Médicaments et protocoles thérapeutiques, calcul des doses
Les médicaments antiémétiques améliorent le confort du patient pendant la phase aigue.
L'oreille moyenne est une cavité remplie d'air qui communique avec le pharynx et le nez par un conduit appelé la trompe d'Eustache. Ce conduit joue un rôle important pour réguler la pression et protéger l’oreille moyenne de l’invasion des agents pathogènes.
Le conduit auditif externe est tapissé par une peau très fine directement collée à l’os, ce qui explique l’intensité de la douleur en cas d’inflammation.
La douleur est exacerbée en tirant le pavillon de l’oreille et en palpant le tragus (cartilage en avant du conduit auditif).
D’autres signes inconstants : acouphènes, démangeaisons, baisse de l’audition. La fièvre est exceptionnelle.
Le diagnostic se fait par otoscopie : inflammation, œdème et rougeur du conduit, parfois on trouve des secrétions ou un furoncle. Éliminez zona et corps étrangers. Vérifiez que le tympan est intact.
Les examens complémentaires sont inutiles.
L’otite externe est d’origine bactérienne dans 90% des cas (Pseudomonas aeruginosa ou Staphylococcus aureus) et fongique dans 10% des cas (Aspergillus).
Les facteurs favorisants sont le diabète, les douches et les baignés (otite des plongeurs). L’utilisation abusive des cotons tiges lèse la peau et détruit le cérumen qui tapisse le conduit auditif externe et joue un rôle protecteur.
Les gouttes auriculaires contenant des antibiotiques constituent le traitement de référence de l’otite externe bactérienne non compliquée.
| TRAITEMENT LOCAL DE L’OTITE EXTERNE | ||
| Anesthésique local + Anti-inflammatoire | OTIPAX® | 4 gttes x 2 à 3/jour |
| Néomycine, Polymyxine B, Dexaméthasone | POLYDEXA® | 2 à 5 gttes x 3/jour |
| Néomycine, Polymyxine B, Cortisone, Lidocaine | PANOTILE® | 3 à 6 gttes x 2/j |
| Nystatine, Oxytétracycline, Polymyxine B, Dexaméthasone | AURICULARUM® | 5 gttes 1 à 2 fois/jour |
| Ofloxacine | OFLOMED® | 1 instillation x 2/jour |
| Rifamycine | OTOFA® | 3 à 5 gttes x 3/jour |
L’OMA est très fréquente chez les enfants.
C’est une inflammation aiguë d’origine infectieuse de la muqueuse de l’oreille moyenne. La contamination provient du rhinopharynx et des cavités nasales par l’intermédiaire de la trompe d’Eustache.
Elle est soit virale (otite congestive) soit bactérienne (Streptococcus pyogènes, Streptococcus pneumoniae, Hæmophilus Influenzæ et autres germes).
Les signes fonctionnels ne sont pas toujours patents chez l’enfant. L’otite peut se manifester par otalgie, fièvre, hypoacousie, troubles digestifs ou troubles du comportement (irritabilité, pleurs, insomnie, …).
Autres symptômes pouvant égarer le diagnostic : rhinite, toux, anorexie, refus alimentaire, vomissements et/ou diarrhée.
Une conjonctivite associée oriente vers l’infection par Hæmophilus Influenzæ.
L’écoulement de pus s’il existe traduit une perforation spontanée du tympan.
Le recours aux spécialistes en ORL ou en pédiatrie est recommandé.
Le traitement comprend des antalgiques et des antibiotiques avec surveillance de l’évolution.
| OMA PURULENTE DE L’ENFANT [d’après HAS-SANTÉ] [1] | |
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OMA congestive Ou séromuqueuse |
Pas d’antibiotique d’emblée, réévaluer dans 48-72 heures |
| OMA âge < 3 mois | Avis spécialisé en pédiatrie |
| OMA purulente Enfant 3 mois à 2 ans |
- AMOXICILLINE 80 mg/kg/j en 2 prises x 10 jours. - Si syndrome otite-conjonctivite (Hæmophilus Influenzæ) : AMOXICILLINE-ACIDE CLAV (AUGMENTIN®) 80 mg/kg/jour x 10 jours. - En cas d’allergie : CEFPODOXIME PROXÉTIL (ORELOX®) 8 mg/kg/j X 10 jours Ou Cotrimoxazole : SULFAMÉTHOXAZOLE-TRIMÉTHOPRIME (BACTRIM®) 30/6 mg/kg/j, maximum 800 mg/160 mg/jour en 2 prises X 10 jours. |
| OMA Enfant >2 ans avec symptômes bruyants (Douleur et fièvre) |
AMOXICILLINE 80 mg/kg/j X 5 jours (10 jours si récidivante). - Si syndrome otite-conjonctivite (Hæmophilus Influenzæ) : AMOXICILLINE-ACIDE CLAV (AUGMENTIN®) 80 mg/kg/jour, - En cas d’allergie : CEFPODOXIME PROXÉTIL (ORELOX®) 8 mg/kg/j X 5 jours, Ou Cotrimoxazole : SULFAMÉTHOXAZOLE-TRIMÉTHOPRIME (BACTRIM®) 30/6 mg/kg/j en 2 prises par jour sans dépasser 800 mg/160 mg pendant 5 jours. |
[1] HAS SANTÉ : Choix et durées d’antibiothérapie préconisées dans les infections bactériennes courantes, fiches mémos 2016, révisées en 2021 (has-sante.fr)
©2023 - efurgences.net
La douleur typique est localisée dans les régions frontale, orbitaire, temporale et occipitale. Elle implique fréquemment le cou et le visage.
Le diagnostic reste avant tout clinique et nécessite rarement des examens complémentaires.
Chez 20 à 30% des migraineux, la céphalée est précédée ou s’accompagne d’une aura qui est un trouble neurologique transitoire entièrement réversible. Les auras typiques comportent des troubles visuels, sensitifs, du langage et/ou de la parole, ou bien encore des troubles moteurs. Le risque d’accident vasculaire ischémique est important lorsque l’aura est associée à la migraine.
| AURA : taches noires ou lignes brisées dans le champ de vision, troubles sensoriels, vertiges ou perte d’équilibre, engourdissement, fourmillement, distorsion du champ de vision. La durée habituelle est de 5 minutes à 1 heure mais peut varier. |
La migraine touche tous les âges et plus particulièrement les adultes avec un pic entre 35 et 39 ans. Les crises débutent avant 40 ans dans 90% des cas.
Chez l'enfant et l'adolescent : les crises sont plus courtes, la céphalée est plus souvent bilatérale, les troubles digestifs sont plus sévères, avec des douleurs abdominales et une pâleur inaugurale fréquente.
≥ 5 crises répondant à :
| Diagnostic | Arguments en faveur | Différences clés |
| Céphalée de tension | Douleur bilatérale, non pulsatile | Absence de nausées |
| Algie vasculaire de la face | Douleur orbitale intense | Crises courtes + signes autonomiques |
| Céphalée médicamenteuse | Prise fréquente d’antalgiques | >15 jours/mois |
| Hémorragie méningée | Début brutal | Urgence vitale |
| Tumeur cérébrale | Céphalées progressives | Signes neurologiques associés |
| Hypertension intracrânienne | Céphalée matinale | Vomissements en jet |
Indiqués dans les crises légères à modérées :
→ Efficacité chez 40–50 % des patients
- L’utilisation régulière de Paracétmol, d'Aspirine et d'AINS ne devrait pas dépasser 14 jours par mois.
- Les médicaments combinés incluant de la caféine augmentent le risque de chronicisation de la migraine et leur utilisation ne doit pas dépasser 8 jours par mois.
- Les opioïdes ne sont pas recommandés pour traiter les crises de migraine car ils exacerbent les nausées, augmentent le risque de céphalées par surconsommation de médicaments et comportent un risque de mésusage et d'abus.
- La prescription des antiémétiques (Métoclopramide) par voie orale ou parentérale est proposée pour traiter les crises accompagnées de nausées ou de vomissements invalidants.
Les triptans sont des agonistes des récepteurs 5-HT1B/5-HT1D. Ils agissent par un effet vasoconstricteur sur les vaisseaux crâniens et un effet inhibiteur de la libération de substances inflammatoires. Les triptans ne sont probablement pas efficaces lorsqu'ils sont administrés pendant l'aura et avant l'apparition de la céphalée. Sont indiqués si crise de migraine confirmée, modérée à sévère ou échec des AINS.
Exemples :
👉 Objectif : soulagement en < 2 heures
⚠️ Contre indications des triptans :
- Antagonistes du CGRP (gépanes)
👉 Haute efficacité + bonne tolérance
Indications : ≥ 8 jours de migraine/mois - Migraine sévère ou handicapante
Le traitement préventif est indiqué seulement si les crises sont fréquentes et handicapantes.
En priorité, sont recommandés les Bêtabloquants ou en cas d'intolérance ou de contre-indication, le Topiramate. L'Amitriptyline, l'Oxétorone et le Pizotifène peuvent représenter une alternative pour certains patients en cas de contre-indication aux Bêtabloquants et au Topiramate.
La durée de traitement ne devra pas dépasser 6 mois, avec évaluation après 3 mois
👉 Réduction significative de la fréquence des crises
©2023 - Dr M. Gazzah - efurgences
Le risque majeur des traitements thrombolytiques est l'hémorragie, en particulier les hémorragies cérébrales.
La thrombolyse peut entraîner des arythmies liées à la reperfusion coronaire. Ces arythmies de reperfusion peuvent entraîner un arrêt cardiaque, menacer le pronostic vital et nécessiter l’utilisation de traitements antiarythmiques classiques.
Découverte par hasard en 1933, la streptokinase a révolutionné le pronostic de l’IDM en 1988 avant d’être détrônée plus tard par les nouvelles générations de fibrinolytiques.
Activateur indirect de la formation de plasmine. C’est une protéine produite par le streptocoque ß-hémolytique et pouvant susciter la formation d'anticorps réduisant l'efficacité d'une nouvelle administration.
La Streptokinase peut provoquer des manifestations allergiques ou un choc anaphylactique. Elle est précédée d’une injection IV de 100 mg d’hémisuccinate d’hydrocortisone.
| Streptokinase |
STREPTOKINASE® | Amp = 1.500.000 UI |
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Dose : 1.500.000 UI en 45 min. quelque soit le poids Dilution de 1 Amp dans 50 ml NaCl ou SG 5%, PSE vitesse 65 ml/h. |
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Favorise la transformation du plasminogène lié à la fibrine en plasmine (effet localisé au caillot). Rapidement métabolisé, la demi-vie plasmatique est de 5 minutes.
| Altéplase (t-pa) | ACTILYSE® | Flacon = 50 mg / 50 ml |
✔ SCA ST+
✔ Embolie pulmonaire massive avec instabilité hémodynamique : 10 mg en IVL puis 90 mg en perfusion durant 2 heures.
✔ AVC ischémique (après TDM/IRM), thrombolyse dans un délai de 4h30 : 0,9 mg/kg en tout dont le 1/10 en IVL et le reste à perfuser en 1 heure (maximum 90 mg).
Contre-indications : voir tableaux suivant.
Indiqué dans le SCA ST-plus et dans l'AVC ischémique. Il a par rapport à la t-Pa endogène, une plus grande affinité pour la fibrine du caillot et une plus grande résistance à l'inactivation par l'inhibiteur endogène (fibrinospécifique).
✔ Dose SCA : 6000 à 10.000 U selon le poids - En Bolus intraveineux unique sans nécessité de perfusion, ce qui facilite son utilisation en urgence.
| Ténectéplase MÉTALYSE® - Flacon (50 mg) : 10.000 unités/10 ml (1 ml = 1000 U) | |||||
| Poids en kg | <60 | 60-70 | 70-80 | 80-90 | >90 |
| Dose en ml | 6 ml |
7 ml | 8 ml | 9 ml | 10 ml |
| Dose en mg | 30 mg | 35 mg | 40 mg | 45 mg | 50 mg |
✔ Dose AVC : 0,25 mg/kg (max 25 mg) en IV unique
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Contre-indications absolues (risque vital) :
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Contre-indications relatives (balance bénéfice/risque à évaluer) :
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| Contre-indications retenues en 2026 | Contre-indications relatives en 2026 |
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- Neurologiques
- Hémorragiques / biologiques
- Cardiovasculaires
- Autres
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- Neurologiques
- Hémorragiques
- Cardiaques Infarctus du myocarde récent (< 3 mois) (risque de rupture) - Autres situations
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©mise à jour 2026 - efurgences.net
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