nécessite un personnel expérimenté
* FiO2 (fraction inspirée en Oxygène) : C’est la fraction ou le pourcentage d'oxygène présent dans le mélange gazeux que respire une personne.

V. EFFETS SECONDAIRES DE L'OXYGÉNOTHÉRAPIE :

L'oxygène, comme tout médicament, peut être potentiellement néfaste et doit répondre à une utilisation rigoureuse.

1. Aggravation de l’hypercapnie : notamment sur terrain d'insuffisance respiratoire chronique (IRC) et essentiellement par la levée du stimulus hypoxique au niveau des centres respiratoires.

2. Hyperoxie : le taux excessif d'oxygène dans le sang pourrait être responsable de l'aggravation des lésions pulmonaires chez les patients ventilés mécaniquement,

3. Risque de contamination microbienne du circuit et donc d'infections pulmonaires, notamment bactériennes.

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La bandelette urinaire (BU) ou "urine dipstick" :

C'est un outil de travail indispensable en médecine de premier recours. Un test très simple et peu couteux qui peut être fait à domicile ou au cabinet et qui apporte des informations très utiles. Plusieurs marques sont disponibles tel que LABSTIX® ou MULTISTIX®.

L’infection urinaire représente l’une des causes les plus fréquentes de consultation en médecine générale. La stratégie diagnostique vise à confirmer l’infection tout en limitant l’antibiothérapie injustifiée.

La BU est recommandée comme test de dépistage dans certaines situations cliniques bien définies par les sociétés savantes [1–3]. Son interprétation doit être intégrée au contexte clinique et à la probabilité pré-test.

Bases physiopathologiques 

Nitrites

Les nitrites urinaires résultent de la réduction des nitrates alimentaires par certaines bactéries uropathogènes (principalement les entérobactéries telles que Escherichia coli) via une nitrate réductase bactérienne. Les autres microorganismes impliqués ne produisent pas de nitrites (staphylocoques, pyocyaniques, streptocoques B, acinetobacter ou mycoses).

La spécificité du test est élevée. Le seuil de détection des nitrites est de 0,3 mg/L.Toutefois, sa sensibilité est limitée par:

  • l’absence d’activité nitrate réductase (ex. Enterococcus spp.)
  • un temps de stase vésicale insuffisant
  • une faible densité bactérienne
  • un régime pauvre en nitrates (allaitement exclusif chez le nourrisson)
  • ou un PH urinaire acide.

Ainsi, un test positif est fortement évocateur d’infection, mais un test négatif ne permet pas d’exclure formellement une IU [4].

Leucocyte estérase (leucocyturie)

La leucocyte estérase détecte une enzyme produite par les polynucléaires neutrophiles. Elle reflète une réaction inflammatoire de la muqueuse urinaire. Le seuil de sensibilité est 10.000 leucocytes/mL (ou 10 leucocytes/mm3)

La sensibilité du test est généralement supérieure à celle des nitrites, mais sa spécificité est moindre, notamment chez la femme en raison des risques de contamination vulvo-vaginale [4,5].

La leucocyturie n’est pas spécifique d’une infection bactérienne et peut être observée dans d’autres situations inflammatoires. On peut observer une leucocyturie dans un contexte de tuberculose, d’infection urétrale (gonocoque, Chlamydia) ou de néphrite interstitielle.

Performances diagnostiques globales

L’association des nitrites et de la leucocyte estérase améliore la performance diagnostique.

  • La positivité conjointe augmente fortement la probabilité d’infection urinaire.
  • La négativité simultanée confère une bonne valeur prédictive négative chez les patients à faible risque.

Toutefois, les performances varient significativement selon le sexe, l’âge et le terrain clinique.

Respecter la bonne technique :

  • Les bandelettes doivent être conservées à l’abri de l’humidité et dans une température ambiante inférieure à 30° C.
  • Les urines doivent être fraichement émises par le patient.
  • Les urines doivent séjourner dans la vessie au moins 3 heures pour que les bactéries transforment les nitrates en nitrites. Ne pas prélever de la de poche à urines pour les nourrissons ni de la sonde urinaire directement, on doit privilégier le prélèvement au jet, cathétérisme urétral voire ponction sus pubienne.
  • Le temps de lecture des résultats est de 2 minutes pour les leucocytes et d’une minute pour les nitrites, le pH, les protéines, le glucose, les corps cétoniques, l’urobilinogène, la bilirubine et le sang.

Recommandations d’utilisation selon le sexe et l’âge

Tableau : Synthèse des recommandations

Population Recommandations concernant la bandelette urinaire
Femme adulte (cystite aiguë simple) BU recommandée en cas de doute diagnostique. Si nitrites et leucocytes IU peu probable. Si BU positive traitement probabiliste possible selon clinique. ECBU non systématique si forme typique non compliquée. ECBU indiqué si facteurs de risque ou échec thérapeutique.
Homme adulte Toute IU masculine est considérée comme compliquée. BU possible en première intention. ECBU systématique en cas de suspicion clinique, quel que soit le résultat de la BU.
Enfant ≥ 3 mois BU recommandée en première intention. Si nitrites + → forte probabilité d’IU ECBU et traitement probabiliste. Si leucocytes + seuls ECBU avant traitement sauf contexte sévère. BU négative chez enfant stable IU peu probable.
Nourrisson < 3 mois BU seule insuffisante pour exclure une IU. Toute suspicion clinique ECBU systématique (prélèvement adapté). Prise en charge spécialisée fréquente.

Limites de la bandelette urinaire

  1. Test semi-quantitatif.
  2. Sensibilité insuffisante pour exclure une IU dans certaines populations (homme, nourrisson).
  3. Ne permet ni identification bactérienne ni antibiogramme.
  4. Influence des conditions de prélèvement et de conservation.

L’ECBU demeure l’examen de référence pour la confirmation diagnostique [1,2].

Discussion

La BU est un outil pertinent lorsqu’elle est utilisée conformément aux recommandations. Son intérêt principal réside dans sa valeur prédictive négative élevée chez la femme adulte présentant une cystite simple.

En revanche, chez l’homme et le nourrisson, la stratégie diagnostique doit rester plus prudente, avec un recours systématique à l’ECBU.

Une utilisation raisonnée de la BU contribue à optimiser la prescription antibiotique et à limiter l’émergence de résistances bactériennes.

Conclusion

La bandelette urinaire est un test de dépistage simple et accessible, dont l’interprétation doit être contextualisée.

Son utilité est maximale chez la femme adulte présentant une cystite simple. Elle ne saurait se substituer à l’ECBU dans les formes compliquées, chez l’homme ou chez le nourrisson.

L’application rigoureuse des recommandations des sociétés savantes permet d’améliorer la pertinence diagnostique et la qualité des soins.

Bibliographie

  1. Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPILF). Infections urinaires communautaires de l’adulte : recommandations actualisées. Paris: SPILF; 2018 (mise à jour 2021).
  2. Association Française d’Urologie (AFU). Recommandations françaises sur les infections urinaires. Prog Urol. 2018;28(Suppl 1):S1-S108.
  3. National Institute for Health and Care Excellence (NICE). Urinary tract infection in under 16s: diagnosis and management. NICE guideline NG224. London: NICE; 2022.
  4. Devillé WL, Yzermans JC, van Duijn NP, et al. The urine dipstick test useful to rule out infections. A meta-analysis. BMC Urol. 2004;4:4.
  5. Hurlbut TA, Littenberg B. The diagnostic accuracy of rapid dipstick tests to predict urinary tract infection. Am J Clin Pathol. 1991;96(5):582-588.

 ©mise à jour 2024 - Dr M. Gazzah - efurgences

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EAU DE ROBINET et SAVON :

Efficacité démontrée sur les virus à enveloppe lipidique. Lavage des mains pendant au moins 20 secondes +++,
- Le savon d’Alpe (ou savon de Marseille) est un excellent produit de nettoyage et de désinfection, non coûteux et non allergisant, il peut être utilisé aussi pour nettoyer les plaies simples.

SOLUTION HYDRO-ALCOOLIQUE SHA :

Fabriquée à partir de l'Alcool (Éthanol) 62-71% OU l’Isopropanol 70%, l'eau oxygénée (peroxyde d'hydrogène) et un émollient (Glycérine).

- Très pratique pour la désinfection des mains et efficacité prouvée contre les virus. Ne dispense pas du lavage préalable avec l'eau et le savon.

- L'utilisation chez le nourrisson est déconseillée à cause de la toxicité dermique et systémique.

- L'alcool 90% assèche la couche superficielle de la peau et provoque des lésions d'irritation.

- L'ingestion du SHA est toxique surtout lorsqu’il contient du Méthanol (attention pour les enfants).

EAU OXYGÉNÉE OU PEROXYDE D'HYDROGÈNE :

Le peroxyde d'hydrogène connu par le nom d'eau oxygénée (H2O2) est un antiseptique largement utilisée depuis la pandémie de COVID-19. Ses propriétés doivent être connues et son utilisation doit être mesurée.

- C'est un liquide incolore, soluble dans l'eau, bactéricide (Gram +, Gram-), actif sur certains virus comme les coronavirus, non actif sur les spores et les mycoses.
- Très inflammable et explosif à concentration élevée et à l'exposition à la chaleur.
Classé parmi les produits oxydants, utilisés par les terroristes dans la fabrication des explosifs.
- Son stockage se fait dans des récipients fermés, à l'abri de la chaleur et de la lumière solaire.

》》Utilisation en médecine :

- Seulement à la concentration de 10 volumes (3 g/100ml)
- Désinfection des plaies cutanées peu profondes.
- Anti hémorragique, arrête le saignement capillaire [élimine aussi les taches de sang sur les vêtements].
- Entre dans la composition du Solution Hydro-Alcoolique SHA.

》》Désinfection des surfaces :

- Concentration 20 ou 30 volumes
- Pour nettoyer les surfaces directement ou en pulvérisation.
- Pour éliminer les algues des piscines

》》effets indésirables :

- irritation de la peau, des muqueuses et des yeux
- Dépigmentation de la peau et des cheveux
- L'inhalation provoque une dyspnée
- Par voie orale, et lorsqu'il est concentré, il provoque des lésions semblables aux caustiques
- Corrosion de certains métaux, dénature la peinture des voitures
- Ne pas mélanger avec la javel.

POVIDONE-IODINE (BÉTADINE®), HYPOCHLORITE DE SODIUM (DAKIN® OU AMUCHINA®) :

Sont actifs sur les bactéries et les virus. Utilisés pour les plaies essentiellement.

CHLORURE DE BENZALKONIUM (BISEPTINE®, MERCRYL®, HUMAX®, DERMOBACTER®)

Actif sur les bactéries mais action sur coronavirus non prouvée sauf lorsqu’il est mélangé avec l'Alcool.

2) Désinfectants pour les surfaces et les locaux :

EAU DE JAVEL (hypochlorite de sodium) :

Désinfectant universel très efficace sur tous les micro-organismes.. À diluer 0,25 litre à 2,6% dans 1 litre d'eau froide. Elle peut provoquer une irritation de la peau, des yeux et des voies respiratoires.

PEROXYDE D'HYDROGÈNE (eau oxygénée) :

Efficace contres les bactéries et les virus (voir plus haut).

OZONE (ou trioxygène O3) :

Généré avec des appareils spéciaux est un gaz incolore, à odeur caractéristique, très efficace pour la désinfection des locaux, cabinets médicaux, chambres des malades et ambulances.
Effet corrosif pour les métaux et très toxique pour les voies respiratoires, les yeux et les reins. Il faut respecter la notice d’emploi, interdire l’accès aux locaux pendant l’utilisation et bien aérer les locaux après.

DETTOL (chloroxylelol) :

Savon pour les mains et liquide pour les surfaces, désinfectant efficace mais risque de toxicité oculaire et par ingestion.

ISOPROPANOL ( ou alcool isopropylique) :

Très toxique par inhalation ou ingestion. Utilisé généralement en association dans la solution hydro-alcoolique ou dans le Dettol.

BENZALKONIUM CHLORIDE :

Associé souvent avec autres produits, c'est un bactéricide mais efficacité non démontrée sur les coronavirus lorsqu’il est utilisé seul.

3) Désinfection des vêtements :

Lavage à température 60° pendant 30 min (90° pour les draps et tenues hospitalières).
Utiliser la javel pour le drap non coloré.

☆☆☆ MÉTHODES NON RECOMMANDÉS :

- Le Vinaigre (acide acétique) n’est pas efficace sur les coronavirus..
- Hexamidine : bactéricide connu mais l'action sur les coronavirus n'est pas démontrée.
- Ne pas pulvériser les antiseptiques sur les humains (couloirs de désinfection). Méthode non efficace et risque d'effets indésirables.
- Ne pas Associer la Javel avec le Vinaigre OU avec l'Alcool, risque de dégager un gaz toxique.
- De façon générale, éviter de mélanger 2 antiseptiques en même temps.

©Avril 2020 - efurgences.

Le syndrome de Brugada, décrit en 1992 par les frères Josep et Pedro Brugada, est une maladie génétique rare qui se caractérise par la survenue de syncopes ou de mort subite en rapport avec des tachycardies ventriculaires polymorphes chez des patients ayant un cœur structurellement normal. 

Elle est caractérisée par :

- Un aspect anormal de l’électrocardiogramme (sus-décalage en dôme du segment ST suivi d’une onde T négative sur les dérivations V1 et V2).
- Associé à un risque de syncope, voire de mort subite par fibrillation ventriculaire,
Les symptômes surviennent le plus souvent au repos (malaise) ou la nuit (pertes d’urine inexpliquées chez un adulte, respiration stertoreuse), les symptômes sont parfois favorisés par une fièvre,
- Un cœur structurellement sain (échographie cardiaque normale),
Le syndrome de Brugada est responsable d’un dysfonctionnement "électrique" du cœur qui a par ailleurs une morphologie normale, sans anomalie de sa contraction.

Les troubles du rythme cardiaque surviennent chez les hommes (H/F : 10/1) et le plus souvent vers l’âge de 40 ans, Il existe des cas "sporadiques", mais aussi des cas "familiaux" transmis selon un mode autosomique dominant.

Plusieurs gènes imputés dans la maladie ont pu être identifiés dont le gène SCN5A qui régule le fonctionnement du canal sodique.

On décrit 3 types d’anomalies ECG associées avec le syndrome de Brugada :

  • Le type 1 : sus-décalage du segment ST (> 2 mm) en forme de dôme.
  • Le type 2 : sus-décalage du segment ST (> 2 mm) en forme de selle de cheval.
  • Le type 3 : même figure sur l’ECG que les types 1 et 2, mais aplatie avec une élévation de ST inférieure à 1 mm.

SYMPTÔMES :

 - La maladie est asymptomatique le plus souvent, les anomalies typiques à l’électrocardiogramme sont découvertes de manière fortuite.
- Parfois présence de symptômes qui sont causés par des arythmies :

  • Des palpitations,
  • Des syncopes (perte de connaissance brutale) ou des lipothymies,
  • Un arrêt cardiaque.

PRONOSTIC :

Le pronostic est grave chez les patients présentant des symptômes et la mort subite peut être prévenue par la pose d'un défibrillateur automatique.

 Pour en savoir plus :

  • ORPHANET : Le syndrome de Brugada ORPHA.NET
  • Le syndrome de Brugada en pratique quotidienne : que doit savoir le clinicien ? (cardiologie-pratique.com)
  • B. BELHASSEN : Nouveautés dans le traitement du syndrome de Brugada. La Lettre du Cardiologue, N° 498 - octobre 2016

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