Techniques médicales, matériel de réanimation et gestes pratiques médecine d'urgence
La douleur abdominale aiguë est un motif fréquent de consultation aux urgences. La sémiologie et l'examen clinique orientent le plus souvent vers une pathologie précise. L’imagerie constitue un outil clé pour le diagnostic étiologique et la stratification de la gravité. Elle permet de confirmer les hypothèses cliniques, d’identifier les complications et d’orienter la prise en charge thérapeutique. Le choix de la modalité repose sur une approche intégrant le contexte clinique, le terrain et les risques liés aux examens, notamment en cas d’inj
Aujourd’hui peu utilisée en routine, elle garde un intérêt limité dans la recherche de pneumopéritoine et les occlusions intestinales évidentes. Son faible rendement diagnostique a conduit à son remplacement progressif par la tomodensitométrie.
L’échographie constitue l’examen de première intention chez l’enfant et la femme en âge de procréer. Elle est particulièrement indiquée dans :
Elle est non irradiant mais opérateur-dépendante.
La TDM est l’examen de référence chez l’adulte en situation aiguë, notamment pour :
Elle offre une excellente sensibilité diagnostique et une évaluation globale rapide.
L’IRM est indiquée en seconde intention ou dans des situations spécifiques : grossesse, exploration biliaire, doute diagnostique après échographie
Elle présente l’avantage d’être non irradiant, mais reste moins accessible en urgence.
Pour un TDM (scanner) avec injection de produit de contraste iodé, une créatininémie récente (moins de 3 mois) est nécessaire. Selon les recommandations ESUR 10.0 et ACR 2024 :
| Situation clinique | Modalité recommandée | Remarques |
| Enfant | Échographie | Première intention |
| Femme enceinte | Échographie ± IRM | Éviter irradiation |
| Adulte stable | TDM | Examen de référence |
| Suspicion biliaire | Échographie | Haute spécificité |
| Douleur diffuse | TDM | Exploration globale |
L’interprétation doit toujours être corrélée aux données cliniques afin d’éviter les erreurs diagnostiques.
Les avancées récentes ont permis de mieux encadrer l’utilisation des produits de contraste, réduisant les risques réels, notamment rénaux. Les recommandations ESUR et ACR 2024 tendent vers une utilisation plus nuancée, basée sur le DFGe plutôt que sur la seule créatinine.
La TDM reste l’examen clé chez l’adulte, tandis que l’échographie conserve une place centrale dans les populations sensibles.
L’imagerie des douleurs abdominales aiguës repose sur une stratégie adaptée au contexte clinique. L’intégration des précautions liées aux produits de contraste, conformément aux recommandations internationales récentes, permet d’optimiser la balance bénéfice/risque et d’assurer une prise en charge sécurisée et efficace.
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La pathologie hémorroïdaire et la fissure anale représentent les affections bénignes les plus fréquentes de la région anorectale. Leur diagnostic est essentiellement clinique, mais impose d’éliminer des pathologies organiques graves, notamment néoplasiques. La prise en charge repose d’abord sur des mesures médicales et hygiéno-diététiques, avec recours aux traitements instrumentaux ou chirurgicaux dans les formes compliquées ou résistantes.
Les affections anorectales bénignes constituent un motif fréquent de consultation en médecine générale et en proctologie. Malgré leur bénignité, leur impact sur la qualité de vie est significatif, en raison de douleurs, de saignements et de troubles fonctionnels associés.
La maladie hémorroïdaire résulte de l’altération des structures vasculaires normales du canal anal. Deux mécanismes principaux sont impliqués :
Ces anomalies sont favorisées par des facteurs tels que la constipation chronique, les efforts de poussée, la grossesse et la sédentarité.
La prévalence est élevée, touchant jusqu’à un tiers de la population adulte au cours de la vie. L’incidence augmente avec l’âge, avec un pic entre 45 et 65 ans, sans différence nette entre les sexes.
Les symptômes diffèrent selon la localisation :
La fissure anale est une ulcération longitudinale de l’anoderme, le plus souvent localisée en position postérieure. Elle est liée à : un traumatisme local (selles dures, diarrhée), une hypertonie du sphincter anal interne, responsable d’une ischémie locale et d’un retard de cicatrisation
Affection fréquente chez l’adulte jeune, sans prédominance de sexe. Elle peut également survenir chez le nourrisson.
Formes chroniques : marisque sentinelle, ulcération persistante
Le diagnostic est clinique, parfois limité par la douleur. L’inspection douce suffit le plus souvent.
Des explorations complémentaires sont indiquées en cas de fissure atypique (latérale) ou suspecte de pathologie sous-jacente (maladie de Crohn, infection, cancer).
Certaines complications de la maladie hémorroïdaire relèvent d’une prise en charge chirurgicale urgente en raison du risque de nécrose, d’infection ou d’hémorragie sévère. Leur reconnaissance repose sur une sémiologie clinique caractéristique.
→ Chirurgie en urgence si : saignement persistant, instabilité hémodynamique, échec du traitement conservateur
| Complication | Douleur | Aspect | Urgence |
| Thrombose externe | Très intense | Nodule bleu tendu | Relative (excision <72h) |
| Prolapsus étranglé | Intense progressive | Masse irréductible violacée | Urgence vraie |
| Hémorragie sévère | Variable | Rectorragies abondantes | Urgence selon gravité |
| Nécrose | Très grave | Tissu noirâtre | Urgence absolue |
| Infection | Fébrile | Inflammation diffuse | Urgence absolue |
Les complications hémorroïdaires urgentes reposent sur une sémiologie dominée par la douleur intense, l’irréductibilité du prolapsus et les signes de souffrance tissulaire ou hémorragique. Leur identification rapide permet d’éviter des évolutions graves, notamment nécrotiques ou septiques, et impose une prise en charge chirurgicale adaptée en urgence.
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L’accès vasculaire est indispensable à la prise en charge hospitalière. La VVP est la technique la plus utilisée, notamment pour les traitements de courte durée, tandis que la VVC est réservée à des situations spécifiques nécessitant un accès profond et durable. Le choix entre ces deux dispositifs repose sur des paramètres cliniques, techniques et pharmacologiques, et doit intégrer les recommandations de bonnes pratiques afin de limiter les complications, notamment infectieuses.
| Critère | VVP | VVC |
| Facilité de pose | +++ | + |
| Invasivité | Faible | Élevée |
| Durée d’utilisation | Courte | Longue |
| Types de médicaments | Limités | Large spectre |
| Monitorage | Non | Oui |
| Élément | Fréquence / Méthode | Objectif |
| Inspection site | Quotidienne | Détection précoce infection ou extravasation |
| Retour sanguin | Avant chaque perfusion | Confirmer perméabilité et position |
| Débit perfusion | Continu / contrôle | Vérifier fonctionnement |
| Paramètres vitaux | Selon patient | Détecter choc ou complications |
| Biologie | Selon perfusion | Surveillance électrolytes, infection |
| Imagerie | Post-insertion / si complication | Vérifier position et thrombose |
| Soluté | Concentration VVP | Concentration VVC | Commentaires |
| Glucose | SG ≤ 30% | SG 50% | SG 50% cause nécrose si VVP |
| Adrénaline | 1 mg / 50 ml | 5 mg / 50 ml | Concentré en VVP → ischémie locale |
| Chlorure de potassium | ≤ 4 g/L | Concentré possible | VVP → débit lent, douleur, risque arythmie |
| Nutrition parentérale | faible osmolarité | NPT hyperosmolaire | VVP limitée à solutions diluées |
| Vancomycine | perfusion lente | concentré possible | VVP → syndrome homme rouge, phlébite |
| Noradrénaline | possible en urgence | voie de référence | VVP → nécrose possible |
Message clé clinique : “Ne jamais raisonner uniquement en dose : toujours raisonner en concentration + voie d’abord.”
Le choix entre VVP et VVC doit être individualisé. Le principe fondamental recommandé est d’utiliser la voie la moins invasive compatible avec le traitement. Les solutions concentrées ou irritantes nécessitent une voie centrale pour éviter des complications graves, notamment la nécrose tissulaire et la thrombose. L’adaptation de la concentration et de la vitesse de perfusion est donc une étape critique de la prescription médicale.
La VVP et la VVC sont complémentaires. La VVP est simple et sûre pour les traitements courts et peu irritants, tandis que la VVC est indispensable dans les situations complexes ou pour les solutés hyperosmolarisés ou vasoactifs. Le respect des recommandations permet d’optimiser leur utilisation et de réduire les complications.
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Le pousse‑seringue électrique (PSE) est un dispositif médical essentiel pour l’administration continue et contrôlée des médicaments en soins critiques.
L’administration précise de médicaments à faible débit est fréquente en réanimation, urgences et soins intensifs. Le pousse‑seringue électrique permet une perfusion continue avec une grande précision, réduisant le risque d’erreur en comparaison avec les perfusions manuelles. Cependant, l’utilisation de ces dispositifs requiert une compétence rigoureuse de la part des infirmiers, car les erreurs de dilution, de calcul, de compatibilité ou de choix de voie veineuse peuvent avoir des conséquences graves. Des audits montrent des écarts entre les recommandations professionnelles et les pratiques réelles, soulignant la nécessité d’actions formatives et de protocoles standardisés.
Le pousse‑seringue électrique est un dispositif électromédical qui administre des quantités précises de fluides médicamenteux à partir d’une seringue insérée dans une pompe, sur un débit programmé stable. Il est utilisé lorsque des médicaments nécessitent une perfusions lentes et continues (par exemple : catécholamines, analgésiques puissants, sédatifs).
Les premiers systèmes d’injection contrôlée remontent au milieu du XXe siècle, avec l’apparition des pompes mécaniques. L’évolution technologique a permis l’introduction de dispositifs électroniques dans les années 1970, améliorant la précision et la sécurité. Depuis les années 2000, les pousse-seringues sont devenus numériques, intégrant des alarmes, des bibliothèques de médicaments et des systèmes de sécurité avancés.
Un pousse-seringue électrique comprend plusieurs éléments essentiels :
La maîtrise des calculs des doses et des débits est indispensable pour une perfusion correcte. Elle repose sur la conversion des prescriptions (souvent en µg/kg/min) en volumes à administrer (mL/h) selon la concentration préparée.
Par exemple, pour une dilution d’adrénaline de 1 mg/50 mL (0,02 mg/mL), une prescription de 0,2 µg/kg/min chez un patient de 70 kg correspond à environ 42 mL/h. Des tables spécifiques complètes peuvent aider à des calculs rapides.
Les solutés compatibles et les dilutions dépendent de la stabilité physico‑chimique des médicaments. Les incompatibilités et choix de solvant doivent être vérifiés systématiquement avant préparation.
| Médicament | Dilution usuelle (PSE) | Soluté compatible principal | Remarques importantes |
| Adrénaline | 1 mg / 50 mL | NaCl 0,9 % ou G5 % | Incompatible bicarbonate |
| Noradrénaline | 0,5 mg/mL (24 mg / 48 mL) | NaCl 0,9 % ou G5 % | Voie centrale recommandée |
| Dobutamine | 250 mg / 50 mL | NaCl 0,9 % ou G5 % | Incompatible solutions alcalines |
| Dopamine | 200 mg / 50 mL | NaCl 0,9 % ou G5 % | À standardiser |
| Midazolam | 50 mg / 50 mL | NaCl 0,9 % ou G5 % | Surveiller précipitation |
| Fentanyl | 500 μg / 50 mL | NaCl 0,9 % ou G5 % | Surveillance respiratoire |
| Insuline | 50 UI / 50 mL | NaCl 0,9 % | Tubulure dédiée |
| Héparine | 25 000 UI / 50 mL | NaCl 0,9 % | Surveillance TCA |
Les catécholamines et vasopresseurs sont idéalement administrés par voie veineuse centrale pour réduire le risque de phlébite, extravasation et nécrose. L’administration par voie périphérique est associée à des complications, mais peut être envisagée temporairement dans des conditions bien définies.
| Médicament | Administration VVP possible? | Conditions recommandées |
| Adrénaline | Oui, temporaire | VVP fiable, monitoring serré |
| Noradrénaline | Oui, faible concentration | Débit réduit, surveillance étroite |
| Dobutamine | Oui | VVP avec bon calibre |
| autres vasopresseurs | Non recommandé | À privilégier en voie centrale |
|
Médicament |
Dilution usuelle |
Concentration obtenue |
Soluté compatible |
Remarques |
|
Adrénaline |
1 mg / 50 mL |
0,02 mg/mL |
NaCl 0,9 % ou G5% |
Protéger de la lumière |
|
Noradrénaline |
4 à 8 mg / 50 mL |
0,08–0,16 mg/mL |
G5% (préféré) ou NaCl 0,9 % |
Voie centrale recommandée |
|
Dobutamine |
250 mg / 50 mL |
5 mg/mL |
G5% / NaCl 0,9 % |
Instable à pH alcalin |
|
Dopamine |
200 mg / 50 mL |
4 mg/mL |
G5% (préféré) |
Éviter NaCl prolongé |
|
Midazolam |
50 mg / 50 mL |
1 mg/mL |
NaCl 0,9 % / G5% |
Risque de précipitation |
|
Propofol |
Prêt à l’emploi |
10 mg/mL |
Non dilué |
Ligne dédiée obligatoire |
|
Fentanyl |
500 µg / 50 mL |
10 µg/mL |
NaCl 0,9 % / G5% |
Surveillance respiratoire |
|
Morphine |
50 mg / 50 mL |
1 mg/mL |
NaCl 0,9 % / G5% |
Adapter en insuffisance rénale |
|
Insuline |
50 UI / 50 mL |
1 UI/mL |
NaCl 0,9 % |
Tubulure spécifique recommandée |
|
Héparine |
25 000 UI / 50 mL |
500 UI/mL |
NaCl 0,9 % |
Surveillance TCA |
|
Nicardipine |
10 mg / 50 mL |
0,2 mg/mL |
G5% uniquement |
Précipite avec NaCl |
|
Amiodarone |
300 mg / 50 mL |
6 mg/mL |
G5% uniquement |
Protection lumière |
|
KCl |
1 à 2 g / 50 mL |
Variable |
NaCl 0,9 % |
Jamais en bolus IV direct |
|
MgSO₄ |
1 à 2 g / 50 mL |
Variable |
NaCl 0,9 % / G5% |
Surveillance ECG |
L’utilisation du PSE améliore la précision d’administration des médicaments critiques mais expose à des risques en cas d’erreur de dilution, de choix de voie ou de calcul de débit. Les études disponibles montrent que le respect des recommandations, des protocoles et des bonnes pratiques est souvent insuffisant, nécessitant une sensibilisation accrue des équipes soignantes.
La compatibilité des médicaments avec les solvants et entre eux est un domaine où les données sont parfois partielles, ce qui requiert une expertise clinique et l’accès à des référentiels pharmaceutiques validés.
Le pousse‑seringue électrique est un dispositif indispensable pour l’administration contrôlée des médicaments en réanimation. Pour garantir la sécurité des patients, il est indispensable de maîtriser les calculs de doses, les dilutions correctes, la compatibilité physico‑chimique des médicaments, ainsi que les choix de voies d’administration. La formation continue des infirmiers et la standardisation des protocoles sont essentielles pour réduire les erreurs médicamenteuses.
Pour en savoir plus, lisez notre article en PDF : Pousse seringue électrique : reconstitution et administration des médicaments
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Elle consiste en une bande plastique munie de carrés réactifs qui changent de couleur au contact de substances spécifiques.
C’est un examen simple, rapide, peu coûteux et réalisable au cabinet médical, aux urgences ou au lit du patient.
Selon le modèle, une bandelette peut mesurer :
C’est l’indication la plus fréquente.
👉 Une bandelette négative pour leucocytes et nitrites rend une infection peu probable (forte valeur prédictive négative).
Lisez notre article détaillé : Dépistage de l'infection urinaire par les BU
Lisez notre article : Ictère et bilirubine
| Résultat | Interprétation possible |
| Leucocytes + / Nitrites + | Infection urinaire probable |
| Protéines isolées | Protéinurie à confirmer (ECBU, protéinurie 24h) |
| Sang + | Hématurie (calcul, infection, tumeur, traumatisme…) |
| Glucose + | Hyperglycémie / diabète |
| Cétones + | Jeûne, vomissements, acidocétose |
| pH alcalin | Infection à germes uréase + (ex : Proteus) |
| Densité basse | Insuffisance rénale, diabète insipide |
⚠️ Toute anomalie doit être interprétée dans le contexte clinique.
Exemples :
En cas de suspicion d’infection :
La bandelette urinaire est :
✔️ Un outil de dépistage rapide
✔️ Très utile en médecine générale et aux urgences
✔️ A forte valeur prédictive négative pour l’infection urinaire
Mais :
❗ Ce n’est pas un examen définitif
❗ Elle nécessite une confirmation biologique si anomalie
❗ Toujours interpréter selon le contexte clinique
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