Nouveautés 2026 :
Synthèse des recommandations SPILF 2026 sur les infections urinaires de l’homme
Les recommandations SPILF 2026 concernent les infections urinaires communautaires chez l’homme adulte (cystite, prostatite, pyélonéphrite, orchi-épididymite). Elles introduisent plusieurs changements importants.
1. La cystite masculine existe
- La cystite aiguë chez l’homme est désormais reconnue comme une entité propre.
- Elle se définit par des symptômes urinaires bas (brûlures mictionnelles, pollakiurie, urgenturie, douleurs sus-pubiennes) sans fièvre ni syndrome septique.
- En cas de fièvre ou de sepsis, il faut plutôt évoquer une prostatite ou une pyélonéphrite.
2. La bandelette urinaire n’est plus recommandée
- La bandelette urinaire n’est pas recommandée pour le diagnostic des infections urinaires masculines.
- Elle expose à des surdiagnostics et à des traitements antibiotiques inutiles.
3. L’ECBU devient l’examen central
- Un ECBU avant toute antibiothérapie est recommandé pour toute suspicion d’infection urinaire.
- Un seuil de bactériurie ≥10³ UFC/mL pour les principaux uropathogènes est considéré comme significatif.
- Les signes cliniques restent toutefois prioritaires sur les seuls résultats microbiologiques.
4. Ne pas traiter la bactériurie asymptomatique
- La présence de bactéries dans les urines sans symptôme ne doit pas être traitée, sauf dans certaines situations urologiques particulières.
- Une urine trouble ou malodorante ne suffit pas pour diagnostiquer une infection.
- Chez les sujets âgés avec confusion ou déclin fonctionnel isolé, les antibiotiques ne sont généralement pas indiqués en l’absence de sepsis.
5. Limiter les examens inutiles
En ambulatoire :
- pas de dosage du PSA ;
- pas de bilan inflammatoire systématique ;
- pas d’hémocultures systématiques ;
- pas de toucher rectal systématique.
6. Imagerie ciblée
- En cas de pyélonéphrite masculine, un scanner abdomino-pelvien est largement recommandé afin de rechercher un obstacle ou une anomalie urologique.
- Une imagerie est également indiquée en cas de sepsis, de rétention urinaire, d’échec thérapeutique à 72 heures ou de suspicion d’abcès prostatique.
7. Épididymite/orchite
- Un ECBU est systématique.
- Chez tout homme sexuellement actif, une recherche de Chlamydia trachomatis et Neisseria gonorrhoeae par PCR est recommandée.
- L’échographie scrotale n’est pas systématique, sauf doute diagnostique ou évolution défavorable.
Messages pratiques à retenir
- La cystite de l’homme existe.
- La bandelette urinaire n’est plus recommandée.
- L’ECBU est indispensable avant traitement.
- La bactériurie asymptomatique ne doit pas être traitée.
- PSA, CRP et hémocultures ne sont pas systématiques.
- Le scanner occupe une place importante dans les formes fébriles.
- L’antibiothérapie doit être raisonnée pour limiter les résistances.
Les principaux antibiotiques probabilistes de la recommandation peuvent donc être résumés ainsi : Ceftriaxone, Cefotaxime, Amikacine, Ciprofloxacine, Lévofloxacine, Doxycycline (dans les IST), Ertapénem, Méropénem (formes graves ou BLSE). Ajuster le traitement après résultats EBCU.
Durée du traitement : cystites 7 jours - Pyélonéphrites 14 jours
Lien du document : Updated guidelines for management of community-acquired urinary tract infections in adult men SPLIF
2025 Mise à jour :
Infections urinaires compliquées chez l’enfant, Société européenne de pédiatrie 2025
Bryant et al : Guidelines for Complicated Urinary Tract Infections in Children. The Pediatric Infectious Disease Journal • Volume 44, Number 6, June 2025. À lire en PDF
1. Résumé du document
Les lignes directrices ESPID 2025 définissent les infections urinaires compliquées (Complicated Urinary Tract Infections cUTI) comme des infections urinaires chez des enfants présentant un risque accru d’échec thérapeutique ou de complications. Le terme permet de distinguer ces situations des infections urinaires simples.
Les auteurs identifient cinq catégories d’enfants à risque :
- anomalies anatomiques ou fonctionnelles,
- infections urinaires récidivantes,
- présentation sévère (fièvre, sepsis, bactériémie),
- maladies systémiques chroniques
- et âge néonatal.
- Le diagnostic repose sur un prélèvement urinaire de qualité, une culture positive et des signes urinaires (pyurie, bactériurie).
- L'échographie rénale et vésicale est recommandée pour détecter des anomalies comme une hydronéphrose, des signes d'obstruction ou un reflux vésico-urétéral.
- L’approche diagnostique vise à détecter les enfants susceptibles de développer des complications, telles que les cicatrices rénales ou la dysfonction rénale.
- La prise en charge repose sur une évaluation individualisée. En cas de sepsis ou de bactériémie, une antibiothérapie IV immédiate est recommandée. Une fois l'enfant stabilisé, un passage à une antibiothérapie orale est conseillé lorsqu'un traitement actif est disponible.
- Les durées recommandées, plus courtes que par le passé, sont de 5 à 7 jours pour les fluoroquinolones et environ 7 jours pour les autres antibiotiques, dans les cas d'évolution favorable.
- L’ajustement de l’antibiothérapie selon l’antibiogramme est un point clé afin de réduire les résistances et d'éviter des traitements inutiles à large spectre.
- Un suivi spécialisé en néphrologie ou urologie pédiatrique est recommandé chez les enfants présentant des anomalies anatomiques, des récidives multiples, une réponse insuffisante au traitement ou des complications potentielles comme la cicatrisation rénale.
2. Critères diagnostiques IU de l'enfant ;
- Prélèvement urinaire adéquat : cathéter, ponction sus-pubienne ou méthode adaptée selon l’âge.
- Présence de pyurie et bactériurie.
- Culture positive confirmant l’infection.
- Signes de complication : fièvre persistante > 48 h, douleurs lombaires, sepsis, bactériémie.
- Échographie rénale et vésicale recommandée systématiquement en présence d’un risque de cUTI.
3. Antibiothérapie recommandée
Traitement empirique recommandé :
- Céphalosporines de 3e ou 4e génération.
- Pipéracilline–tazobactam en cas de risque de pathogènes résistants.
- Carbapénèmes si antécédents de germes multirésistants.
- Fluoroquinolones possibles dans certaines situations chez l’enfant.
Durée du traitement :
- 5–7 jours pour les fluoroquinolones si bonne réponse clinique.
- 7 jours pour les autres antibiotiques dans les cas simples évoluant favorablement.
- 7 jours en cas de bactériémie à gram négatifs avec amélioration.
Optimisation du traitement :
- Adapter l’antibiothérapie au résultat de l’antibiogramme
- Privilégier un passage IV → oral dès que possible si stabilité clinique et tolérance orale.
4. Suivi et prise en charge spécialisée
- Consultation spécialisée recommandée en cas d’anomalies urologiques structurelles.
- Suivi renforcé pour les enfants avec IU récidivantes ou mauvaise réponse initiale.
- Surveillance de la fonction rénale à long terme (risque d’hypertension, cicatrices rénales).
Anciennes recommandations :
2018 - Recommandations pour la prise en charge des infections urinaires communautaires de l’adulte - Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPILF)
Des nouvelles recommandations et mise à jour de la prise en charge des infections urinaires communautaires de l’adulte
- Nouvelle classification : IU simples – IU à risque de complications
- Différentes situations cliniques : cystites – Pyélonéphrites selon le terrain : homme, femme, grossesse
- Nouvelles recommandations concernant la prescription des antibiotiques
Cet article est publié dans la revue "Médecine et Maladies Infectieuses"
Caron F, et al. : Recommandations pour la prise en charge des infections urinaires communautaires de l’adulte - Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPILF) - Actualisation 2017. Médecine et Maladies Infectieuses 2018;48(5):327-358 (Elsevier Doi : 10.1016/j.medmal.2018.03.005)
2024 :
F. Madhi & al : Antibiothérapies curatives des infections urinaires de l’enfant. Journal de pédiatrie et de puériculture 37 (2024) 150—157.
Lien Elsevier Masson https://doi.org/10.1016/j.jpp.2024.03.002
Les infections urinaires représentent les infections bactériennes les plus fréquemment documentées en pédiatrie. Les choix thérapeutiques proposés dans ce guide sont issus des recommandations publiées par le Groupe de pathologie infectieuse pédiatrique (GPIP), lala Société française de pédiatrie (SFP) et la Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF). En dehors de situations particulières (nouveau-né, neutropénie, sepsis), une bandelette urinaire positive pour les leucocytes ou les nitrites doit précéder la réalisation d’un examen cytobactériologique des urines et toute antibiothérapie. Après avoir augmenté régulièrement entre 2000 et 2012, la proportion de souches de Escherichia coli résistantes par production de ß-lactamases à spectre étendu (E-BLSE) est stable ces dix dernières années, entre 7 et 10 % en pédiatrie. Cependant, il n’est pas exceptionnel qu’aucun antibiotique administrable par voie orale ne soit actif, conduisant soit à prolonger le traitement parentéral, soit à utiliser une association non-orthodoxe comme céfixime + acide-clavulanique. Dans l’objectif d’épargner les antibiotiques de la classe des pénèmes et de favoriser la prise en charge ambulatoire, ce guide privilégie un traitement initial des infections urinaires fébriles en cas de suspicion ou d’infection à E-BLSE, par l’amikacine. Celle-ci reste active sur la majorité des souches d’enterobacterales productrices de ß-lactamases à spectre étendu. Elle est donnée en monothérapie pour les patients pris en charge aux urgences pédiatriques ou hospitalisés.
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